NAUDIN, NANCY
■axct. Enfin , le voilà parti.
RAODiv. Le petit drôle , me mettre en colère, un jour comme celui-ci, oïl j’ai besoin de tout mon sang-froid, de toute ma tête. Dis moi, Nancy... as-tu fait préparer une chambre pour le capitaine Roland?
RABOT. J’ai pensé au pavillon do jardin, et py ai conduit son domestique... il s’est chargé de le préparer lui-même ; cependant, j’irai donner un coup-d'œil.
Ricoin. Tu feras bien; et cette petite Cabrielle qui n'arrive pas.
rarcy. C'est qu’il y «loin, d’iei à Strasbourg où elle est en pension.
raudir. Ce n’est pas une raisoh. Hier, aussitôt que j’ai reçu la lettre du capitaine, j’ai dépêché une Voiture, d’excelleoi chevaux; elle devrait être toi.
rarcy. Pourquoi vous tourmenter...
vous n’attendez pas le capitaine aujourd’hui. ,
raidir. Peut-être!., sa lettre n’est pas positive à oet égard-là, et si par hasard il arrivait le premier.
rarcy. Mon Dieu , il n’y aurait pas grand mal , et à votre place, je lui dirais tout de suite la vérité.
raudir. Nous verrous ça... nous vetrons ça... tu ne connais pas comme moi toutes les circonstances de l’événement , tu étais trop jeune ; il y a de ça à peu prés dix ans... oui, c'était au moi» d’octobre >8o5, et nous voilà à la fin de i8i5. C’est bien dix ans... j’étais alors maître de pension, et on lisait au-dessus de ma porte :
• Maison d'éducation, Naudin, instfee- » leur, enseigne le latin, le grec, l’écrilu- » re, les belles lettres, et tous les arts d’agré-
• ment. • Ça faisait un effet superbe. Un jour, c’est-à-dire, non, c’était une nuit, puisqu’il était onze heures du soir; jem'en souviendrai toute ma vie : on frappe à la porte de mon établissement; je crus d’abord que c’était quelque soldat blessé qui réclamait des secours, car depuis le matin , les blessés abondaient dans le ville ; l'armée française s’était battue la veille de l’autre côté du Rbio. Je me lève, j’ouvre ma porte , et au lieu d'un blessé, je vois entrer un marècbal-des-logfs, tout jeune,
'kdix-huit ou vingt ans, frais, dispos et très garçon...
Digitiz
agit
ïuwct. C'était le capitaine Roland...
hzcdix. Je ne te parle pas de capitaine, je te dis un maréchal-dcs-logis; il tenait par la main tin petit garçon de cinq à six ans : Monsieur, ine dit-il, tous élevez des jeunes gens... voilé un gamin que je vous recommande; prenez-le avec ces vingtcinq louis que je possède pour le quartd'heure; tous les ans, je vous ferai parvenir la somme nécessaire à son entretien.
Quant à moi, je suis pressé, mon régiment traverse la ville... assez causé... je vous salue...
rnrcT. Et il vous a quitté P TtAcniN. Sur-le-champ, sans me laisser le temps de prendre un parti.. . par exemple j’avais pris les vingt-cinq louis, et je suis resté là avec le petit bonhomme, niacv. J’entcuds une voilure...
nioDix. C’est eilel c’est Gabrielie, au moins, je l’espère...
iunct, qui a remonté ta scène. Oui , mon oncle, vous ne vous êtes pas trompé.
kaodix. Je respire!., elle arrive la première.