IV. p. 8 et
Les anciens s'étaient imaginé que le" Rhône conservait son Ut dans le lac pendant plusieurs stades ; tel est du moins le
* Guichenon. Hisl. généal, Preuves», T. IV. |». 107.
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passage de Strabon ^ L. IV, p. 168. « Is ab Alpibus magnni
iiiagiio defluit impetu , qui eliam ubi magnum lacum cxit • {SiOL /jpvyj<; fÇrèov, al : '^^/Ç AsjiavTîç) alveum suum ad muUa audia coûspicuum exhibet. • On poiu-rait concevoir jusqu'à un certain poini cette opimon, a'ii était vrai, comme le croient quel^iea-iina) qae le Léman comaMnçait jadîa beaucoup plus haut) el occupait par un golfe peu profond une partie des marais que le Rhône seul aujourd'hui nlloune de ses bras. Mais les modernes qui ont reproduit cette idée des anciens , n'y regardèrent pas de si près. Selon eux , le Rhône perce un lac de dix-huit lieues de long sans y mêler ses eaux. £t des auteurs éclairés ont donné créance à un pareil conte.
Ici , comme dans le midi de la France , le peuple fait du Rhône ou de ses affluents aussi impétueux que lui , un monitre , un dragon écumant. — En Provence , « le peuple n'a pu se persuader que ce fleuve ne fût qu'un fleuve , il a bien vu que la violence du Rhône était de la colère y et recouou les convulsions d'un monstre dans ses goufl&es tourbillon-* nants. Le monstre c'est le drœ, la tarasque, espèce de tortue - dragon dont on promène la figure à grand bruit dans certaines fêtes. Elle va jusqu'à l'église, heurtant tout sui' son passage. La fête n'est pas belle, s'il n'y a pas au moins un bras cassé. • (Michelety d'après Milli^^ voy. Hist. de France, II, 62 et les notes.) — « En regardant les ondes précipiteuses et les sauts répétés de la Dranse naissante déjà prête à dévorer ses bords 9 à envahir les sentiers et à disputer le passage, je pensais à la l^nde de la contrée , qui fait honneur à St-Ber^ nard d'avoir endiatné un énorme dragon, lequel dépeçait gens et bêtes et rendait la montagne impraticable ; et je n'y vis qu'une allégorie des travaux de ce pieux philanthrope , pour ouvrii* une route sûre , construire des ponts et contenir le torrent comparé à la furie de cet animal fabuleux ^ f d'autant plus
' Dranse , Drac , Drave , Drin , DrAme , Durach , Durance , sont la même oaoïnatopée, et oui la même élyuiQlogie que Dragon. (Jbid.)
DU LIVRE l'RBMIER.
que dans une partie de nos Alpes cenlrales, quand on parle d'une inondation subite et désastreuse , causée par un toiTcnt ou une ravine, on dit proverbialement : le Dragon est descendu. » (Doy. Bridel , Cons. Suisse, X, 272). — Nous avons parlé ailleurs de la Fennetta des Isles du Rhône.
Les Grecs nous vinrent de Marseille, les Romains par la même route. Améd. Thierry, Hist. des Gaulois, P. II, ch. a. « Les Romains possédaient au--delà des Alpes une province importante , mais ils n'étaient pas maîtres des chemins qui pouvaient y conduire. Ils suivaient pour passer d'Italie en Gaule le sentier étroit et difficile qui longe le golfe Ligiuûen, entre la mer et les derniers escarpements des montagnes. Quant aux routes intérieures des Alpes , elles étaient au pouvoir des tribus gauloises vi liguriennes , qui les gardaient à main armée, etc.» — Quand les Romains furent les possesseurs des Gaules et d'une partie de la Germanie , les Alpes Pennines devinrent la voie militaire pour les légions qui se portaient de Milan sur Mayence. Voyez de curieux détails à ce sujet dans le Cons. Suisse , V, 272, et IX, 309.