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ni ya bien des années que l’on nous demande de divers côtés, la publication du travail de M. Le Hir, sur le Cantique des Cantiques. Nous ne pensions pas qu'il suivrait de si loin les Â'éudes bibliques, le livre de Job, les Psaumes, et les Trois Grands Prophètes Isaïe, Jérémie et É'réchiel, que nous avons successivement édités et qui ont été si bien reçus du publie. Ce retard a été indépendant de notre volonté et a été imposé à nos désirs par d'autres occupations et d’autres devoirs.
La publication de cet ouvrage demandait un travail complémentaire assez considérable ; et il nous a fallu beaucoup de temps pour réunir la somme de moments détachés, nécessaire à l’exécution de ce travail. M. Le Hir a laissé une traduction
; Ë très littérale du saint Cantique; et il y a joint un commentaire pour l’expliquer dans
son vrai sens. Mais pour M. Le Hir ce vrai sens est le sens spirituel, sans aucun
| intermédiaire du mariage de Salomon, ni d'aucun autre mariage humain.
Or montrer que ce sens est celui de la tradition, dans l'Église, c'est l’objet que
nous nous sommes proposé dans cette étude. Nous avons vu des auteurs d’ailleurs
estimables, se prévaloir de la Tradition, avec tant d'assurance pour entendre ce Can-
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tique, d’abord d’un mariage naturel, et ensuite de l’union de Dieu avec l’humanité, et de Jésus-Christ avec son Eglise, que nous avons voulu essayer de résoudre cette
question en étudiant la tradition toute entière, et nous avons abouti à ce résultat
que M. Le Hir a ais le fidèle écho de la tradition constante et moralement univer-
selle. | Notre on n'ayant laissé aucune introduction à l'appui de son interprétation,
nous y avons pourvu dans cette étude qui tout à la fois, remplacera les notes et com-.
mentaires sur chaque verset, qui accompagnent ordinairement les traductions des
Livres Saints. La méthode que nous avons suivie a des antécédents, comme par
: exemple les remarquables dissertations de l'abbé de Vence. Mais elle est particulière-
à ment indiquée pour le Cantique des Cantiques, dont le sens vrai, qui est spirituel,
est indépendant des nuances minutieuses de chaque mot; et ce livre est d'ailleurs
Il ; AVANT-PROPOS
d’une nature si délicate, qu’il n’est point du tout à propos d’attirer l'attention sur ces nuances.
On aura une connaissance très suffisante du sens des mots par la traduction si nette et si précise de M. Le Hir. Son commentaire en fera connaître le sens spirituel, et notre étude a pour but de dém ‘ntrer par toute la tradition, que ce sens est immédiat et qu’il est le seul vrai.
N. B. — Le caractère particulier de se livre, et la disposition donnée à sa traduction
par notre savant auteur, expliquent assez ls disposition particulière aussi adoptée pour la partie typographique du commentaire. Pi (Note de l'Editeur).
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f. ; = Non littera, sed spiritu; littera enim j | occidit, spiritus autem vivificat, HARPESS (2 Cor. ar, 6). es ei
Le Gantique des Cantiques est un des livres saints qui ont eu le plus de commentaires et de traductions. Si l’on fait attention que celui des 4 autres livres de la Bible qui a le plus partagé cette faveur est l’Apocalypse, Fi on est tenté d'expliquer ce fait par la difficulté même d’entendre ces deux livres sacrés. Mais cette difficulté, isolée de toute autre circonstance, aurait plutôt restreint que multiplié le nombre de ces travaux, ou du moins, des travaux sérieux.
Il faut donc chercher ailleurs la cause de ce concours empressé, et la " chercher dans quelque chose de commun à ces deux livres. Or, ce quelque 4 chose semble être tout simplement les caractères que présentent ces livres, soit quant au fond, soit quant à la forme. Pour le fond, l'importance et l'élévation de la doctrine ou des faits. Pour la forme, la grandeur des images ou la vivacité des sentiments; un langage fortement figuré, quoique d’une manière bien différente, dans les deux livres. Enfin, au point de vue combiné de l’objet et de la manière, c’est le caractère de la doctrine assez accusé, pour exciter le plus vif intérêt, et assez indécis . pour piquer la curiosité et permettre au lecteur d’y voir ses propres - pensées et ses désirs. C’est ainsi que le Cantique des Cantiques a fourni le . texte d’un grand nombre de traités de la théologie mystique quelquefois Ja plus élevée et la plus pure. :
. Comme ce livre a été beaucoup attaqué, surtout dans ces derniers temps, par des esprits, et surtout par des cœurs qui ne l’ont pas compris, . et qu’il n’a pas été l’objet d’études critiques assez considérables, du moins au point de vue traditionnel, nous ne craindrons pas d’être un peu long . dans cette étude. Si l’on trouve que c’est une faute, on voudra bien tenir compte de notre excuse. :
… Pour mettre, dans cette étude, un ordre que son étendue rend encore plus nécessaire, nous divisons notre travail en trois parties. La première . est consacrée à quelques préliminaires sur le saint Cantique. La seconde . qui est fondamentale, dans notre plan, a pour objet de montrer le sens de . ce livre, en déroulant la chaîne de la tradition qui l’a expliqué. Enfin, la troisième rappelle et confirme les conséquences de l'interprétation tradi- tionnelle, et présente les principes et les règles d'interprétation du Gan-
tique.
S. BiBLE. CANT. — 1