ACTE IIJ. SCÈNE V
ROUSSELIN
La plaisanterie est rebattue.
MUREL.
Je vous jure que ma tante est morte!
ROUSSELIN
Eh bien I enterrez-la, et ne me bernez pas avec vos histoires d'héritage.
MUREL.
Rien de plus vrai l Seulement, comme la pauvre femme a trépassé depuis mon départ, on cherche si quelquefois un autre testament...
ROUSSELIN
Âh! il y a des si! Eh bien, mon cher, moi, j^aime les gens sûrs des choses qu'ils disent et entreprennent.
M. Rousselin, vous oubliez trop ce que je puis faire pour vous !
ROUSSELIN
Pas grand' chose! Les ouvriers ne vous écoutent plus!
MUREL.
Vraiment ! Parce qu'il y a cinq ou six braillards peut-être... des hommes que j'avais renvoyés de ma fabrique. . . Mais tous les autres !
IJO LE CANDIDAT.
ROUSSELIN
Pourquoi ne sont-ils pas venus?
MUREL.
Gomment les amener, étant absent?
ROUSSELIN, Il part.
Gela, c'est une raison.
MUREL.
Vous ne connaissez pas leur humeur ; et je parie que d'ici à 'diminche prochain, si je voulais, j'aurais le temps... Mais non, je ne m'en môle plus... et... je recommanderai Gruchet !
ROUSSELIM,à part.
Il me fait des menaces!... Est-ce que j'aurais encore des chances? (Haut.) Ainsi, v.ous croyez... que l'eflTet de la réunion... n'a pas été absolument mauvais?
MUREL.
Ah! vous avez blessé le peuple!
ROUSSELIN
Mais j'en suis du peuple! Mon père était un modeste travailleur. Voilà ce qu'il faut leur dire, mon bon Murel, et que j'ai souffert pour eux, car le Gouvernement a mis la main sur moi, là, tout à l'heure I Retournez à la filature.
MUREL.
Mais écoutezi... j'apporte... — on n'attend plus que le certificat de décès de mon cousin... —