PREMIER
exclut l’autre. De même le genre de travail utile, concret, contenu dans chaque équivalent, n’y présente qu’une forme particulière, c’est-à-dire une manifestation incomplète du travail humain. Ce travail possède bien, il est vrai, sa forme complète ou totale de manifestation dans l’ensemble de ses formes particulières. Mais l’unité de forme et d expression fait défaut.
La forme totale ou développée de la valeur relative ne consiste cependant qu’en une somme d’expressions relatives simples ou d’équations de la première forme telles que :
20 mètres de toile = 1 habit ,
20 mètres de toile = 10 livres de thé , etc., dont chacune contient réciproquement l’équation identique :
1 habit = 20 mètres de toile ,
10 livres de thé = 20 mètres de toile , etc.
En fait : le possesseur de la toile l’échange-t-n contre beaucoup d’autres marchandises et exprimet-il conséquemment sa valeur dans une série d’autant de termes, les possesseurs des autres marchandises doivent les échanger contre la toile et exprimer les valeurs de leurs marchandises diverses dans un seul et même terme, la toile, — Si donc nous retournons la série : 20 mètres de toile = 1 habit, ou = 10 livres de thé, ou = etc., c’est-à-dire si nous exprimons la réciproque qui y est déjà implicitement contenue, nous obtenons :
G. Forme valeur générale.
1 habit
10 livres de thé
40 livres de café
2 onces d’or
1/2 tonne de fer
x marchandise A etc.
a) Changement de caractère de la forme valeur.
Les marchandises expriment maintenant leurs valeurs : 1° d’une manière simple, parce qu’elles l’expriment dans une seule espèce de marchandise ; 2° avec ensemble, parce qu’elles l’expriment dans la même espèce de marchandises. Leur forme valeur est simple et commune, conséquemment générale.
Les formes I et II ne parvenaient à exprimer la valeur d’une marchandise que comme quelque chose de distinct de sa propre valeur d’usage ou de sa propre matière. La première forme fournit des équations telles que celle-ci : 1 habit = 20 mètres de toile , 10 livres de thé = 1/2 tonne de fer , etc. La valeur de l’habit est exprimée comme quelque chose d’égal à la toile, la valeur du thé comme quelque chose d’égal au fer, etc. ; mais ces expressions de la valeur de l’habit et du thé sont aussi différentes l’une de l’autre que la toile et le fer. Cette forme ne se présente évidemment dans la pratique qu’aux époques primitives où les produits du travail n’étaient transformés en marchandises que par des échanges accidentels et isolés.
La seconde forme exprime plus complètement que la première la différence qui existe entre la valeur d’une marchandise, par exemple, d’un habit, et sa
= 20 mètres cle toile.
propre valeur d’usage. En effet, la valeur de l’habit y prend toutes les figures possibles vis-à-vis de sa forme naturelle; elle ressemble à la toile, au thé, au fer, à tout, excepté à l’habit. D’un autre côté, cette forme rend impossible toute expression commune de la valeur des marchandises, car, dans l’expression de valeur d’une marchandise quelconque, toutes les autres figurent comme ses équivalents, et sont par conséquent incapables d’exprimer leur propre valeur. Cette forme valeur développée se présente dans la réalité dès qu’un produit du travail, le bétail, par exemple, est échangé contre d’autres marchandises différentes, non plus par exception, mais déjà par habitude.
Dans l’expression générale de la valeur relative, ' au contraire, chaque marchandise, telle qu’habit, café, fer, etc., possède une seule et même forme valeur, par exemple, la forme toile, différente de sa forme naturelle. En vertu de cette ressemblance avec la toile, la valeur de chaque marchandise est maintenant distincte non-seulement de sa propre valeur d’usage, mais encore de toutes les autres valeurs d’usage, et par cela même représentée comme le caractère commun et indistinct de toutes les marchandises. Cette forme est la première qui mette les marchandises en rapport entre elles comme valeurs, en les faisant apparaître l’une vis-à-vis de l’autre comme valeurs d’échange.
Les deux premières formes expriment la valeur d’une marchandise quelconque, soit en une autre marchandise différente, soit en une série de beaucoup d’autres marchandises. Chaque fois c’est, pour ainsi dire, 1 affaire particulière de chaque marchandise prise à part de se donner une forme valeur, et elle y parvient sans que les autres marchandises s’en mêlent. Celles-ci jouent vis-à-vis d’elle le rôle purement passif d’équivalent. La forme générale de la valeur relative ne se produit au contraire que comme 1 œuvre commune des marchandises dans leur ensemble. Une marchandise n’acquiert son expression de valeur générale que parce que, en même temps, toutes les autres marchandises expriment leurs valeurs dans le même équivalent, et chaque espèce de marchandise nouvelle qui se présente doit faire de même. De plus, il devient évident que les marchandises qui, au point de vue de la valeur, sont des choses purement sociales, ne peuvent aussi exprimer cette existence sociale que par une série embrassant tous leurs rapports réciproques ; que leur forme valeur doit, par conséquent, être une forme socialement validée.
La forme naturelle de la marchandise qui devieni 1 équivalent commun, la toile, est maintenant h forme officielle des valeurs. C’est ainsi que les marchandises se montrent les unes aux autres non-seuleur e S allte qualitative, mais encore leurs différences quantitatives de valeur. Les quantités de valeur projetées comme sur un même miroir, la toile, se îefletent réciproquement.
Exemple : 10 livres de thé = 20 mètres de toile, et 40 livres de café = 20 mètres de toile. Donc 10 livres de t].e = 40 livres de café, ou bien il n'î
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La forme générale de la valeur relative embrassant le monde des marchandises imprime à la marchandise équivalent qui en est exclue le caractère d : 'équivalent général. La toile est maintenant immédiatement échangeable avec toutes les autres marchandises. Sa forme naturelle est donc en même temps sa forme sociale. Le tissage, le travail privé qui produit la toile, acquiert par cela même Je caractère de travail social, la forme d’égalité avec tous les autres travaux. Les innombrables équations dont se compose la forme générale de la valeur identifient le travail réalisé dans la toile avec le travail contenu dans chaque marchandise qui lui est tour à tour comparée, et fait du tissage la forme générale dans laquelle se manifeste le travail humain. De cette manière le travail réalisé dans la valeur des marchandises n’est pas seulement représenté négativement c’est-à-dire comme une abstraction où s’évanouissent les formes concrètes et les propriétés utiles du travail réel ; sa nature positive s’affirme nettement. Elle est la réduction de tous les travaux réels à leur caractère commun de travail humain, de dépense de la même force humaine de travail.
La forme générale de la valeur montre, par sa structure même, qu’elle est l’expression sociale du monde des marchandises. Elle révèle par conséquent que dans ce monde le caractère humain ou général du travail forme son caractère social spécifique.
b) Rapport de développement de la forme valeur relative et de la forme équivalent.
La forme équivalent se développe simultanément et graduellement avec la forme relative ; mais, et c est là ce qu’il faut bien remarquer, le développement de la première n’est que le résultat et 1 expression du développement de la seconde. C’est de celle-ci que part l’initiative.
La forme valeur relative simple ou isolée d’une marchandise suppose une autre marchandise quelconque comme équivalent accidentel. La forme développée de la valeur relative, cette expression de la valeur d’une marchandise dans toutes les autres, leur imprime à toutes la forme d’équivalents particuliers d’espèce différente. Enfin, une marchandise spécifique acquiert la forme d’équivalent général, parce que toutes les autres marchandises en font la matière de leur forme générale de valeur relative.
A mesure cependant que la forme valeur en général se développe, se développe aussi l’opposition entie ses deux pôles, valeur relative et équivalent. Déjà même la première forme valeur, 20 métrés de toile = 1 habit, contient cette opposition, mais ne la fixe pas. Dans cette équation, l’un des termes la toile, se trouve sous forme valeur relative, et le terme opposé, l’habit, sous forme équivalent, bi maintenant on lit à rebours cette équation, la toile et l’habit changent tout simplement de rôle, n T S , de , réc I uation reste la même. Aussi
est—il difficile de fixer ici l’opposition entre les deux termes.
Sou s la foi me II, une espèce de marchandise peu eve opper complètement sa valeur relative, ou revêt la forme totale de la valeur relative. Barre