‹ Le capitalChapitre 201 sur 356 · Child. Empl. Comm. IIRep , 1864, » p. ix, n · texte numérisé non relu

Child. Empl. Comm. IIRep , 1864, » p. ix, n

que messieurs les fabricants reconnaissaient s’ê tre trompés : « Les inconvénients que l’introduction de la loi de fabrique nous faisait craindre ne se sont pas réalisés. Nous ne trouvons pas que la production soit le moins du monde paralysée ; en réalité nous produisons davantage dans le même temps *. »

On le voit, le parlement anglais que, personne n’osera taxer d’esprit aventureux, ni de génie transcendant, est arrivé par l’expérience seule à cette conviction, qu’une simple loi coercitive suffit pour faire disparaître tous les obstacles prétendus naturels qui s’opposent à la régularisation et à la limitation delà journée de travail. Lorsqu’il soumet à la loi de fabrique une nouvelle branche d’industrie, il se borne donc à accorder un sursis de six à dixhuit mois pendant lequel c’est l’affaire des fabricants de se débarrasser des difficultés techniques. Or, la technologie moderne peut s’écrier avec Mirabeau : « Impossible ! ne me dites jamais cet imbécile de mot ! »

Mais en activant ainsi le développement des éléments matériels nécessaires à la transformation du régime manufacturier en régime de fabrique, la loi, dont l’exécution entraîne des avances considérables, accélère simultanément la ruine des petits chefs d’industrie et la concentration des capitaux 2 .

Outre les difficultés purement techniques qu’on peut écarter par des moyens techniques, la réglementation de la journée de travail en rencontre d’autres dans les habitudes d’irrégularité des ouvriers eux-mêmes, surtout là où prédomine le salaire aux pièces et où le temps perdu une partie du jour ou de la semaine peut être rattrappé plus tard par un travail extra ou un travail de nuit. Cette méthode qui abrutit l'ouvrier adulte, ruine ses compagnons d’un âge plus tendre et d’un sexe plus délicat s .

Bien que cette irrégularité dans la dépense de la force vitale soit une sorte de réaction naturelle et brutale contre l’ennui d’un labeur fatigant par sa monotonie, elle provient à un bien plus haut degré de l’anarchie de la production qui, de son côté, présuppose l’exploitation effrénée du travailleur.

A côté des variations périodiques, générales, du cycle industriel, etdes fluctuations du marché parti-

Page 1