‹ Le capitalChapitre 104 sur 356 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

établit immédiatement le système dans sa propre fabrique 1 . La composition de ce tribunal était déjà assurément une violation flagrante de la loi 2 . « Ce genre de farces juridiques, » s’écrie l’inspecteurHowell, «exige qu’on y mettebon ordre.... Ou bien accommodez la loi à ces sortes de jugements, ou bien confiez-la à un tribunal moins sujet à faillir et qui sache mettre ses décisions en accord avec elle.... Dans tous les cas semblables," combien ne désire-t-on pas un juge payé 3 ! »

Les juristes de la couronne déclarèrent absurde l’interprétation donnée par les fabricants à la loi de 1844, mais les sauveurs de la société ne s’émurent pas pour si peu. « Après avoir essayé en vain, rapporte Leonhard Horner, de faire exécuter la loi, au moyen de dix poursuites dans sept circonscriptions judiciaires différentes, et n’avoir été soutenu qu’en un seul cas par les magistrats, je regarde toute poursuite pour entorse ■ donnée à la loi comme désormais inutile. La partie de la loi qui a été rédigée pour créer l’uniformité dans les heures de travail, n’existe plus dans le Lancashire. D’autre part mes sous-agents et moi, nous ne possédons aucun moyen de nous assurer que les fabriques, où règne le système des relais, n’occupent pas les adolescents et les femmes au delà de dix heures. Depuis la fin d’avril 1849, il y a déjà dans mon district 118 fabriques qui travaillent d’après cette méthode et leur nombre augmente tous les jours rapidement. En général elles travaillent maintenant 13 h. Va, de 6 h. du matin à 7 h. 4 * / s du soir ; dans quelques cas 15 heures, de 5 h. ‘/a du matin à 8 h. V 2 du soir V » En décembre 1848, Leonhard Horner possédait déjà une liste de 65 fabricants et de 29 surveillants de fabrique qui déclaraient tous d’une voix, qu’avec le système des relais en usage, aucun système d’inspection ne pouvait empêcher le travail extra d’avoir lieu sur la plus grande échelle s . Les mêmes enfants et les mêmes adolescents étaient transférés (shifted) tantôt de la salle à filer dans la salle à tisser, tantôt d’une fabrique dans une autre 6 . Gomment contrôler un système « qui abuse du mot relais pour mêler les « bras » comme des cartes les unes avec les autres en mille combinaisons diverses et pour varier chaque jour les heures de travail et de répit à tel point pour les différents individus, qu’un seul et même assortiment de « bras » complet ne travaille jamais à la même place et dans le même temps 7 ! »

Indépendamment de l’excès de travail qu’il créait, ce susdit système de relais était un produit de la fantaisie capitaliste, tel que Fourier n’a pu le dépasser dans ses esquisses les plus humoristiques

1. Reports, etc., for 30 april 1849, p. 21, 22. V. des exem-' pies semblables, ibid., p. 4, 5.

2. Par les art. 1 et 2, IV, ch. 24, p. 10, connus sous le nom deFactory Act de Sir John Hobhouse, il est défendu à n’importe^ quel propriétaire de filature ou de tisseranderie, et de même aux père, fils et frère d’un tel propriétaire, de fonctionner comme juges de paix dans les questions qui ressortissent du Faclory Act.

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