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PORT DE PORT-SAÏD ET CANAL MARITIME

Indépendamment dos renseignements donnés dans le compte-rendu ci-dessus au sujet des divers travaux exécutés à l'entreprise et des travaux du chantier de régie d'El Ferdane pendant l'année 1865, et ainsi que nous Tavons déjà fait pour les travaux de l'année précédente, nous renverrons pour plus amples détails, savoir : en ce qui concerne l'entreprise Borel Lavalley et C'«, au tome V, consacré entièrement à la description des travaux exécutés par ces entrepreneurs (Voir notamment, page 104, le chapitre intitulé : » Programme d'exécution du lot de Port-Saïd. Nature du matériel employé. »') ; et, en ce qui est de l'entreprise Couvreux, de l'entreprise Dussaud et du chantier de régie d'El Ferdane, aux chapitres spéciaux les concernant qui figurent au présent volume.

Nous ajouterons d'ailleurs, aux renseignements généraux donnés par le compte rendu sur la marche des travaux, les renseignements complémentaires suivants :

Jetée Ouest de Port-Saïd en blocs naturels, — Dès le mois de juin 1864, l'exploitation de la carrière du Mex, y compris le transport et la mise

Alexandrie, Port-Saïd, Ismaïlia et Suez. Le service des transports de fonds est <adjoiDt à la caisse d'ismaîlia.

Suppression de Tagence de Suez.

Le Service des cultes est rentré de nouveau (et est resté jusqu'à la fin des travaux) dans les attrihutions de la Direction générale des travaux.

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en œuvre des blocs d'enrochements à la jetée Ouest de Port-Saïd avait fait Tobjet de marchés successifs avec un tâcheron, le sieur Valette.

L'exploitation de la carrière cessa dans les derniers mois de i86.'i.

Les résultats de l'exploitation, depuis l'origine, se sont finalement traduits par les chiffres approximatifs suivants :

mètres cubes

Ensemble des découverts 30.000

Blocs employés à la construction du port du Mex. . 36.000 — à la jetée ouest de Port-Saïd 75.000

Cube total des découverts et des extractions. 141.000

En outre, plusieurs milliers de mètres cubes de moellons pour les constructions de la ville de Port-Saïd.

Remblais de Port-Saïd, — Continuation des travaux de remblais du terre-plein de la ville avec du sable pris sur la plage.

Les nouveaux entrepreneurs chargés de l'exécution du lot de Port- Saïd, MM. Borel, Lavalley et C", étaient tenus, par l'un des articles de leur marché du 12 décembre 1864, d'employer, jusqu'à concurrence d'un cube total de -JOO.OOO mètres cubes, une partie des produits des dragages du bassin du port de Port-Saïd à l'exécution des remblais du terre-plein de la ville. Ces travaux commencèrent en avril dès la mise en train des dragages par les entrepreneura et furent régulièrement poursuivis pendant toute l'année.

Installation de chantiers de régie pour la continuation provisoire des travaux du lot Aiton après la résiliation de V entreprise. — Après la résiliation du marché Aiton, l'ingénieur chef de la division, dès qu'il lui avait été possible de reprendre le matériel à l'entrepreneur, s'était occupé de l'organisation de chantiers de régie. Les nouveaux entrepreneurs, MM. Borel, Lavalley et C*«, avaient témoigné le désir de ne reprendre la suite des travaux qu'après qu'ils auraient pu arrêter complètement leurs moyens d'exécution et achever leurs installations. En fait, ils ne prirent possession du matériel et ne se mirent à l'œuvre que dans la seconde quinzaine d'avril.

L'entrepreneur de la construction des jetées en blocs artificiels, M. Dussaud, avait passé avec M. Aiton un marché par lequel ce dernier s'était engagé à fournir, à un prix déterminé, tout le sable de bonne qualité provenant des dragages nécessaire à la fabrication des blocs. La Compagnie, ayant repris provisoirement la suite des travaux Aiton, dut reprendre également l'exécution de l'engagement contracté vis-à-vis de M. Dussaud. Plus tard, MM. Borel, Lavalley et C'*, à leur tour, passèrent avec M. Dussaud un nouveau marché, sous une autre forme, pour l'exécution des engagements pris par le précédent entrepreneur.

Les travaux exécutés par la Régie sur le Canal maritime eurent principalement pour but : de refaire des portions de la digue Asie qui.

faute d'un relief suffisant, avaient été, dans le voisinage de Port-Saïd, coupées en plusieurs points par les tempêtes de Thiver ; de renforcer toutes les parties faibles de la même digue ; de renforcer également certaines parties de la digue Afrique qui avaient, de leur côté, beaucoup souffert des tempêtes ; enfin, d'agrandir le chenal d'accès à la gare du chantier de fabrication des blocs artificiels.

Neuf petites dragues travaillaient entre Port-Saïd et le kil. 20, en déversant directement leurs produits sur les berges avec leurs longs couloirs. Quatre grandes dragues des Forges et Chantiers servaient à fournir des terres pour la réfection et l'exhaussement de la digue Asie : les matières étaient reçues sur des chalands pontés munis de rebords; ces chalands, une fois chargés, étaient amenés près des points de mise en œuvre des terres ; là, celles-ci étaient reprises par des ouvriers et transportées à la brouette jusque sur la digue. Ce moyen d'exécution était assurément coûteux ; mais il était le seul qu'on pût employer pour le travail urgent que Ton avait à exécuter.

La Régie expérimentait d'ailleurs les différents modes d'enlève- . ment des terres qu'elle avait à sa disposition : ainsi, on déchargeait les terres avec des grues mobiles sur la berge, et ce mode de travail paraissait donner des résultats satisfaisants; on déchargeait également avec une grue installée sur un appontement fixe, avec wagonnage des terres le long delà berge ; enfin, on continuait sur quelques points le mode d'enlèvement, par double reprise des terres à la drague.

Les déblais que l'on exécutait ainsi revenaient sans aucun doute, à un prix plus élevé que celui qui était stipulé à l'entreprise ; mais on ne devait pas perdre de vue qu'il s'agissait, pour la plupart, de travaux de sujétion; que la situation commandait; qu'il valait mieux faire un sacriûce que de ne pas marcher du tout; enfin, que ce sacrifice ne serait pas entièrement perdu puisque les entrepreneurs trouvaient dans les chantiers organisés par la Régie, un vaste champ d'expériences dont ils tireraient profit, ce qui tournerait en définitive à l'avantage des travaux, et par conséquent de la Compagnie. À un autre point de vue, il importait que les travaux de dragages n'eussent pas l'air d'être en chômage, au moment même de la visite des délégués des Chambres de commerce. Tout justifiait donc la mesure prise par la Compagnie, après la résiliation du marché Alton, de continuer en régie les travaux jusqu*au moment où les nouveaux entrepreneurs se trouveraient en mesure de prendre possession des chantiers et de mettre la main à l'œuvre.

Les deux dragues n^* 1 et 8, situées près du Cap et destinées àl'amélioration de la rigole maritime étaient en chômage. La drague u^ 8, seule, fut remise en activité par la Régie pour faire immédiatement, sur ce point, le travail d'amélioration, rigoureusement indispensable.

Le dit travail était sans profit au point de vue du creusement du

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canal, attendu que les terres étaient forcément rejetées à Tintérieur même du profil.

CANAL D'EAU DOUCE

Alimentation du canal — Au début de Tannée, le Gouvernement avait promis d'installer des locomobiles à Torigine du Cherkaouié afîn d'assurer Talimentation de ce canal et, par suite, Talimentation du canal d'eau douce pendant Tétiage du Nil.

Une seule locomobile fut installée.

Un jaugeage opéré le 30 mars par les ingénieurs du Gouvernement à Torigine du Cherkaouié fit reconnaître qu'il passait alors dans ce canal plus de 7 mètres cubes d'eau par seconde, ce qui correspondait à un débit de plus de 600.000 mètres cubes par vingt-quatre heures. On était donc, pour le moment, à l'abri du manque d'eau. Grâce à la mesure qui fut prise alors et exécutée, de relever tous les barrages par lesquels se déversait dans des canaux secondaires la plus grande partie de l'eau fournie par le Cherkaouié, le canal d'eau douce se trouva abondamment alimenté.

Dragues d'entretien, — Trois petites dragues à vapeur avaient été commandées pour l'entretien du canal d'eau douce. Deux de ces dragues furent montées et commencèrent à fonctionner vers la fin de l'année, lune dans la branche principale du canal, l'autre dans la branche de Suez.

Plantations, — Un traité fut passé le 11 juillet avec un sieur Bregante pour l'exécution à forfait de plantations de protection sur les bords du canal d'eau douce. Le sieur Bregante resta chargé de la surveillance des semis et plantations jusqu'à la fin de novembre 1866.

Branche principale du canal, — Ainsi qu'il a été expliqué précédemment (description des travaux exécutés en 1864), la construction des deux écluses d'Ismaîlia, commencée en février 1864, après avoir subi un certain retard par suite d'une modification du projet, avait dû être provisoirement arrêtée en août, par suite de la nécessité où se trouvèrent les tâcherons chargés du travail de recourir à la carrière de Gebel-GénefTé pour se procurer les pierres de taille et les moellons smillés, que ne pouvait plus fournir la carrière du plateau des Hyènes.

Les travaux ne furent repris qu'au commencement de 1865 et marchèrent alors avec activité. Ils furent de nouveau interrompus, par suite de la désertion des ouvriers pendant l'épidémie de choléra qui régna à Ismaïlia, du 22 juin au 25 juillet. Repris ausssitôt après la disparition du fléau, ils purent être terminés pour le 15 août, date à laquelle fut inauguré le transit d'une mer à l'autre par une voie de navigation ininterrompue.

En même temps que se construisaient et s'achevaient les deux écluses, s'achevait également le creusement du bief entre les deux écluses,

d'une longueur de 1255 mètres. L*exécution de cette dernière partie da canal d'eau douce avait été confiée à un tâcheron. Celui-ci, au coni> men cernent de mars, avait cédé la suite des travaux à MM. Borel, Lavalley et G<®, qui installèrent, sur le chantier 200 ouvriers bretons recrutés par eux et récemment arrivés.

D'importants apports de sable eurent lieu dans le canal, surtout pendant les tempêtes de Thiver. On dut y entretenir en permanence des brigades d'entretien. On développa d'ailleurs le plus possible les semis, plantations et haies sèch^^s.

Branche de Suez. — La construction de Técluse de Suez avait fait l'objet d'un marché de tâche. Commencée dans les premiers jour» d'août 1864, elle fût achevée le 15 août 1865 sauf en ce qui était du pont tournant, qui ne fut monté qu'à la fin de l'année.

Indépendamment de l'écluse d'extrémité, trois écluses, dites intermédiaires, se trouvaient échelonnées sur la branche de Suez. La construction de ces écluses avait été confiée à MM. Borel, Lavalley et C'«. Les deux écluses d'amont, aux kil. 16 et 42, commencées en mai 1865, furent achevées à la fin de l'année ; la troisième écluse, au kil. 68, commencée en octobre, ne fut terminée qu'à la fin de février 1866» Pendant la construction de ces écluses, la navigation se faisait par des dérivations latérales.

A l'aval de l'écluse de Suez, un chenal de débouché, de 300 mètres de longueur, dut être creusé pour établir la communication entre le canal et la mer. Le travail fut difficile. On était obligé de faire les déblais par portions du chenal que l'on entourait de batardeaux et où l'on épuisait. On rencontra, sur une longueur de 42 mètres, un banc de rocher que l'on dut faire sauter à la mine ; les pierres extraites servirent à faire des musoirs à l'extrémité des digues en terre qui bordaient le chenal.

Comme sur la branche principale, les tempêtes de l'hiver occasionnèrent des apports considérables sur certaines parties de la branche de Suez. Ces apports étaient principalement concentrés sur une longueur d'un kilomètre à l'aval de Néfiche et sur la partie du canal, de 8 kilomètres de longueur, qui traversait le seuil du Sérapéum, en tout 9 kilomètres, la dixième partie de la longueur du canal.

La première écluse de la branche de Suez, projetée d'abord à l'origine du canal avait été, on le sait, sur la demande de MM. Borel, Lavalley et C'*, et dans l'intérêt de leur mode d'exécution des travaux du Seuil, reportée au kil. 16. Ce nouvel emplacement de l'écluse se trouvait fournir à la Compagnie un moyen naturel de se protéger à l'avenir contre la plus grande partie des apports sus-mentionnés. On pourrait, en effet, après avoir, au besoin, renforcé les digues du canal à la traversée de la large vallée de Gessen, tendre les eaux de manière à inonder les terrains du Sérapéum dans une zone d'une certaine largeur le

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long du canal, et cela, non seulement à Touest, mais encore dans toute la zone comprise entre le canal d'eau douce et le canal maritime, de manière à protéger également celui-ci et à permettre de développer à peu de frais les plantations. En attendant, on fît des haies sèches sur les points les plus menacés.

La situation, au commencement de mars, était fort mauvaise. De -sérieux efforts furent faits pour y remédier. Malheureusement, les ouvriers manquaient. Le mal, au point de vue de la navigation, ne tenait pas seulement aux rétrécissements et aux hauts fonds créés parles apports; il tenait surtout à la baisse considérable des eaux. (On a vu précédemment que, sous ce dernier rapport, la situation s'améliora beaucoup en avril.) L'entrepreneur des écluses d'Ismaïlia avait 45 chalands chargés de pierres bloqués au kil. 15; en outre, d'importants approvisionnements existaient à la carrière. Pour se rendre aussi complètement que possible maître de la situation, on construisit au kil. 2C un barrage à poutrelles qui permit de faire gonfler les eaux en -amont et de dégager les chalands arrêtés.

Comme sur la branche principale, indépendamment des escouades d'ouvriers employés à l'enlèvement des apports, on développa le plus possible sur la première partie de la branche de Suez les semis, les plantations et les haies sèches.

Rigoles du Sérapéum et de Chalouf. — Les deux rigoles dérivées de la branche de Suez du canal d'eau douce, l'une sur le seuil du Sérapéum, l'autre sur le seuil de Chalouf, prévues par l'un des articles du cahier des charges annexé à la soumission de MM. Borel, Lavalley et O* du 26 mars 1864 pour l'exécution des travaux du canal maritime entre le seuil d'El Guisr et la mer Rouge, ont été exécutées par les entrepreneurs pendant l'année 1865, la première dès les pi^emiers mois de l'année, la seconde pendant les derniers mois.

Partie du canal d'eau douce d'Ahascé à Gasscusine, — La longueur de cette partie du canal d'eau douce était de 22.626 mètres et le cube des terrassements à exécuter de 879.482 mètres cubes. Les travaux de creusement commencèrent dans les premiers jours d'octobre 1865. Lors •de la remise du canal au Gouvernement égyptien, le 12 juillet 1866, il restait encore à exécuter 54.374 mètres cubes.

Dès la mise en train des travaux, il y eut sur les chantiers environ 600 ouvriers; le mois suivant, le nombre d'ouvriers était d'environ 1.800, et ce nombre resta sensiblement le même jusqu'à la fin des travaux, sauf pendant le mois de Ramadan (février 1866) où le nombre des ouvriers se trouva réduit à environ 900. Dans les nombres normaux d'ouvriers, il y avait environ 2/5 d'ouvriers européens (grecs et italiens).

Les terrassements étaient payés à raison d'un franc le mètre cube. Avec les frais accessoires, le prix de revient du mètre cube était d'environ 1 fr. 50.

ANNÉE 1865-i866

Canal du Caire à VOuady. — Les terrassements du canal du Caire à lOuady furent entrepris dès le début de Tannée 4865, sur une première longueur de 22 kilomètres. 20.000 hommes y étaient employés, formant quatre divisions échelonnées entre Kasr-el-Nil et Kafr-Hama! Les déblais étaient descendus jusqu'au niveau des infiltrations.

En même temps, le Gouvernement faisait réparer dans les ateliers du barrage du Nil le matériel nécessaire à l'installation du chantier de l'ouvrage de prise d'eau de Kasr-el-Nil.

Les travaux du canal furent suspendus dans les derniers jours de janvier pour n'être repris qu'en mars, après le mois de Ramadan. Le cube avait été d'environ 5i0.000 mètres cubes. Chaque homme avait donc produit environ 25 mètres cubes, environ un mètre cube par jour.

Les travaux furent repris le 6 mars, de nouveau interrompus pendant la durée de l'épidémie de choléra, puis, après une nouvelle reprise, provisoirement suspendus à partir de septembre. La partie attaquée] de 22 kilomètres de longueur, était alors sous l'eau par suite des infiltrations. Le cube déjà exécuté était de 2.435.000 mètres cubes, et il restait encore à exécuter, pour terminer cette première partie du canal, '2.487.000 mètres cubes.

Sur la partie non encore entamée, de 5,3.800 mètres de longueur, en supposant le plafond établi partout à la largeur de i2 mètres, le cube des déblais à exécuter était évalué à 6.332.000 mètres cubes.

BATIMENTS ET ABRIS

Port-Saïd. — La Compagnie possédait à Port-Saïd, en 1863, HO maisons auxquelles étaient annexés un certain nombre de gourbis habitables

Les logements que renfermaient ces maisons et gourbis étaient répartis <'omme 1 indique le tableau suivant : ^

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