VINGT-QUATRIÈME OBSERVATION
FAMILLE SAB
Le sieur Sab..., auquel j’ai donné des soins pendant longtemps, est mort à soixante-seize ans d’une pleuropneumonie ; sa femme est morte à cinquante-sept ans d’un carcinome à l’estomac.
Deux enfants seulement, deux fils sont issus de ce ménage.
Le plus jeune est mort l’année dernière à l’âge de trentequatre ans d’une variole dont l’évolution a été arrêtée ; il était d’une bonne constitution et jouissait d’une bonne santé.
L’aîné, âgé de cinquante-quatre ans, a été atteint il y a dix ans d’une bronchite grave, laquelle passée à l’état chronique donnait à l’auscultation tous les signes physiques d’une tuberculisation siégeant au sommet du poumon droit. Cette affection cependant, grâce à d’excellents soins, s’a-
qui a eu l’extrême obligeance de l’examiner avec soin, y a reconnu la structure la plus nettement déterminée des tumeurs dites cancéreuses.
OBSERVATIONS
méliora au point de faire croire à une guérison complète, si au retour de chaque fin d’automne et à l’hiver il n’était survenu chaque année, de nouveaux accidents, hémoptysie, fièvre, bronchite plus aiguë, etc. Bref cet état dura dix ans sans trop s’aggraver, lorsque pendant l’automne dernier, 1871, les accidents du côté de la poitrine semblèrent céder et diminuer pour faire place à une douleur épigastrique des plus vives, dyspepsie, vomissements, pyrosis, etc. A la palpation et à la percussion de cette région douloureuse, je pus constater un plancher dur, résistant, qui donne à penser quune affection organique s’établit vers l’estomac (février 1872).
Les troubles épigastriques signalés il y a six mois n’ont fait qu’augmenter : le sieur S... est aujourd’hui d’une maigreur squelettique, l’alimentation est pour ainsi dire nulle, les vomissements sont presque continuels, caractérisés par un magma couleur de marc de café.
Du côté delà poitrine, les accidents sont pour ainsi dire restés stationnaires, l’expectoration autrefois si abondante est devenue rare aujourd’hui; cependant on peut constater la présence d’une caverne au sommet du poumon droit, mais avec de très-rares gargouillements et des râles muqueux très-secs.
Enfin, le sieur S... est aujourd’hui presque mourant (mars 1872).
J’ai mis à dessein ces deux observations (23e et 24e) à côté l’une de l’autre, parce qu’elles offrent toutes les deux cet intérêt particulier que dans chacune d’elles le cancer et le tubercule semblent se fondre ensemble. — Avec cette différence cependant que dans la première.
OBSERVATIONS
c'est le cancer qui apparaît d’abord ; et qu après l’opération, c’est-à-dire l’ablation du cancer, le tubercule surgit et se développe avec une rapidité effrayante : que dans la seconde observation au contraire, c’est la phthisie qui s’établit d’abord faisant d’assez graves ravages ; puis après un temps d’arrêt, le cancer survient et tous les deux marchent de pair jusqu’à la mort.
yiNGT-CINQUIÈME OBSERVATION.
FAMILLE BL
Le père Bl... meurt d’un cancer à la face à l’âge de quarante-deux ans, la mère meurt d’une fièvre typhoïde à trente-six ans ; ils ont eu trois enfants, un fils et deux filles.
Les trois enfants sont morts six ans avant le père, atteints tous trois de phthisie pulmonaire.