‹ Le Cancer en TunisieChapitre 12 sur 22 · LANCE EE · texte numérisé non relu

LANCE EE

Ainsi donc, pour les Européens de Tunis, le siège le plus fréquent des cancers est, comme en Europe, le tube digestif et l'utérus. Chez les Israélites, les organes génitaux de la femme semblent être le siège de prédilection des tumeurs malignes. Chez les Musulmans, au contraire, nous voyons en majorité les cancers du foie et les sarcomes osseux. Le cancer de la cavité buccale est en réalité peu fréquent, et notre maître, le docteur Brunswicle-Bihan, dans une pratique de dix années à l'hôpital Sadiki, n’a rencontré que trois cancers de la langue. Les tumeurs malignes des organes génitaux de la femme sont également une rareté pathologique. Mais on peut objecter que la femme musulmane se livre difficilement à un examen gynécologique. Ceci est exact, mais l'était surtout il y a quelques années. À la consultation gratuite, les femmes arrabes acceptent volontiers l'examen pratiqué par M" la doctoresse Gordon. Nous-même avons, le plus souvent, réussi à les décider à se laisser examiner et toucher.

Nous croyons donc utile d’énoncer ici le nombre des cancers observés à l'hôpital Sadiki et de les comparer à ceux observés à l'hôpital français.

Nous sommes arrivé aux résultats suivants portant sur ces quatre dernières années (1908-1911) :

Hôpital Sadiki. Hôpital français.

Face (parties molles)........ MAO MR AE AMS OMS Cavitérbuccaler 20. 10:09 12=49;0 OEsophage et estomac ...... D N17=18;6 Foie et pancréas ........... 65:09 BHO Intestin, rectum, péritoine.. 13 — 12,0 k=— 4,3 SORT ne ele JR rs DH. 2 Organes génitaux (femmes). 619,9 29=091:5 — (hommes). 5—NL;6 1=310 Sarcomes osseux.........,° 3027171 6571 Autres et non spécifiés ...., 49—=19,6 (FREE (Nr

Eome

De même, en compulsant les registres d'opérations des

deux hôpitaux, nous obtenons la comparaison suivante pour les années 1908, 1909, 1910 (1) :

Hôpital musulman Hôpital français OEsophage et estomac........ TE MO 27 Gr lee Intestin, rectum, péritoine. . ANR GRS EE LERISSEI SRI ee Ce le = 00 087 DEMI Se Cavité buccale. . ..... ne — O7 68 Organes génitaux (femme). .. LORS ==) 700) Foie et pancréas .......... DÉPOT — SATCOMETOSSEUX ec DO ROS2 IE = MC Autres et non spécifiés... .... 12 — 17,6 °/, 10H96

Au dispensaire de la Croix-Rouge, où un grand nombre de femmes indigènes viennent consulter à cause des soins donnés exclusivement par des infirmières, les consultations pour cancer se répartissent ainsi :

Musulmans et Israélites Européens

OEsophage et estomac. .. 3 0 Intestin, rectum, péritoine 1 0 SIDE TC Ce 4 0 Cavité buccale... me 0 0 Organes génitaux (femme) 0 0 FOIE den re Tee 0 0 Sarcome OSSeux... ....... 3 0 Autres et non spécifiés... 13 2

Sur les 12 cas de cancer observés à Sfax par le docteur Tribaudeau pendant les années 1907, 1908, 1909, ce chirurgien a relevé :

1 épithélioma du nez.

1 cancer de la langue.

(1) N'ayant pu avoir le registre d'opérations de l'hôpital français pour l’année 1911, notre statistique ne peut porter que sur trois années (1908-09-10). | |

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2 cancers du sein.

4 sarcomes osseux.

1 cancer de l’utérus.

Î sarcome du rein.

2 cancers de l'intestin.

Tous ces chiffres sont en parfaite concordance les uns avec les autres. Ils démontrent bien que, chez les Européens, les cancers les plus fréquemment observés sont ceux qui intéressent le tube digestif et les organes génitaux de la femme (ceux du tube digestif représentent un tiers du chiffre total, ceux des organes génitaux de la femme un cinquième); que, chez les Musulmans, au contraire, le sarcome osseux est la forme dominante, et que les tumeurs malignes du foie viennent immédiatement après (ils représentent chacun un cinquième environ du chiffre total). Chez les Israélites, le quart des tumeurs malignes a pour siège l'utérus.

Nous ne sommes pas, sur ce dernier point, en parfaite concordance avec les travaux antérieurs. Molco, se ba- - sant sur les cas observés par lui à l'hôpital israélite et en clientèle, a noté la prédominance du cancer du sein chez la femme juive et conclut ainsi : « Il semblerait que les Juives seules soient épargnées par les cancers utérins. » Les statistiques mortuaires semblent, au contraire, indiquer une plus grande fréquence du cancer tutérin chez les Juives. Cette divergence peut s'expliquer par ce fait que les femmes juives entrent plus difficilement à l'hôpital pour des affections des organes génitaux que pour des cancers du sein. Même en Europe, le cancer utérin est trop souvent méconnu en raison de son début très longtemps insidieux et indolore. D'autre part, la femme imdi-

Te gène arabe ou juive joint, à l'indifférence et à l'apathie de la race, une pudeur particulièrement ombrageuse qui l'éloigne d’un examen gynécologique. Depuis quelque temps, leur éducation commence, mais en réalité seules les sages-femmes indigènes pourraient, à l'exclusion des médecins, fournir la vraie documentation.

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