‹ Le Cancer de la Grande Courbure de l'EstomacChapitre 16 sur 35 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

La difficulté du diagnostic réside en ce fait que les signes cliniques du cancer de la grande courbure, surtout au début, sont des signes peu bruyants, n’imposant leur présence que si on les recherche minutieusement.

Nous nous trouvons en présence d’un malade qui présente des troubles digestifs, marqués principalement par de l’inappétence, une sensation de pesanteur dans le creux épigastrique, n’ayant aucun vomissement. L'état général est déficient, pouvant même attirer notre attention par son côté anémique assez prononcé.

L'examen objectif peut ne pas déceler de tumeur ou en déceler une.

Dans le premier cas, nous pouvons penser aux dyspepties banales que l’on rencontre chez des sujets d’un certain âge, fatigués, amaïgris, ou bien chez ceux dont l'estomac a subi au point de vue alimentaire un surmenage intense.

Traités médicalement, ces signes rapidement disparaissent, tandis qu’au contraire en face de néoplasme ils persistent et même augmentent. Ajoutons qu’il conviendra dans ces cas douteux et même en premier lieu de faire des examens radioscopique et radiographique (position de Trendelenburg), des examens des selles et du chimisme gastrique, qui viendront nous aider à parfaire notre diagnostic.

Nous ne trouvons rien d’anormal dans le premier cas; dans le second, au contraire, on aura soit une image lacunaire, soit une rigidité anormale d’un bord de l’estomac, du sang dans les selles et des modifications du suc gastrique. De toutes façons notre attention sera attirée vers l’idée d’un néoplasme, et dès que nous aurons des signes de certitude, nous interviendrons.

Quant à l’anémie, nous le savons déjà, c’est une manifestation souvent précoce du cancer, nous devons donc prendre toutes nos précautions : non seulement examiner soigneusement notre malade, mais pratiquer les examens déjà cités et les compléter par celui du sang.

Dans le deuxième cas, nous. pouvons. percevoir une, tumeur, Quels sont les diagnostics en présence ?

Il peut s’agir d’une tumeur de la rate, la confusion est possible, puisque dans l’observation X elle a été faite. Jeanneney, dans son observation, dit également que la tumeur de sa malade rappelait au premier.abord la forme du pôle inférieur de la rate. Maïs ici, la matité doit .se prolonger moins haut sous le rebord costal gauche. La, mobilité est plus. grande, on sent moins nettement,les incisures et le bord tranchant caractéristique de la rate; enfin, .on. doit rechercher les signes hématologiques, radioscopiques., En dernier lieu, la laparotomie viendra trancher le différend.

On.peut penser à un néoplasme..du côlon..transverse, mais on..trouvera,des signes fonctionnels coliques.(syndrome de Kœænig), la tumeur est située plus bas. Enfin, sous l'écran, nous trouverons un estomac indemne.

Un ganglion de la grande courbure symptomatique d’un cancer situé dans une région. gastrique peut induire en erreur, et là, la laparotomie sera le grand moyen de diagnostic. |

N'oublions -pas également.la syphilis gastrique, mais, sa localisation est plutôt pylorique; de plus, les antécédents

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et un traitement d’épreuve nous aiguilleront sur la bonne voie. De même, la tuberculose est surtout localisée au corps de l’estomac et là vraiment ce n’est qu’à l’opération qu’on fera le diagnostic, cette localisation de la tuberculose étant très rare.

It faut enfin songer à toutes les tumeurs pédiculées de l’estomac, dont le siège électif est la grande courbure (sarcome, schwannome, lipome).

Le diagnostic en sera très difficile par le seul examen clinique et même avec l’aide de la radioscopie, car, ne l’oublions pas, il est des cas où cette épreuve ne donne pas d'image lacunaire perceptible.

C’est pourquoi nous dirons que, dans la majorité des cas et pratiquement, c’est au cours de la laparotomie que l’on fera le diagnostic.

Quel que soit le traitement que l’on fera suivre au plus tard, l'intérêt réside à faire le diagnostic en dehors des cas inopérables, car «un diagnostic, même précoce, ne conduit pas à des conclusions thérapeutiques, mais en mettant en évidence des tumeurs inopérables il permet d’éviter aux malheureux malades des explorations pénibles et un traitement intempestif ». (André Cain.)

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