‹ Le canal de SuezChapitre 201 sur 207 · SERVICE DU DOMAINE · texte numérisé non relu

SERVICE DU DOMAINE

Le Président de la Compagnie, dans son rapport à la précédente Assemblée générale des actionnaires avait fait connaître les dispositions favorables manifestées par S. A. le Khédive, au sujet de la proposition qui lui était faite par la Compagnie de la vente en commun des terrains à bâtir sur les emplacements où se formeraient des villes aux abords du canal maritime.

Les dispositions bienveillantes de Son Altesse se traduisirent finalement par la deuxième convention du 23 avril passée entre la Compagnie et le Gouvernement égyptien et dont les principales dispositions étaient les suivantes :

« Article prehibr. — Pourront être mis en vente les terrains à b&tir réservés & la Compagnie le long du canal maritime par la convention de février 1866 propres à la construction des villes, stations et établissements privés, et autres que ceux qui seront jugés nécessaires à l'exploitation du canal maritime.

« À ces terrains seront adjoints 300 hectares à Port-Saïd et 200 hectares à Ismaîlia, qui seront déterminés par le Gouvernement de manière à ne porter aucun préjudice aux nécessités de la défense et du service militaire.

« Lesdites ventes seront autorisées dès que les négociations pendantes avec les Puissances auront déterminé le mode de juridiction à établir en Egypte entre étrangers et indigènes.

« Art. 2. — Ces terrains réunis formeront un fonds commun et seront

1. Le Service de la Poste avait été remis au Gouvernement au commencement d'octobre 1868. Les négociations engagées au sujet de cette remise avaient eu pour résultat la signature d'un traité par lequel la Compagnie s^était engagée à faire le service du transport des dépêches entre Port-Saïd et Suez, moyennant une subvention annuelle de 4.000 francs.

successivement mis en vente en raison des demandes et des besoins des populations.

« Art. 3. — Les produits nets de ces ventes seront également partagés entre le Khédive et la Compagnie.

« Article additionnel. — Il est entendu que les terrains, que la Compa^ie est autorisée à vendre conformément aux dispositions de la présente convention, doivent embrasser successivement tous ceux qui sont susceptibles de devenir des centres de population. En conséquence, partout où, d'un bout à Tautre du canal maritime, pourra s'établir un centre de population, les terrains dont la Compagnie a la jouissance et les terrains appartenant au Gouvernement seront mis en commun et vendus au bénéfice commun. »

La Compagnie avait été parfaitement d'accord avec le Khédive pour que la réserve stipulée au troisième paragraphe de l'article 1*' fut insérée dans la convention. Elle avait précédemment signalé les inconvénients qu'il y aurait pour elle à faire des concessions de terrains en l'absence d'une jiu'idiction uniforme et protectrice de ses légitimes intérêts.

La Compagnie espérait que la solution de cette importante question ne tarderait pas à être proclamée. Dans l'intérêt commun elle le désirait avec une vive sollicitude. En attendant, elle devait se maintenir dans le programme soumis par elle à l'Assemblée générale des actionnaires dans sa précédente réunion ^

Ouverture du Canal maritime à la grande navigation

(17 NOVEMBRE 1869

L'inauguration de Touverture du canal maritime à la grande navigation, ainsi que Tavait annoncé le Président de la Compagnie à TAssemblée générale des actionnaires du 2 août précédent, a eu lieu le 17 novembre 1869.

Cette date avait été fixée par le Président, d'accord avec le Vice-Roi qui, depuis longtemps, avait témoigné son désir de donner k l'inauguration du canal le plus d'éclat et la plus grande solennité possibles.

Pendant le mois d'août précédent, des expériences avaient été faites, nuit et jour, sous la direction du chef du transit, M. Guichard, avec une frégate à vapeur mise par le Vice-Roi à la disposition de la Compagnie, sur une partie déjà terminée du canal (une trentaine de kilomètres à par-

1. Parmi les concessions de terrain faites à Port-Saïd, dans le courant de Tannée 1869, nous citerons notamment une concession faite le 2 juillet à MM. Bazin et C'*, et une concession faite le 5 novembre à la maison Worais.

tir de Port-Saïd) pour juger de son bon état de navigabilité, et ces expériences avaient parfaitement réussi.

A la date fixée pour l'inauguration, les travaux de creusement du canal n'étaient pas encore complètement terminés ; mais la cérémonie d'inauguration k laquelle avaient été invités par Son Altesse des souverains, des princes, des représentants de plusieurs nations ne pouvait être retardée; elle eut donc lieu quand même, la Compagnie ayant, en temps voulu, imposé comme unique condition que le tirant d'eau des navires qui viendraient prendre part à l'inauguration ne dépasserait pas 5 mètres.

(Voir pour tous les détails concernant l'inauguration du canal, t. I, 299.)

Nous rappellerons seulement ici que, parmi les invités du Vice-Roi qui assistèrent à Tinauguration, se trouvaient notamment :

S. M. l'Impératrice Eugénie;

S. M. TEmpereur d'Autriche ;

Le Prince royal de Prusse ;

Le Prince et la Princesse des Pays-Bas ;

Deux des ministres du Gouvernement autrichien ;

L'Ambassadeur de Russie à Constantinoplc;

L'Ambassadeur d'Angleterre.

81 navires avaient assisté à l'inauguration du Canal, se répartissant ainsi :

Navires ayant traversé le canal

Navires restés à Port-Saïd

BATIMENTS d'état

Page 1