Senior, 1. c., p
3. « Personne... ne sèmera son blé et ne lui permettra de rester enfoui une année dans le sol, ou ne laissera son vin en barriques des années entières, au lieu de consommer ces choses ou leur équivalent une bonne fois, s’il n’espère acquérir une valeur additionnelle. » (Scrope : Polit. Econ., édit, de A. Potter. New-York, 1841, p. 133, 134.)
Comment la classe capitaliste doit-elle s’y prendre pour remplir ce programme? c’est un secret qu’on s’obstine à garder. Bref, le monde ne vit plus que grâce aux mortifications de ce moderne pénitent de Wichnou, le capitaliste. Ce n’est pas seulement l’accumulation, non ! « la simple conservation d’un capital exige un effort constant pour résister à la tentation de le consommer 4 . » Il faut donc avoir renoncé à toute humanité pour ne pas délivrer le capitaliste de ses tentations et de son martyre, de la même façon qu’on en a usé récemment pour délivrer le planteur de la Géorgie de ce pénible dilemme : Faut-il joyeusement dépenser en champagne et articles de Paris tout le produit net obtenu à coups de fouet de l’esclaVe nègre, ou bien en convertir une partie en terres et nègres additionnels?
Dans les sociétés les plus différentes au point de vue économique on trouve non-seulement la reproduction simple, mais encore, à des degrés très-divers, il est vrai, la reproduction sur une échelle progressive. A mesure que l’on produit et consomme davantage, on est forcé de reconvertir plus de produits en nouveaux moyens de production. Mais ce procès ne se présente ni comme accumulation de capital ni comme fonction du capitaliste, tant que les moyens de production du travailleur, et par conséquent son produit et ses subsistances, ne portent pas encore l’empreinte sociale qui les transforme en capital 2 . C’est ce que Richard Jones, successeur de Malthus à la chaire d’économie politique de l’East Indian College de Hailebury, a bien fait ressortir par l’exemple des Indes orientales.
Comme la partie la plus nombreuse du peuple indien se compose de paysans cultivant leurs terres eux-mêmes , ni leur produit, ni leurs moyens de travail et de subsistance, « n’existent jamais sous la forme (in lhe shape) d’un fonds épargné sur un revenu étranger (saved from revenue) et qui eût parcouru préalablement un procès d’accumulation (a previous process of accumulation) 3 . »D’un autre côté, dans les territoires où la domination anglaise a le moins altéré l’ancien système, les grands reçoivent, à titre de tribut ou de rente foncière, une aliquote du produit net de l’agriculture qu’ils divisent en trois parties. La première est consommée par eux en nature, tandis que la deuxième est con-
instrumentsde production au travailleur, au lieu d’en consacrer la valeur à son propre usage en la transformant en objets d’utilité ou d’agrément. » (G. de Molinari, 1. c., p. 49).
Prêter est un euphémisme consacré par l’économie vulgaire pour identifier le salarié qu’exploite le capitaliste industriel avec ce capitaliste industriel lui-même auquel d’autres capitalistes prêtent leur argent.