ACTE II, SCÈNE VIII
ROUSSËLIN.
Personnelles.
DODÂRT.
Comment?
ROUSSELIN
Je dis : il a eu des raisons, voilà tout!
DODART
En eflfet; et permettez-moi de vous avertir d'une chose.... capitale. Tous ceux qui s'intéressent à vous —je suis du nombre, n'en doutez pas — commencent à s'effrayer de la violence de vos adversaires 1
En quoi?
DODART
Vous n'avez donc pas entendu les cris insurrectionnels que poussait la bande Gruchet ! Ce Catilina de village!...
ROUSSELIN, &part.
Catilina de village .. Jolie expression! A noter!
DODART
11 est capable, monsieur, de... capable de tout! et d'abord, grâce à la démence du peuple, il deviendra peut-être un de nos tribuns.
ROUSSELIN, & part.
C'est à craindre!
DODART
Mais les conservateurs n'ont pas renoncé à la lutte, croyez-le ! D'avance leurs voix appartiennent
à l'honnête homme qui offrirait des garanties, (mou- ?ement de Rousseiio.) Oh! on ne lui demande pas de se poser en rétrograde; seulement quelques concession?... bien simples.
ROUSSELIN
£t c'est ce diable de Mureiî. .
DODART
Malheureusement, la chose est faite 1
ROUSSELIN, rérant.
Oui!
DODART
Gomme notaire et comme citoyen, je gémis sur tout cela! Ah! c'était un beau rêve que cette alliance de la bourgeoisie et de la noblesse cimentée en vos deux familles ; et le comte me disait tout tout à l'heure, — vous n'allez pas me croire?...
ROUSSELIN
Pardon!... je suis plein de confiance.
DODART
Il me disait, avec ce ton chevaleresque qui le caractérise : « Je n'en veux pas du tout à M. Rous« selin... »
ROUSSELIN
M moi non plus, mon Dieu !
DODART
« Et je ne demande pas mieux, s'il n'y trouve point d'inconvénient... »