SITUATION DBS 24 PETITES DRAGUES A LA FIN DE
En activité 12
En réparation 3
En montage 6
A Tétat de simples coques 3
Nombre total 24
CANAL D'EAU DOUCE
Branche principale. — Le canal d'eau douce de Gassassine à TimsaH fut terminé — ainsi qu'il a été dit déjà — dans le courant de jan* vier 1862 et livré à la navigation à partir du 23 dudit mois.
Au cours de Tannée 1862, on eut à exécuter au canal des travaux assez importants de réparations et d'améliorations qui vont être sommairement indiqués.
Au milieu d'avril, à la suite d*un fort coup de vent de Khamsin qui dura trois jours et qui avait fait gonfler les eaux dans le canal de 0",80 au-dessus du niveau des plus hautes eaux, la berge du canal, sous le triple effort du courant, de la pression et des infiltrations, se rompit au droit des bas-fonds de Néfiche, sur une longueur d'une cinquantaine de mètres. On se mit aussitôt à l'œuvre pour la réparation de l'avarie et le travail dura plusieurs jours. Hàtons-nous de dire que l'approvisionnement en eau douce des chantiers du seuil d'El Guisr ne fut pas compromis par cet accident, toutes précautions étant prises pour parer à de telles éventualités.
Pendant l'étiage du Nil, la baisse des eaux du fleuve n'ayant pas été très prononcée, l'eau avait toujours été abondante dans le canal de rOuady. Toutefois, et bien qu'un pareil travail n'eût pas été prévu pour l'année courante, le Gouverneur de la province consentit à accorder 2.000 hommes pour le curage, comprenant un approfondissement de 0",70 à 0™,80, avec élargissement au plafond à 9 mètres, de la partie du canal de l'Ouady comprise entre Zagazig et le pont d'Abou-Akdar. C'était la partie du canal dont l'amélioration était la plus urgente. On espérait, par ces travaux, garantir sûrement la continuité de la navigation sur le canal à partir de Zagazig pendant l'étiage de l'année suivante.
Le canal d'eau douce entre Gassassine et Timsah traversait, sar certains points, des terrains très mobiles et son tracé présentait des courbes nombreuses. La navigation, installée immédiatement dans le canal, avant que la cuvette fut colmatée, avait provoqué de nombreux éboulements de sable qui entravaient constamment la marche des barques et auxquels on ne remédiait que par des dragages extrêmement coûteux. Pour remédier à cet état de choses sans apporter d'entraves à la navigation, on prit le parti, sur tous les points où se produisaient des éboulements, de recouper les talus à une ^clinaison de 3 et même de 4 de base pour 1 de hauteur suivant la nature plus ou
262 HISTORIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX
moins mobile du terrain. En même temps on Ht des plantations de joncs le long des rives au-dessus de la ligne de flottaison. Enfin, on établit des digues sur tous les points où le halage se faisait difficilement. Grâce à ces divers travaux le canal présenta des conditions satisfaisantes.
Les travaux furent poussés très activement pendant le mois de juillet. On avait pu y afTecter 1.880 hommes des contingents, lesquels avaient été répartis en trois tâches, comme suit :
Un effectif de 500 hommes dans la partie du canal comprise entre Tell-el-Rotab et Maxama. Les recoupes de talus eurent lieu sur une longueur ensemble de 4 kilomètres et entraînèrent à un déblai de 1.890 mètres cubes; les endiguements exigèrent, de leur côté, un terrassement de 24.695 mètres cubes;
La seconde tâche, composée de 880 hommes, était installée entre Maxama et Rhamsès. Les recoupes de talus furent faites sur les deux rives, sur une longueur de 14.220 mètres et donnèrent lieu à un déblai de 17.694 mètres cubes ;
Enfin, la troisième tâche, composée de 500 hommes, fut occupée au rechargement et aux fascinagos de toutes les digues comprises dans la traversée de Makfar et de Saba-Biars, ainsi qu'à la construction de diverses portions de chemins de halage d'une longueur ensemble de 1.150 mètres. Les rechargements formaient un cube de 4.316 mètres cubes, et les chemins de halage un cube de 1.370 mètres.
Les travaux d'amélioration furent continués en août par une corvée de 560 hommes répartis entre les chantiers de Gassassine à Maxama et de Saba-Biars à Néfiche; ils furent peu importants les mois suivants et consistèrent en quelques dragages, à des rechargements de banquettes qui menaçaient d'être submergées, à la construction de digues en certains points du pourtour du lac Maxama pour empêcher la submersion des terres riveraines.
Le déversoir de Néfîche, destiné à déverser dans le lac Timsah le trop-plein des eaux du canal, fut terminé dans le courant d'octobre.
Branche de Suez. — Les travaux de la branche de Suez du canal d'eau douce, — ainsi qu'il a été mentionné — furent entrepris au commencement de décembre aussitôt après l'achèvement de la tranchée du seuil d'El Guisr.
BATIMENTS ET ABRIS
Port-Saïd. — Maisons d'habitation et abris divers. — Dans le courant d'avril, le village arabe fut transporté à l'ouest de la ville, et Ton construisit à rentrée du nouveau village une mosquée en charpente garnie de nattes et une maison pour Tlman. Le village était composé uniquement de gourbis.
La troisième machine distillatoire qui avait été montée à Test du port, près de l'ancien village arabe, fut transportée en même temps près des deux autres machines. '■
Les nouvelles constructions érigées pendant Tannée ont été les suivantes :
Maisons d'habitation à quatre chambres, construites, ainsi qu'il est expliqué ci-dessous, sur des soubassements en maçonnerie au lieu des pilotis employés •exclusivement jusqu'alors ;
Deux grandes maisons:
De vastes caves pour Temmagasinement des vins ;
Maison des administrateurs ;
Deux bâtiments-casernes, à sous-sol, pour le logement des ouvriers et des -marins grecs. La construction de ces bâtiments permit de faire évacuer com- ,{)lètement le village grec qui s'était constitué à Test de Tappontement, et où la population était installée dans de très mauvaises conditions hygiéniques ;
Enfin, appropriation d'une maison à trois pièces à usage de chapelle grecque.
Des particuliers construisirent & leurs frais, dans un des carrés de la ville •destiné à Tindustrie privée, quatre b&tinients de 8 mètres de longueur sur 5 mètres de largeur.
Les inconvénients des maisons à fondation sur pilotis ont été précédemment signalés. D'un autre côté, les difficultés du remblai du terre-plein de la ville augmentant chaque jour par suite de l'allongement des distances de transport, on avait dû, en présence des besoins toujours croissants d'habitations, recourir désormais, pour les nouvelles maisons, à de nouvelles dispositions. Le type des maisons A quatre chambres fut conservé ; mais, au lieu de les faire reposer sur des pilotis, on les construisit sur des fondations en béton et sur un soubassement en maçonnerie de briques cuites provenant, pour partie, des ruines de Tennis, situées dans le lac À quelques kilomètres de distance de Port-Saïd, pour l'autre partie, de Damiette. Ces fondations avaient entre autres avantages, indépendamment des meilleures conditions hygiéniques, celui d'éviter le remblai de la partie de terrain occupée par la construction et de permettre de profiter du vide pour créer des sous-sols ou caves; ce qui, avec les pans de bois remplis maintenant de maçonnerie de briques, donnait aux constructions un caractère définitif.
Ateliei's de Port-Saïd. — Les travaux exécutés pendant Tannée aux bâtiments des divers ateliers ont été les suivants :
Atblirr d'ajustaqb. — Exécution de quelques travaux pour le complet achèvement des bâtiments et des installations, et réparations successives des deux générateurs de chacune des deux machines à vapeur.
Fo.N'DBRiB. — Exécution, également, de quelques travaux d'achèvement grâce auxquels la fonderie fonctionna régulièrement & partir du mois de juillet.
FoRGBS. — Construction de massifs en maçonnerie sous la chaudière, sous la grue et sous les différentes forges; construction de la grande cheminée; couverture, etc. Réfection de toute la maçonnerie du four à réchauffer, qui s'était affaissée par suite de l'emploi de mortier ordinaire dans la maçonnerie ■de briques réfractaires.
Chaudronnekib. — Construction du nouveau bâtiment de la chaudronnerie établi sur soubassement en maçonnerie. En août, en attendant rachëvement du montage des charpentes destinées à recevoir les diverses machines et outils de cet atelier, installation de deux cisailles, deux poinçonneuses, une machine à rivets, deux marbres à dresser, quatre étaux.
Scusrib. — Etablissement d'une plateforme portée par huit chevalets pour faciliter la pose des bois en grume sur le banc de la grande scie ; prolongement de la fosse de transmission de manière à pouvoir allonger l'arbre et ■marcher la nuit au moyen de deux locomobiles placées en dehors du bâtiment; enfin, construction d'une soute à charbon à l'avant du générateur.
Maoasiii des ateliers. — Achèvement, vers le milieu de Tannée, du bâtiment destiné à ce magasin.
En résumé, â la fin de Tannée 1862, les ateliers de Port-Saïd étaient à peu près complètement installés et en pleine activité.
HISTORIQUE DE l' EXÉCUTION DBS TRAVAUX
Leur exploitation avait eu principalemeat pour objet, pendant l'année, saToir :
En ce qui était des ateliers métallurgiques :
1* Le maintien en état de travail des dragues déjà montées, au nombre de douze ; les ateliers avaient eu beaucoup de peine à satisfaire aux besoins de ces dragues qui, trop faibles pour répondre au travail qui leur était demandé, nécessitaient de fréquentes réparations ; on manquait, en outre, de pièces de rechange ;
2* Le montage de neuf dragues nouvelles, dans Tinstallation desquelles devaient être introduites les améliorations indiquées par Texpérience acquise;
En ce qui était des ateliers de travail des bois :
La confection des charpentes des nouveaux b&timents et abris érigés tant à Port-Saïd, qu*à Ras-el-Ech, à Rantara et principalement À Timsah; la confection des charpentes des dragues qui restaient encore à monter ; enfin la confection de matériel.
RELEVÉ DBS OUVRAGES BXÉCL'TâS ET bES MAT[ftRES FABRIQUÉES