CANAL MARITIME DU I^C TIMSAH A SUEZ
Cette seconde moitié du canal maritime comprenait deux parties distinctes : Tune s'étendant du lac Timsah aux lacs Amers en traversant le seuil du Sérapéum; l'autre, des lacs \ Amers à Suez en traversant le seuil de Chalouf.
Le lac Timsah était maintenant rempli au niveau des deux mers. L'eau, qui lui avait été fournie par la Méditerranée, avait pénétré jusqu'à l'extrémité de l'ancienne tranchée de Toussoum, ouverte à toute largeur jusqu'à 3 mètres audessous du niveau de la mer par les contingents égyptiens. ! Le canal devait se terminer depuis le seuil d'El Guisr jus-
qu'au Sérapéum au moyen de dragues dont les déblais seraient portés dans le lac Timsah. Une première drague avait déjà : pénétré dans le lac et les autres allaient se mettre en ligne. I Le plateau ou seuil du Sérapéum avait été attaqué par
I 8 grandes dragues, dont 2 à long couloir, les 6 autres desî servies par 30 gabares à clapets. Ces dragues avaient commencé à fonctionner dans les premiers jours de janvier (1867). Elles flottaient, comme on l'a dit déjà, à 6 mètres audessus du niveau de la mer. Elles devaient d'abord creuser le canal jusqu'à 3 mètres en contrebas de ce môme niveau, c'est-à-dire jusqu'au point où, vers le sud, le terrain commençait à s'abaisser pour former le bassin des lacs Amers. Lorsque ce premier travail serait terminé, on fermerait le branchement qui faisait communiquer le canal d'eau douce avec le Seuil et Ton couperait les barrages qui empêchaient Teau des bassins de se précipiter dans la tranchée de Toussoum au nord et dans les lacs Amers au sud. Le niveau de l'eau douce s'abaisserait alors jusqu'au niveau de la mer. Les dragues, descendant en même temps, continueraient
394 HISTORIQUE DE l'eXÉCCTION DES TRAVAUX
le travail d'approfondisseotient et leurs porteurs iraient se décharger dans le lac Timsah. Le canal serait alors ouvert à la Méditerranée sur une longueur de 98 kilomètres; et à partir de ce moment, Teau de la Méditerranée commencerait à se déverser dans les lacs Amers.
Au sud du grand bassin des lacs Amers, le terrain remontait par une pente très douce jusqu'au seuil de Ghalouf. Ce Seuil, on se le rappelait, avait été attaqué Tannée précédente par des chantiers au wagon qui, après avoir enlevé le banc de roche, creusèrent une tranchée à 2 mètres en contrebas du niveau de la mer et devaient ensuite céder la place à des dragues destinées h achever le canal.
La Compagnie avait cru devoir tirer parti, jusqu'à la fin, de ses premières installations de travaux à la main qui marchaient d'une manière tout à fait satisfaisante, et elle avait décidé en conséquence de faire exécuter à sec toute la partie du canal comprise entre le commencement du petit bassin des lacs Amers et la plaine de Suez, sur une longueur de 28 kilomètres ; de ces 28 kilomètres, 18 se trouvaient dans le petit lac dont le fond était de 3 à 5 mètres au-dessous du niveau de la mer.
Par Tadoption de cette solution, on atteignait un double but:
D'un côté, on écartait le danger signalé par les sondages de rencontrer quelques rognons de roches qui auraient pu, sous Teau, faire obstacle à la marche des dragues et entraîner à des retards et à des dépenses difiiciles à apprécier à Tavance; Tenlèvement à sec de ces terrains s'effectuerait au moyen d'une dépense prévue et ne présenterait aucun retard dans Texécution ;
En outre, en conservant les chantiers de wagons, on reporterait sur les autres parties du canal un matériel de dragages qui servirait à en avancer l'achèvement *.
1. L*exécution h sec de la portion du canal de 28 kilomètres de longueur, s'étendent de Torigine du petit lac Amer (kil. 114) à la plaine de Suez
Dans la plaine de Suez, sur les 20 kilomètres qui séparaient le plateau de Chalouf de la mer Rouge, les travaux préparatoires k Tintroduction des dragues avaient été terminés à la fin de Tannée 1866 ; et, en janvier 1867, les dragues avaient été amenées sur leurs chantiers.
Les entrepreneurs comptaient terminer le canal à travers la terre ferme jusqu'à la laisse de haute mer avant d'ouvrir la tranchée à l'introduction de la mer Rouge. L'eau empruntée au canal d'eau douce, les infiltrations de Teau de mer, remplissaient les fouilles jusqu'au niveau moyen de la mer. Cette opération facilitait le travail des dragues en les mettant à l'abri des variations de hauteur de la marée et des courants de flot et de jusant.