‹ Le candidat: comedie en quatre actesChapitre 45 sur 98 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

GRL'CHET.

Tantôt, vous disiez que c'est un imbécile!

MUREL.

Ça n'empêche pas de réussir.

GRUCHET.

Alors, vous me conseillez de me démettre?

MUREL.

Non ! Mais il est toujours fâcheux d'avoir contre soi un homme de Timportance de Rousselin.

GRUCHET.

Son im-por- tance!

MUREL.

n a beaucoup d'ami:», ses manières sont cordiales, enfin il plaît ; et tout en ménageant les conservateurs, il pose pour le républicain.

GRUCHET.

On le connaît!

MUREL.

Ah! si vous comptez sur le bon sens du public...

Mais pourquoi tenez -vous à me décourager, quand tout marche comme sur des roulettes? Écoutez-moi : Primo, sans qu'on s'en doute le moins du monde, je saurai par Félicité, ma bonne, tout ce qui se passe chez lui.

MUREL.

Ce n'est peut-être pas trop délicat ce que vous faites.

GRUCHET.

Pourquoi?

MUREL

Ni même prudent; car on dit que vous lui avez autrefois emprunté...

GRUCHET.

On le dit? Eh bien...

MUREL.

Il faudrait d'abord lui rendre la somme.

GRUCHET.

Pour cela, il faudrait d'abord que vous me rendiez ce qui m'est dû, vousl Soyons justes !

MUREL.

Ahl devant les preuves de mon dévouement, et à l'instant même où je vous gratifie d'un excellent conseil, voilà ce que vous imaginez I Mais, sans moi, mon bonhomme, jamais de la vie vous ne seriez élu; je m'éreinte, bien que je n'aie aucuu intérêt...

Qui sait? Ou plutôt je n'y comprends goutte; tour à tour, vous me poussez, vous m'arrêtez ! Ce que je dois à Rousselin? les autres aussi feront des réclamations ! On n'est pas inépuisable. Il faudrait pourtant que je rentre dans mes avances I Et la note du

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