‹ Le Cancer et la GuerreChapitre 5 sur 13 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis de nombreuses années tous les chirurgiens s'accordent à reconnaître que le nombre des cas de cancer croît de jour en jour, et cela dans tous les pays du monde. Et, à ce sujel, Si nous nous reportons aux diverses statistiques qui ont paru avant la guerre nous constatons, en eflet, que le nombre des cancéreux a augmenté dans des proportions vraiment effrayantes.

Prenons, par exemple, le tableau suivant qui représente la mortalité annuelle moyenne par le cancer sur 100.000 habitants pour la ville de Paris seulement : |

De 1876 à 1880 : 94 cas De 1881 à 1885 : :95 cas ; De 1886 à 1890 : 99 cas ; De 1891 à 1875 : 99 cas ; De 1895 à 1900 : 105 cas ; De 1901 à 1905 : 109 cas ; De 1906 à 1910 : 113 cas ; Soit, en 44 ans, une augmentation de un cinquième de la mortalité par le cancer.

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Î Q , En Angleterre, et pour la seule ville de Londres, l'augmentation du chiffre des décès par cancer est plus grande encore, ainsi qué le montre la.statistique ci-après

De 1871 à 1880 : 55 cas ; De 1880 à 1890 : 68 cas ; De 1890 à 1900 : 85 cas :; De 1900 à 1909 : 94 cas ; |

Soit un accroissement de près de la moitié.

Nous nous bornerons à citer ces deux exemples, ,car Îles statistiques de tous les pays du monde confirment cette augmentation de la mortalité cancéreuse. Et M. P. Delbet, dans une conférence à la polyclinique Rotschild, concluait ainsi en 1911 : / se

«Si on prend les statistiques par tranches de cinq ans, de 1876 à 1880 et de 1905 à 1909, on constate une augmentation de la mortalité cancéreuse égale à 1/3. »

Mais cette situation, qui était déjà des plus inquiétantes, a paru à certains comme accrue du fait même de la guerre.

Dans cet ordre d'idées, la question se pose de façon différente, et doit être envisagée sous un double point de AC |

1° Dans la population civile ;

2 Chez les militaires.

Chez les civils la mobilisation est venue enlever à la population un grand nombre de médecins, et ceux que leur âge ou une infirmité quelconque empêchent de rejoindre les armées, avaient un surcroît de travail, d’où. l'impossibilité pour eux de voir tous les malades et l'obligation de soccuper surtout des cas aigus. Leur nombre était fort réduit, et une grande partie de la population civile s’est vue privée de soins. Combien, en effet, avons-nous vu de ces malades atteints de tumeurs qui, parce qu'ils né souffraient pas et-parce que le médecin habitait trop loin, ne sont pas

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allés le consulter. EL nous savons tous que la seule chance de salut pour les malades atteints de cancer est le diagnostic précoce du néoplasme et par suite une intervention rapide et large.

Et ce n'est pas tout, dans un assez grand nombre de cas où le diagnostic avait été fait, les services d’hôpitaux étant complètement remplis par les blessés de guerre, l'élément civil de la poulation ne pouvait y être admis aux fins d’intervention, ou bien, quand cela était possible, le nombre des places était totalement insuffisant. C'est ce qui explique le nombre assez considérable de cancers inopérables que nous avons vu arriver dans les services de chirurgie, quand le

nombre de lits réservés aux civils a été augmenté. Il est

impossible, toutefois, en l’état actuel des choses, de donner des chiffres exacts, les statistiques pendant la guerre n'ayant pas été publiées. :

En nous plaçant maintenant au point de vue des soldats, la question du cancer soulève un double problème, car à l'étiologie proprement dite, vient s'ajouter la question médico-légale. Et c'est principalement les relations du cancer et.de la guerre chez les soldats que nous nous proposons d'étudier. Voici le plan que nous allons suivre

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