RECETTES
C0IIMERCULK8
RECETIES
TOTALES
Francs
Francs
Francs
1" Trimestre de 1868
Augment*" des recettes commerciales.
Diminution des recettes d'ordre
A?iNÉE 1868-1869 435
Les chiffres coniparatifs de ce tableau s'expliquaient comme suit :
Dans le courant de 1867, le gigantesque matériel de l'entreprise Borel Lavalley et C' était loin d'être distribué sur la ligne des travaux, et le service du transit était encore peu connu du commerce. Aussi voyait-on les recettes d'ordre du l*' trimestre de ladite année s'élever au chiffre rond de 1 45.000 francs, tandis que les recettes commerciales atteignaient seulement le chiffre de 109.000 francs.
Pendant le 1" trimestre de 1868, les conditions étaient complètement changées : d'une part, le matériel était en place sur les différents chantiers, et il n'y avait plus h faire passer, pour les comptes d'ordre, que les charbons et objets divers nécessaires à la consommation de la Compagnie et des entrepreneurs; d'autre part, le transit à travers l'Isthme avait pris de plus en plus faveur parmi les négociants et les exportateurs de marchandises d'une mer à l'autre. Aussi, les recettes d'ordre pour le trimestre tombaient-elles au chiffre de 80.000 francs, tandis que les recettes commerciales avaient plus que quadruplé, par rapport à celles du trimestre correspondant de l'année précédente. Le nombre de tonnes transportées avait été, pendant le premier semestre de 1867, de 9.417; pendant le deuxième semestre, de 21.804; et pendant les quatre premiers mois de 1868, de 29.420.
Le nombre de voyageurs transportés par les services postaux de la Compagnie avait été, du 1^' janvier 1867 au 30 avril 1868, de 62.250, dont 40.814 en 1867 et 15.436 pendant les quatre premiers mois de 1868.
Pendant cette même période de quatre mois, 12.000 tonnes de charbon avaient transité de Port-Saïd à Suez, pour le compte des Compagnies fran- (;aises et anglaises de navigation a vapeur dans la mer Rouge. La houille qui, l'année précédente, valait à Suez de 85 à 100 francs la tonne, y coûtait maintenant de 60 à 70 francs. Le minimum de la consommation étant de 60.000 tonnes, c'était une économie d'environ 2 millions de francs dont le transît du canal faisait d(':jà profiter le commerce.
Les communications journalières qui existaient entre Alexandrie et Port- Saïd au moyen des paquebots à vapeur des diverses Compagnies de navigation avaient permis de changer l'itinéraire fixé pour les voyageurs et pour les marchandises à destination de l'intérieur de l'Isthme et pour la consommation de la ville de Suez.
La ligne de transports de la Compagnie sur le canal de l'Ouady, entre Zagazig et Ismallia, dont les avantages n'étaient ])lus en rapport avec les dépenses, avait pu être supprimée le 15 avril (1868). On n'avait pas eu besoin d'attendre l'achèvement prochain du chemin de fer entre Zagazig et Ismallia pour réaliser cette économie. (L'ouverture du chemin de fer eut lieu dans le courant de juin.) Port-Saïd suffisait largement au ravitaillement de toute la population, qui s'était groupée tant sur les établissements de la Compagnie qu'à Suez même. Les marchandises importées dans la province de Zagazig ou qui en provenaient étaient transportées sur le canal de l'Ouady par le batelage indigène et transbordées sur les chalands du transit pour le parcours du canal maritime. Dans les mois de janvier et février, des exportations de blé et de graines de coton provenant du marché de Zagazig avaient suivi cette voie et commencé les premiers chargements de retour des navires affrétés ù Port-Saïd.
Au moment du pèlerinage de la Mecque, les paquebots de la côte de l'Asie mineure et de la Syrie avaient débarqué & Port-Saïd des pèlerins qui préféraient abréger leur voyage en se rendant directement à Suez. En outre, de nombreux voyageurs, à leur retour de la Haute-Egypte, avaient visité les travaux du canal de Suez à Port-Saïd, où ils avaient trouvé toutes les facilités d'embarquement pour se rendre en quelques heures à Jaffa et, de là. à Jérusalem.
436 IIISTOHIQUE DE l'eXÉCUTION DES TRAVAUX
La Compagnie, en organisant Tannée précédente un service spécial pour un premier transit d'une mer à l'autre, avait eu pour but de préparer le commerce à l'usage de la nouvelle voie maritime en même temps qu'elle organisait son service des transports dans les meilleures conditions d*écononiie pour Tapprovisionncment des chantiers des travaux. Ce double résultat avait été obtenu, et ce qui était une charge devenait un élément de recettes.
Les toueurs du canal d'eau douce continuaient à bien fonctionner. Tout en faisant la traction du transit, ils avaient permis de transporter sur la ligne des travaux les grandes dragues et autres appareils des entrepreneurs.