‹ Le candidat: comedie en quatre actesChapitre 91 sur 98 · HOMBOURG, BEAUMESNIL, LEDRU · texte numérisé non relu

HOMBOURG, BEAUMESNIL, LEDRU

ROUSSELIN, apercevant Yoinchet.

Vous n'êtes pas à voter, vous?

VOINCHET.

Tout à rheure I Nous sommes quinze de Bonneval qui s'attendent au café Français, pour aller de là tous ensemble à la Mairie !

ROUSSELIN, d'an air gracieux.

En quoi puis-je vous être utile?

VOINCHET.

L'ingénieur vient de m'apprendre que le chemin de fer passera décidément par Saint-Mathieu! J'avais donc acheté tout exprès, un terrain; et pour en avoir une indemnité plus forte, j'avais même créé une pépinière 1 Si bien que me voilà dans l'embarras. Je veux changer d'industrie ; et comment me défaire tout de suite, d'environ cinq cents bergamottes, huit cents passe-colmar, trois cents empereurs de la Chine, plus de cent soixante pigeons?

ROUSSELIN

Je n'y peux rien!

VOINCHET.

Pardon! Comme vous avez derrière votre parc un sol excellent, — rien que du terreau , — à raison de trente sous l'un dans l'autre Je vous céderais avec facilité...

ROUSSELJN, le recondaisant.

Bien! bieni Nous verrons plus tard!

VOINCHET.

Le marché est fait, n'est-ce pas? Vous recevrez demain la première voiture! Oh! ça ira! Je vais rejoindre les amis! (n sort par le fond.)

HOMBOURG, entrant par la gauche.

Il n'y a pas à dire, monsieur Rousselin! il faut que vous me preniez...

ROUSSELIN

Mais je les ai, vos alezans! Depuis trois jours, ils sont dans mon écurie!

HOMBOURG

C'est leur place! Mais pour les charrois, les gros ouvrages, M. Bouvigny (vous le battrez toujours, celui-là) m'avait refusé une forte jument! qui n*est pas une affaire, — quarante pistoles !

ROUSSELIN

Vous voulez que je l'achète?

HOMBOURG

Ça me ferait plaisir.

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