‹ Le capitalChapitre 107 sur 356 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

pecteurs renouvelées tous les six mois le meme privilège dure encore 1 .

La loi de 1850 ne convertit que pour «les adolescents et les femmes» la période de quinze heures, de 5 h. ‘/a du matin à 8 h. d /, du soir, en une période de douze heures, de 6 h. du matin à 6 h. du soir. Elle n'améliora en rien la condition des enfants qui pouvaient toujours être employés une demi-heure avant le commencement et deux heures et demie après la fin de cette période, bien que la durée totale de leur travail ne dût pas dépasser 6 heures et demie. Pendant la discussion de la loi les inspecteurs de fabrique présentaient au Parlement une statistique des abus infâmes auxquels donnait lieu cette anomalie. Mais tout fut inutile. L’intention secrète cachée au fond de ces manœuvres était, en mettant en jeu les enfants, de faire remonter à quinze heures pendant les années de prospérité, la journée de travail des ouvriers adultes. L’expérience des trois années suivantes fit voir qu’une semblable tentative échouerait contre la résistance de ces derniers 2 3 . La loi de 1850fut donc complétée en 1853 par la défense «d’employer les enfants le matin avant et le soir après les adolescents et les femmes. » A partir de ce moment, la loi de 1850 régla, à peu d’exceptions près, la journée de travail de tous les ouvriers dans les branches d'industrie qui lui étaient soumises 5 . Depuis la publication du premier Factory act il s’était écoulé un demi-siècle 1 * .

La législation manufacturière sortit pour la première fois de sa sphère primitive par le Prinlwork’s act de 1845 (loi concernant les fabriques de cotons imprimés). Le déplaisir avec lequel le capital accepta cette nouvelle « extravagance » perce à chaque ligne de la loil Elle restreint la journée de travail pour enfants et pour femmes, à seize heures comprises entre 6 h. du matin et 10 h. du soir sans aucune interruption légale pour les repas. Elle permet de faire travailler les ouvriers mâles, au-dessus de

1. On sait avec quelle répugnance les » libres échangistes » anglais renoncèrent aux droits protecteurs des manufactures de soie. Le service que leur rendait la protection contre l’importation française, leur rend maintenant le manque de protection pour les enfants employés dans leurs fabriques.

Page 1