OBSERVATION VII
KRŒNLEIN. (Archiv. f. KI. Ch., 1898 à 1902.)
F..., 56 ans. Le 2 novembre 1899, résection pour tumeur de la grande courbure attenante au mésocôlon. Ligature d’un rameau de l’A, colique moyenne. Côlon violacé. L'autre moitié est pâle. Résection de 4 centimètres de côlon. Le 5 novembre, douleurs sous-costales. Le 10 novembre, signes de péritonite. Relaparotomie. Mort.
Autopsie. —- Nécrose des sutures. Ouverture de l’estomac large comme une pièce de 2 marks. Sutures, coliques suffisantes. Péritonite diffuse par perforation,
RE OBSERVATION VIII F. RamoND et Jean CHABRUN. (Mars 1926.)
Le cancer est du type encéphaloïde très végétant, friable, et ses prolongements subissent la fonte purulente, anaérobique en grande partie, d’où sa grande fétidité.
Il occupe tout le fond de la grosse tubérosité, se prolongeant vers le cardia, dont le séparent environ 3 centimètres, et son étendue est environ celle d’une paume de main.
A sa partie supérieure, empiétant légèrement sur la face antérieure, à peu près an centre de la tumeur, existe une perforation du diamètre d’une pièce de 1 franc, dont le fond est fermé par le diaphragme épaissi et infiltré par le cancer. Tout autour s’observe une épaisse symphyse péritonéale, qui applique l'extrémité de la rate contre la tumeur.
Le médiastin n’est pas envahi. Les autres organes, y compris le reste du tube digestif, étaient intacts. Le foie, cependant, pesait un peu plus de 2 kilos.
Le malade était un chaudronnier de 43 ans. Aucun antécédent d’alcoolisme et de syphilis (réactions de Bordet-Wassermann et de Hecht négatives). Pas d'infections antérieures notables. II travaillait dans le cuivre et avalait quelques poussières de ce métal.
Le début paraît remonter à juillet 1925. A ce moment-là, son appétit diminua légèrement, sans disparaître cependant dans les périodes ultérieures. Après le repas, il éprouvait une sensation de tension gastrique, surtout costale gauche, suivie de, renvois gazeux, inodores d’abord, puis nettement fétides. Le tout durait deux à trois heures, puis tout semblait rentrer dans l’ordre. Cependant, vers minuit ou une heure, il éprouvait une nouvelle crise d’aérophagie qui le tenait éveillé une à deux heures. Pas de hoquet. Exceptionnellement, il éprouva quelques nausées à son réveil, d’ailleurs pas jusqu’au vomissement.
Amaigrissement mensue] de 1 kilo.
Vu l’état de faiblesse à l’entrée à l'hôpital, le chimisme ne fut pas pratiqué. L'examen radiologique, rapidement fait à cause de sa faiblesse, ne montra rien de particulier.
Au moment de son entrée, le malade fut atteint d’une diarrhée fétide, non sanglante, incoercible, avec 15 à 30 selles par jour, cause de la mort rapide. Il s’agissait d’une de ces diarrhées que l’on observe si communément au cours des cancers infectés du tube digestif.
OBSERVATION IX LE Norr et LIÈGE. (25 juin 1917.)
Homme de 66 ans. Trois enfants bien portants. Aucune tare héréditaire.
Souffre de l’estomac depuis un an; aggravation progressive. Début de l'affection marqué par des fringales survenant le plus souvent pendant la nuit. Réveillé, le malade est obligé de se relever pour manger.
Progressivement, les fringales se transforment en une sensation de faim douloureuse accompagnée d’un sentiment d’anxiété pénible. Une douleur épigastrique vive à tendance syncopale irradiant dans le dos l’oblige à manger. Les aliments soulagent la douleur.
Loin d’avoir du dégoût pour ses aliments, il présente une appétence très vive pour la viande.
Quelques nausées, constipation opiniâtre, jamais de vomissements, d’hématémèses, ni de méléna.
Amaigrissement de 16 kilos en un an.
Le jour de son entrée à l’hôpital (cinq jours avant sa mort), il nous dit souffrir continuellement et n’avoir aucun repos.
Néanmoins, il a l’impression qu’il digère bien et nous réclame à manger.
Examen. — Teinte pâle des téguments rappelant celle de la chlorose; muqueuses décolorées. Œdème très marqué des membres inférieurs. Langue saburrale, pas de leucoplasie. Abdomen non douloureux, sans ascite; région épigastrique sensible; à droite, légère défense du grand droit. Ni tumeur ni clapotage gastrique. Au niveau du cœur, pas de souffles. Aucune adénopathie. Réflexes normaux. Aucune tumeur dans le rectum; foie et rate normaux. Ni sucre ni albumine dans les urines. B.-W. positif, Rolland positif, Bothelo positif.
Radioscopie. — Estomac contenant environ 150 cc. de liquide aqueux; poche à air normale. Image lacunaire longue très nette du côté de la grande courbure. Bulbe duodénal normal, évacuation gastrique lente.
On ne peut pratiquer le tubage gastrique.
Il est impossible de faire l’autopsie, mais le diagnostic de cancer ne semble pas contestable.