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L’élément moral joua un grandrôle dans ces expériences

» Nous travaillons avec plus d’entrain, » dirent les ouvriers à l’inspecteur de la fabrique, « nous avons devant nous la perspective de partir de meilleure heure et une joyeuse ardeur au travail anime la fabrique depuis le plus jeune jusqu’au plus vieux, de sorte que nous pouvons nous aider considérablement les uns les autres. » L. c.

d’impulsion accrue du moteur à toutes les branches du mécanisme d’opération. Ce mécanisme lui-même est amélioré. Les dimensions des machines-outils sont réduites tandis que leur mobilité et leur efficacité sont augmentées, comme dans le métier à tisser moderne; ou bien leurs charpentes sont agrandies avec la dimension et le nombre des outils qu’elles mènent, comme dans la machine à filer. Enfin ces outils subissent d’incessantes modifications de détail comme celles qui, il y a environ quinze ans, accrurent d’un cinquième la vélocité des broches de la mule automatique.

La réduction de la journée de travail à douze heures date en Angleterre de 1833. Or, un fabricant anglais déclarait déjà en 1836 : « Comparé à celui d’autrefois le travail à exécuter dans les fabriques est aujourd’hui considérablement accru, par suite de l’attention et de l’activité supérieures que la vitesse très-augmentée des machines exige du travailleur. 1 » En 1844 Lord Ashley , aujourd’hui comte Shaftesbury, dans son discours sur le bill de dix heures, communiqua à la Chambre des communes les faits suivants :

« Le travail des ouvriers employés dans les opérations de fabrique est aujourd’hui trois fois aussi grand qu’il l’était au moment où ce genre d’opérations a été établi. Le système mécanique a sans aucun doute accompli une œuvre qui demanderait les tendons et les muscles de plusieurs millions d’hommes ; mais il a aussi prodigieusement (prodigiously) augmenté le travail de ceux qui sont soumis à son mouvement terrible. Le travail qui consiste à suivre une paire de mules , aller et retour, pendant douze heures, pour filer des filés n° 40, exigeait en 1815 un parcours de 8 milles ; en 1832 la distance à parcourir était de 20 milles et souvent plus considérable 2 . En 1825 le fileur avait à faire dans l’espace de douze heures 820 strelches pour chaque mule ce qui pour la paire donnait une somme de 1640. En 1832 il en faisait 2,200 pour chaque mule ou 4,400 parjour; en 1844, 2,400pourchaque mule, ensemble 4,800 ; et dans quelques cas la somme de travail (amount of labour) exigé est encore plus considérable. En estimant les fatigues d’une journée de travail il faut encore prendre en considération la nécessité de retourner quatre ou cinq mille fois le corps dans une direction opposée 3 aussi bien que les efforts continuels d’inclinaison et d’érection... J’ai ici dans les mains un autre document daté de 1842, qui prouve que le travail augmente progressivement, non-seulement parce que la distance à parcourir est plus grande, mais parce que la quantité des marchandises produites s’accroît tandis qu’on diminue en proportion le nombre des bras, et que le coton filé est de qualité inférieure, ce qui

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