ACTE III, SCÈNE IV. i
ROUSSELIN, h part.
Ah! c'est bon à savoir!
GRUGHET.
Ce jeune homme a abusé de ma candeur! Il me leurrait avec la perspective d'une belle affaire, un riche mariage.
ROUSSELIN, & port.
Coquin 1
GRUGHET.
Par sa faute, je me trouve sans argent. Depuis quelque temps, j'en ai tellement dépensé! (n soupire.) Et, puisque vous êtes son ami, arrangez-vous, priezle, pour qu'il me rende ce qui m'appartient.
ROUSSELIN
Me demander cela, vous, mon rival !
GRUGHET.
Je n'ai pas fait le serment de l'être toujours 1 J'ai du cœur, monsieur Rousselin; je sais reconnaître les bons offices!
ROUSSELIN
Comment! lorsque je possède une reconnaissance de six mille francs, prêtés autrefois pour commencer vos affaires, et dont les intérêts, depuis l'époque, montent à plus de vingt mille I
GRUGHET.
C'est même où je voulais en venir. Donnant^ donnant!
ROUSSELIlf.
Je D'y suis plus du touti
GRUGHET.
SoD gez doue que beaucoup de personnes dépendent de moi, et que j'ai, sans qu'il y paraisse, pas mal d'influence! Si vous me remettiez le papier en question, on pourrait s'entendre.
ROUSSELIN
Sur quoi?
GRUGHET.
Je lâcherais les électeurs.
ROUSSELIN
Et si je ne suis pas nommé?... Je perds mon argent!
GRUGHET.
Vous êtes trop modeste !
ROUSSELIN
Hein?
A votre guise! Jusqu'à la dernière minute, il sera temps ! Mais je vous répète que vous avez tort! (n se
dirige vers la gauche.)
ROUSSELIN
Où allez-vous donc par là?
GRUGHET.
Dans ce cabinet, où mon ami Julien doit être à tra«