‹ Le canal de SuezChapitre 175 sur 207 · CANAL MARITIME A LA TRAVERSÉE DU GRAND LAC AMER · texte numérisé non relu

CANAL MARITIME A LA TRAVERSÉE DU GRAND LAC AMER

La traversée du grand lac Amer dans Tétendue du banc de sel, — et, comme on le savait, ce banc se trouvait précisément k 8 mètres en contrebas du niveau de la Méditerranée, — avait, suivant le tracé du canal, un développement de 15 kilomètres. La surface générale du banc de sel présentant sur la ligne même du canal quelques aspérités d'un relief de 40 à 50 centimètres, il avait été d'une extrême

importance de s'assurer s'il était ou non indispensable d^ouvrir immédiatement de larges chenaux h travers de futurs écueils sous-marins. Dans ce but, des expériences avaient été faites en vue de constater le degré de solubilité des différentes couches du banc de sel dans Teau de mer. Ces expériences avaient heureusement démontré avec la dernière évidence, ainsi, du reste, que les ingénieurs de la Compagnie l'avaient toujours pensé, que, lors de Tintroduction de Teau de la Méditerranée dans les lacs Amers, non seulement toutes les aspérités du banc de sel disparaîtraient, mais encore que ce banc fondrait, sinon complètement, tout au moins sur une profondeur de 2 ou 3 mètres. Les navires auraient donc à leur disposition pour la traversée du grand lac Amer, un véritable bras de mer d'une profondeur d'une dizaine de mètres et d'une largeur de plus d'un kilomètre; et, dans de pareilles conditions, la navigation jouirait de la plus complète sécurité.

Par suite des travaux à sec qui s'exécutaient au nord et au sud des lacs Amers et qui, ainsi qu'il sera expliqué plus loin, devaient durer encore environ une année, l'introduction de la Méditerranée dans les lacs se trouverait retardée jusque vers le mois d avril 1869; on n'aurait donc plus que cinq à six mois pour le remplissage ; mais on devait se hâter d'ajouter que ce délai serait plus que suffisant avec la section d'écoulement que présenterait le canal maritime à l'époque où commencerait le remplissage, attendu que Ton pourrait alors, sans forcer les vitesses, obtenir un débit journalier de 10 millions de mètres cubes.

CANAL MARITIME DU GRAxND LAC AMKR A LA RADE DE SUEZ

Le rapport présenté à la précédente Assemblée générale des actionnaires avait signalé l'intérêt qu'avait trouvé la Compagnie à faire faire à sec toute la partie du canal comprise entre le grand lac Amer et l'extrémité sud du seuil de

AmtE 1867-1868 413

€halouf. Les mêmes motifs qui avaient décidé alors la Compagnie, l'avaient engagée, depuis, à étendre, d'accord avec les entrepreneurs, ce mode d'exécution sur une nouvelle portion du canal dans la plaine de Suez. Une pareille résolution se justifiait d'autant mieux qu'elle permettait de profiter, au grand avantage de la marche rapide des travaux, de Taffluence toujours croissante d'ouvriers terrassiers venant chercher du travail sur les chantiers du canaP.

On avait déjà entrepris Texécution à sec de toute la portion du mètres cubes, canal s*étendant du grand lac au branchement de la plaine de Saez (kil. 148,5) d'une longueur de 34''"*,5 et comportant un cube total de 10.100.000

Et on n'avait plus à exécuter à la drague que la portion restante du canal pour gagner la rade de Suez, d'une longueur de 14 kilomètres et comportant un cube total de 7.019.000

Ensemble 17.119.000

1. L'exécution à sec de deux portions du canal dans la plaine de Suez, Tune du kil. 143,7 au kil. 145,1, l'autre du kil. 146,1 au kil. 148,5, d'une longueur ensemble de 3^*,8, avait fait l'objet du 4" Acte additionnel passé le 13 janvier 1868 avec MM. Borel, Lavalley et C- (Voir t. V, p. 75).

Plus tard, par convention du 16 septembre 1868 (Voir t. V, p. 81), fut également décidée Texécution à sec des deux lacunes ci-dessous du canal dans la plaine de Suez, savoir : Tune du kil. 142, extrémité du seuil de Chalouf, au kil. 143,7 ; l'autre, du kil. 145,1 au kil. 146,1. Toute la première partie du canal dans la plaine de Suez, d'une longueur de 6''-,5, s'étendant de l'extrémité du seuil de Chalouf au kil. 148.5, où aboutissait le branchement du canal d'eau douce destiné à desservir les chantiers de la Plaine, devait donc ^tre faite à sec .

Plus tard encore, par l'un des articles du 5* Acte additionnel passé le 30 octobre 1868 avec MM. Borel, Lavalley et G'» (Voir t. V, p. 84), fut finalement décidée l'exécution à sec du canal dans la dernière partie de la plaine de Suez, de 2.800 mètres de longueur, s'étendant du kil. 148,5 au kil. 151,3, origine de la section de la Quarantaine.

En définitive, à l'exception de quelques dragages qui furent exécutés pendant les premiers temps des travaux sur la portion de canal considérée, le canal fut fait à sec depuis l'origine du petit lac, kil. 114, jusqu'à l'extrémité de la plaine de Suez, kil. 151,3, soit sur une longueur de 37^'",3.

Cette constatation semblait devoir provoquer les réflexions suivantes :

Au point de vue des dépenses d'exécution de la portion de canal comprise entre les lacs Amers et Suez, on pouvait regretter que la Compagnie, au moment où elle avait donné les travaux de cette portion de canal à l'entreprise (26 mars 1864), ne se fût pas trouvée en situation de décider de suite que les dits travaux seraient faits à sec en presque totalité, depuis et y compris le petit lac jusque tout près du débouché du canal dans le chenal du port de Suez, et d'établir en conséquence les conditions et les prix d'exécution.

C'eût été là, en effet, la véritable solution : d'une part, le grand lac offrait

414 HISTORIQUE DfS l'eXÉCUTION DES TRAVAUX

Les travaux à sec étaient exécutés par 6.000 ouvriers travaillant à la brouette et par 22 plans inclinés desservis par 2.000 hommes et produisant, chacun, un cube de 250 à 3(X) mètres par jour. A la date du 15 avril, il ne restait plus à faire que 5.814.300 mètres cubes. Or, le mois précédent, sans le concours de 7 des plans inclinés encore en montage, le cube exécuté avait été de 416.000 mètres cubes. Avec Tadjonction des 7 plans inclinés supplémentaires, on atteindrait bien probablement un chifTre moyen mensuel de 450.000 mètres cubes que l'on pourrait encore augmenter au besoin en développant les chantiers à la brouette. Dans de pareilles conditions d'exécution, qui ne laissaient aucune

un réceptacle indéfini pour l'écoulement naturel des eaux des tranchées, et, en marchant de proche en proche, en commençant par le petit lac, on eût pu éviter de recourir à de coûteux épuisements en même temps que Ton aurait eu toutes facilités pour la meilleure organisation possible des chantiers et remploi des méthodes les plus économiques d'exécution ; d'autre part, avec un pareil programme, la rencontre de terrains durs et même de roches dans les fouilles, n aurait plus présenté que des difficultés ordinaires d'exécution. Malheureusement, au moment de la passation de ses marchés pour Texécution des travaux à l'entreprise, la Compagnie se trouTait précisément sous la menare, qui s'est réalisée très peu de temps après, du retrait des ouvriers des contingents égyptiens ; et ce n'était évidemment pas dans de telles circonstances qu'elle pouvait adopter, et imposer à des entrepreneurs, un programme d'exécution qui devait nécessiter l'emploi permanent dHin très grand nombre d'ouvriers. Plus tard, les travaux étant alors en cours d'exécution sur la portion de canal considérée, et les ouvriers libres ayant d'ailleurs fini par affluer peu à peu en nombre suffisant sur les chantiers, la Compagnie s'était trouvée amenée par la force des choses, c'est-à-dire par suite de la rencontre, sur de notables longueurs de ladite portion de canal, de terrains inattaquables ou difficilement attaquables à la drague, à réaliser successivement le programme complet d'exécution à sec des travaux depuis et y compris le petit lac jusqu'à une distance de quelques kilomètres seulement du débouché du canal dans le chenal du port de Suez. Mais, par cela même que ce mode d'exécution n'avait été appliqué d'abord que successivement à certaines longueurs limitées de la portion de canal considérée, à mesure que de nouveaux sondages, des puits d'essai, ou même le travail direct des dragues, révélaient la présence de terrains difficiles à draguer, pour n'être étendu ensuite que plus tard à la longueur totale, on avait perdu tous les avantages qui seraient résultés de l'application, dès le début des travaux, d'un plan de campagne d'ensemble pour la réalisation du programme complet d'exécution à sec.

C'était par suite de ces circonstances que la Compagnie, voulant par-dessus tout et à tout prix se dégager de toute préoccupation relativement à la date de l'achèvement du canal, avait eu à s'imposer de lourds sacrifices pour changer les conditions de son premier marché avec les entrepreneurs quant au mode d'exécution des travaux.

part à l'imprévu, on était fondé à espérer que cette partie de canal, de 34 kilomètres de longueur, Tune de celles qui pouvaient causer le plus de préoccupations, serait terminée dans un délai d'au plus une année, c'est-à-dire pour la fin d'avril 1869.

Les travaux de dragages étaient exécutés à l'aide de cinq dragues desservies par des porteurs, de deux dragues à élévateurs et de quatre dragues à long couloir. A la date du 15 avril, le cube restant à draguer n'était plus que de 5.300.000 mètres cubes. Or, le mois précédent, sans le secours de trois des dragues k long couloir encore dans la période d'essais, et malgré une succession de mauvais temps, le cube dragué avait été de 186.500 mètres. Avec la mise en travail régulier des trois nouvelles dragues à long couloir, on espérait atteindre à bref délai un chiffre moyen mensuel de 300.000 mètres cubes, ce qui correspondait à un délai de 16 à 17 mois pour le complet achèvement du cube total restant à exécuter, soit avant la date . fixée du 1" février 1869.

Digues et enrochements du port de Suez, — Les travaux à exécuter au port de Suez consistaient dans la construction d'un brise-lame pour défendre le port contre les vents du sud et dans l'exécution de digues et enrochements pour la protection du terre-plein de la Compagnie.

L'ensemble de ces travaux, confiés à MM. Borel, Lavalley et C'«, comportait un cube total d*enrochements de 64.000 mètres cubes

A la date du 15 avril, le cube déjà exécuté était

de 49.000 — —

Il ne restait donc plus à exécuter que . . . 15.000 — —

Ce cube restant à exécuter comprenait les enrochements k employer à la construction du musoir du brise-lame, maintenant en voie d'achèvement, et à Texécution des perlés supérieurs des digues qui ne pouvaient être entrepris qu'au fur et à mesure de la confection des terre-pleins formés avec les terres provenant des dragages.

Organisation des services de la Direction générale des travaux à partir de Tanné 1867 jusqu'à la fin

des travaux ^

MM. Voisin Bej, agent supérieur, directeur général des travaux.

DIVISION ou SECRETARIAT

Ritt, chef du secrétariat.

Moll, sous-chef —

Gadiat (Ernest), ingénieur chef du bureau technique.

DIVISION DB LA GOXPTABILITB GéNÉRALB

MM. Magnan, chef de ]a comptabilité générale. Jardin, sous-chef —

Castel, chef de bureau.

Page 1