‹ Le cancer d'estomac des jeunes sujets: Avant 40 ansChapitre 41 sur 50 · OBSERVATION XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIII

Mie F.. Marie, 40 ans, sans profession, entre dans le service du Dr Bouchut, le 25 septembre 1936, pour des phénomènes intestinaux accompagnés d’anémie. La malade n’est pas mariée et ne présente rien d’intéressant dans ses antécédents.

L’affection actuelle a débuté, au mois de janvier 1936, par des doul:urs abdominales, assez peu caractéristiques siègeant, soit à droite, soit à gauche, et d’intensité très variable. Elles débutent généralement une ou une heure et demi après ls repas, durent ‘trois. ou quatre heures et ne sont pas calmées par l’ingestion alimentaire, L'appétit est conservé. Cet état dyspeptique vague persiste sans changement jusqu'au mois de juin de la même année. A cette date, la malade doit quitter ses occupations, car les douleurs abdominales deviennent plus violentes et s’accompagnent de diarrhée. De plus son état général décline malgré un régime de viandes saignantes et la malade a l'impression d’avoir de la fièvre, sans. cependant avoir pris sa température. Un médecin appelé diagnostique une entéro-colite, donne un traitement à base de bismuth, qui n’améliore pas sensiblement la malade. Après. un répit passager au mois de juillet, l’état empire à la suite d’une faute alimentaire, et durant tout l’été, la malade souffre: de douleurs abdominales aussi mal localisées qu'auparavant <t de constiption opiniâtre ; son état général est mauvais, l’asthénie est marquée, l’amaigrissement est, parait-il, de 10 kgs. depuis le mois de juin. Enfin sa température est oscillante

entre 37° et 38°, avec de nombreux clochers à 38,5 et mêmeà 39,

Un nouveau médecin consulté pense à la fièvre de Malte, mais la sérologie est négative et la malade est envoyée à l'hôpital.

En somme, il s'agit d’un syndrôme digestif douloureux, assez flou, remontant approximativement a 10 mois avec état subfébrile. continu et amaigrisstment notable.

Il est à noter de plus, que la malade a présenté :

1° 4 ou 5 vomissements alimentaires peu abondants 6 ou 7 heures après les repas.

20 Des alternatives de constipation et de diarrhée sans selles sanglantes.

3° Une gêne épigastrique récente, symptôme nouveau dans cette histoire digestive complexe.

A entrée dans le service, il s’agit d’une femme de 40 ans, anémiée et amaigrie.

L'examen digestif révèle, par la palpation, un peu à gauche de l’épigastre, une masse résistante, un peu bosselée, légèrement douloureuse à la pression. Après ingestion d’eau, on p<rçoit autour de l’ombilic quelques vagues ondulations péristaltiques. Le foie dépasse de deux travers de doigt les fausses côtes, il n’est pas douloureux. La rate est perceptible et facilement percutable sous les fausses côtes.

En somme, l’impression actuelle est qu’il s’agit d’un cancer gastrique ou colique, mais plus vraisemblablement gastrique.

Cinq réactions de Weber ont été pratiquées dans les selles en quinze jours.

Deux ont été très positives, deux légèrement positives, et

une négative.

Le chimisme gastrique a montré :

A jeun : 4 cc. de liquide.

HcL. libre : néant.

Acidité totale : 1,09 0/00.

Après repas d’épreuve : 90 ec. de liquide.

Hcl. libre : néant, Acidité totale : 1,02 0/00.

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