GI
SRI
Sans pouvoir donner de chiffres exacts, nous avons cherché à établir la fréquence des tumeurs malignes chez les nombreux nègres (i) hospitalisés à l'hôpital Sadiki. Nous n'avons pour ainsi dire pas rencontré de cancer chez eux. Sans vouloir en tirer une conclusion peut-être prématurée, en ce qui concerne lJ'immunité de la race noire à l'égard des tumeurs cancéreuses, il semble cependant qu'elles soient plus rares encore chez les nègres. Cette immunité relative a été relatée dans les statistiques de Billing, Barker, Cristholn pour les Etats-Unis où, sur 10.000 habitants de race blanche, il y avait 2,7 décès par cancer et 1,2 seulement pour le même chiffre de « noirs ».
Il convient, en outre, de signaler en passant que, de même qu'en Europe, le cancer a été signalé chez les animaux en Tunisie. Conseil et Bridré ont rencontré et noté des tumeurs sarcomateuses du rat à point de départ helminthiasique (cysticercus fasciolaris); sur 2.000 rats sauvages appartenant presque tous à l'espèce « mus descumanus » examinés au laboratoire de la peste de l’Institut Pasteur de Tunis, 5 présentaient un sarcome du foie, soit l pour 400.
Un cas de tumeur cancéreuse chez l'animal a été récemment publié par R. Horand, chef du laboratoire de la clinique chirurgicale du professeur Jaboulay. Il s'agit d'une vache saisie aux abattoirs par un inspecteur et qui présentait une tumeur de la vessie de nature épithéliale, tumeur que les examens histologiques ont démontrée de
(1) Ces nègres sont généralement au point de vue ethnologique des soudanais.
(2) René Horanp. — Cancer des herbivores. Cancer de la vessie d'une vache. (Lyon médical, 29 janvier 1911.)
SAS TES nature identique aux tumeurs que l'on rencontre chez l’homme.
Nous avons pu recueillir l'opinion de M. Thuillier, vétérinaire-directeur des abattoirs de Tunis : « Le cancer est si rare, dit-il, que l’on peut dire qu'il n'existe pas. » Toutefois, M. Thuillier a relevé des cas assez nombreux de tumeurs malignes, mais ils concordaient avec une importation d'animaux venant de France.
Quant aux bestiaux indigènes, ils sont tous indemnes d’affections cancéreuses. Toutelois, une réserve s'impose. Il est tué aux abattoirs de Tunis un certain nombre de chevaux et de mulets, dont la moyenne est de 500 par an. Or, ces animaux sont souvent refusés pour des affections cancéreuses el les tumeurs mélaniques sont celles qui sont le plus souvent, pour ne pas dire toujours, rencontrées. Cette viande n'est Jamais consommée par la population indigène, mais fait l'ordinaire habituel de certains restaurants fréquentés uniquement par des Européens.