‹ Le cantique des cantiques avec traduction spéciale sur l'Hébreu et commentariesChapitre 71 sur 90 · Je suis descendu dans le jar · texte numérisé non relu

Je suis descendu dans le jar

din des noyers, pour voir les fruits des vallées, et pour examiner si la vigne avait fleuri et si les grenades avaient germé.

11. Je n’ai plus su où j'étais; mon âme s’est troublée à cause des chariots d’Aminadab.

12. Revenez, revenez, Ô Sulamite : revenez, revenez, afin que nous vous contemplions.

dira qu'ils s'interprètent d’après les circonstances et qu'ils marquent quelquefois la simple présence des époux, et quelquefois leur union consommée.

Quoi qu'il en soit, il y a ici parmi des images déjà connues, plusieurs autres traits qui Se présentent : pour la première fois, et qui demandent une interprétation.

Que sont les reines, les épouses inférieures et les vierges ? Qui le dira? Est-ce la multitudes des élus, avec les degrés divers de leurs mérites et de leur gloire? Ou bien n'est-ce pas ce même nombre complet des élus, mais distingué selon les temps, et selon les peuples? Les reines, par exemple, comptées au nombre de soixante, fiuureraient-elles tous les hommes sauvés sous l’économie mosaïque ; les épouses inférieures, les justes qui ont adoré Dieu au milièu des ténébres de la gentilité, et les innombrables vierges, toutes les âmes appelées aux christianisme, sanctifiées par le saint baptême, et qui ne sont encore sauvées qu’en espérance. Enfin ne pourrait-on pas dans ces trois ordres d’épouses reconnaître les âmes glorifiées, celles qui souffrent encore dans Île purgatoire, mais avec l'assurance pleine de leur salut, et celles qui attendent encore sur la terre la voix de l'épouse, et le jour par lui fixé pour consommer leur union? Je ne sais ; Mais, en tout Cas, je ne puis me per-

suader que ces nombres et ces distinctions ne soient rien de plus, sous la plume du Saint-Esprit, qu’un stérile ornement.

Ce qui parait certain, c’est que l'épouse principale, unique, parfaite, et seule incomparable, ne peut être, dans le sens le plus littéral, autre que la très sainte Vierge. D’anciens auteurs (Aponius, etc.) ont été tellement frappés de la magnificence des éloges qui lui sont donnés, qu'ils ont voulu y reconnaître la sainte humanité du Sauveur, épouse du Verbe dans le mystère de l’Incarnation. Mais l’ensemble du sacré Cantique se prête mal à cette interprétation, et il est visible que le Verbe, envisagé dans sa nature humaine, est l’époux lui-même, mais que

l’épouse est son corps mystique, son Eglise. que, D

considérée dans son tout ou dans ses membres. Considérée dans son tout, elle ne laisse aucun lieu à la multiplication et à la distinction des épouses de rangs divers. Elle est une non seulement par préférence, et par l’exceilence d’un plus haut inérite, mais absolument, et

dans le sens rigoureux du terme, puisqu'elle

embrasse tous les élus. D’où. il suit, qu’en cet endroit il la faut considérer dans ses membres, et que Marie seule est cette épouse d’un mérite suréminent qui éclipse celui dés âmes les plus parfaites. Elle est la Sulamite, c'est-à-dire lépouse de Salomon, selon lPin-

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