Times, 24 mars
« grande opinion publique » fut en réalité de 1 avis du sieur Potter, que les ouvriers de fabrique font partie du mobilier des fabricants. On mit obstacle à leur émigration 1 ; on les enferma dans le « woikhouse moral » des districts cotonniers, où ils ont toujours l’honneur de former « la force (the strength) des fabricants cotonniers du Lancashire. » -i.
Le procès de production capitaliste reproduit donc de lui-même la séparation entre travailleur et conditions du travail. Il reproduit et éternise par cela même les conditions qui forcent l’ouvrier à se vendre pour vivre, et mettent le capitaliste en état de l’acheter pour s’enrichir 2 . Ce n’est plus le hasard qui les place en face l’un de l’autre sur le marché comme vendeur et acheteur. C’est le double moulinet du procès lui-même qui rejette toujours le premier sur le marché comme vendeur de sa force de travail et transforme son produit toujours en moyen d’achat pour le second. Le travailleur appartient en fait à la classe capitaliste, avant de se vendre à un capitaliste individuel. Sa servitude économique® est moyennée et en même temps dissimulée par le renouvellement périodique de cet acte de vente, par la fiction du libre contrat, par le changement des maîtres individuels et par les oscillations des prix de marché du travail \
Le procès de production capitaliste considéré dans
1. Le Parlement ne vota pas un liard pour l’émigration, mais seulement des lois qui autorisaient les municipalités à tenir les travailleurs entre la vie et la mort ou à les exploiter sans leur payer un salaire normal. Mais lorsque, trois ans après, les campagnes furent frappées de la peste bovine, le Parlement rompit brusquement toute étiquette parlementaire et vota en un clin d’œil des millions pour indemniser des landlords millionnaires dont les fermiers s’étaient déjà indemnisés par l’élévation du prix de la viande. Le rugissement bestial des propriétaires fonciers, à l’ouverture du Parlement, en 1866, démontra qu’il n’est pas besoin d’être Indou pour adorer la vache Sabala, ni Jupiter pour se métamorphoser en bœuf.
2. « L’ouvrier demandait de la subsistance pour vivre, le chef demandait du travail pour gagner. ■ (Sismondi, 1. c., éd. de Bruxelles, t. I, p. 91.)
3. Il existe une forme rurale et grossière de cette servitude dans le comté de Durham. C’est un des rares comtés où les circonstances n’assurent pas au fermier un titre de propriété incontesté sur les journaliers agricoles. L’industrie minière permet à ceux-ci de faire un choix. Le fermier, contrairement à la règle, ne prend ici à fermage que les terres où se trouvent des cottages pour les ouvriers. Le prix de location du cottage forme une partie du salaire du travail. Ces cottages portent le nom de « hind’s houses. • Ils sont loués aux ouvriers sous certaines obligations féodales et en vertu d’un contrat appelé « bondage, » qui oblige par exemple le travailleur, pour le temps pendant lequel il est occupé autre part, de mettre sa fille à sa place, etc. Le travailleur lui-même s’appelle « bondsman », serf. On voit ici par un côté tout nouveau comment la consommation individuelle du travailleur est en même temps consommation pour le capital ou consommation productive. « Il est curieux de voir comment même les excréments de ce bondsman entrent dans le casuel de son maître calculateur.... Le fermier ne permet pas dans tout le voisinage d’autres lieux d’aisances que les siens, et ne souffre sous ce rapport aucune infraction à ses droits de suzerain. » (Public Health VII, hep. 1865, p. 188).
4. On se souvient que pour ce qui est du travail des en fants, etc., il n’est même plus besoin de cette formalité déjà vente personnelle.