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C’est-à-dire, sa valeur comparée à la plus-value

le travail national plus intense produit donc dan s le même temps plus de valeur qui s’exprime en plus d’argent.

Dans son application internationale, la loi de la valeur est encore plus profondément modifiée, parce que sur le marché universel le travail national plus productif compte aussi comme travail plus intense, toutes les fois que la nation plus productive n’est pas forcée par la concurrence à rabaisser le prix de vente de ses marchandises au niveau de leur valeur.

Suivant que la production capitaliste est plus dé • veloppée dans un pays, l’intensité moyenne et la productivité du travail (national) y dépassent d’autant le niveau international ’. Les différentes quantités de marchandises delà même espèce, qu’on produit en differents pays dans le même temps de travail, possèdent donc des valeurs internationales différentes qui s’expriment en prix différents, c’est-à-diro en sommes d’argent dont la grandeur varie avec celle de la valeur internationale. La valeur relative de l’argent sera, par conséquent, plus petite chez la nation où la production capitaliste est plus développée que là où elle l’est moins. Il s’ensuit que le salaire nominal, l’équivalent du travail exprimé en argent, sera aussi en moyenne plus élevé chez la première nation que chez la seconde, ce qui n’implique pas du tout qu’il en soit de même du salaire réel, c’est-à-dire de la somme de subsistances mises à la disposition du travailleur.

Mais à part cette inégalité de la valeur relative de 1 argent en différents pays, on trouvera fréquemment que le salaire journalier, hebdomadaire etc est plus eleyé chez la nation A que chez la nation b’ tandis que le prix proportionnel du travail, c’est’ a-dire son prix comparé soit à la plus-value, soit à

1. Nous examinerons ailleurs les circonstance port a la productivité, peuvent modifier cett branches de production particulières.

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la valeur du produit, est plus élevé chez la nation B que chez la nation A.

Un économiste contemporain d’Adam Smith, James Anderson, dit déjà: « Il faut remarquer que bien que le prix apparent du travail soit généralement moins élevé dans les pays pauvres, où les produits du sol, et surtout les grains, sont à bon marché, ilÿ est cependant en réalité supérieur à celui d’autres pays. Ce n’est pas, en effet, le salaire donné au travailleur qui constitue le prix réel du travail, bien qu’il en soit le prix apparent. Le prix réel c’est ce que coûte au capitaliste une certaine quantité de travail accompli ; considéré à ce point de vue le travail est, dans presque tous les cas, meilleur marché dans les pays riches que dans les pays pauvres, bien que le prix des grains et autres denrées alimentaires soit ordinairement beaucoup moins élevé dans ceux-ci que dans ceux-là.... Le travail estimé à la journée est beaucoup moins cher en Écosse qu’en Angleterre, le travail à la pièce est généralement meilleur marché dans ce dernier pays 1 . »

J. W. Cowell, membre de la Commission d’enquête sur les fabriques (1833), arriva, par une analyse soigneuse de la filature, à ce résultat : « en Angleterre, les salaires sont virtuellement inférieurs pour le capitaliste, quoique pour l’ouvrier ils soient peut-être plus élevés que sur le continent européen 2 . »

M. A. Redgrave, inspecteur de fabrique, démontre, au moyen d’une statistique comparée, que malgré des salaires plus bas et des journées de travail plus longues, le travail continental est, par rapport à la valeur produite, plus cher que le travail anglais. Il cite entr’autres les données à lui communiquées par un directeur anglais d’une filature de poton en Oldenbourg, d’après lesquelles le temps de travail dure là quatorze heures et demie par jour (de 5 h. 30 du matin jusqu’à 8 h. du soir), mais les ouvriers, quand ils sont placés sous des contre-maîtres anglais, n’y font pas tout à fait autant d’ouvrage que des ouvriers anglais travaillant dix heures, et beaucoup moins encore, quand leurs contre-maîtres sont des Allemands. Leur salaire est beaucoup plus bas, souvent de 50 p. 100, que le salaire anglais, mais le nombre d’ouvriers employés par machine est plus grand, pour quelques départements de la fabrique dans la raison de cinq à trois 3 .

M. Redgrave donne le tableau suivant de l’intensité comparative du travail dans les filatures anglaises et continentales:

1. James Anderson : Observations on the means of exciting a spirit of National Industry , etc. Edinburgh, 1777, p. 350, 351.) — La commission royale, chargée d’une enquête sur les chemins de fer, dit au contraire : « Le travail est plus cher en Irlande qu’en Angleterre, parce que les salaires y sont beaucoup plus bas. » ( Royal commission on Railways, 1867. Minutes, p. 2074.)

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