‹ Le capital T. 1Chapitre 127 sur 357 · Le professeur Roscher découvre qu'une couturière que · texte numérisé non relu

Le professeur Roscher découvre qu'une couturière que

madame son épouse occupe pendant deux jours fait plus de

besogne que deux couturières qu'elle occupe le même jour.

Monsieur le professeur ferait bien de lie pius étudier le pro-

cès do production capilalistc dans la chambre de la nourrice,

ni dans des circonstances où le personnage principal, le capita-

liste, fait défaut.

chandises. L’eflet est le même que si l’on avait fabri que par des procédés moins coûteux les moyens de production. L’économie dans leur emploi ne provient que de leur consommation en commun. Ils acquièrent ce caractère de conditions sociales de travail, qui les distingue des moyens de productionéparpillés et relativement plus chers, lors même que les ouvriers rassemblés ne concourent pas à un travail d ensemble, mais opèrent tout simplement 1 un a côté de l’autre dans le même atelier. Donc, avant le travail lui-même, scs moyens matériels prennent un caractère social.

L économie des moyens do production se présente sous un double point de vue. Premièrement elle diminue le prix de marchandises et par cela même la valeur de la force de travail. Secondement, elle modifie le rapport entre la plus-value et le capital avancé, c est-à-dire la somme de valeur de scs parties constantes et variables. Nous ne traiterons ce dernier point que dans le troisième livre do cet ouvrage. La marche de l’analyse nous commande ce morcellement de notre sujet; il est d’ailleurs conforme à l’esprit de la production capitaliste. Là les conditions du travail apparaissent indépendantes du travailleur ; leur économie se présente donc comme quelque chose qui lui est étranger et tout à fait distinct des méthodes qui servent à augmenter sa productivité personnelle.

Quand plusieurs travailleurs fonctionnent ensemble en vue d’un but commun dans le même procès de production ou dans des procès différents mais connexes, leur travail prend la forme coopérative *.

De même que la force d’attaque d’un escadron de cavalerie ou la force de résistance d’un régiment d’infanterie diffère essentiellement de la somme des forces- individuelles, déployées isolément par chacun des cavaliers ou fantassins, de même la somme des forces mécaniques d’ouvriers isolés diffère de lu force mécanique qui se développe dès qu’ils fonctionnent conjointement et simultanément dans une même opération indivise, qu’il s’agisse par exemple de soulever un fardeau, de tourner une manivelle ou d’écarter un obstacle’ . Dans de telles circonstances le résultat du travail commun ne pourrait être obtenu par le travail individuel, ou ne le serait qu après un loug laps de temps ou sur une échelle tout à fait réduite. Il s’agit non-seulement d augmenter les forces productives individuelles mais de créer par le moyen de la coopération une force nouvelle ne fonctionnant que comme force collective1 * 3 * * *.

A part la nouvelle puissance qui résulte delà fu-

i Concours de forces. • ( Destult de Tracy, 1. c., p- 7?d

. Il y a une multitude d’opérations d’un genre si simy

es n’admettent pas la moindre division parcellaire t

nt être accomplies sans la coopération

lins : le chargement d’un gros arhrt faitsJ ,jM mains

pie.... en un mot tout ce qui ne p m6mc acle in

reuses ne s’aident pas entre e es .flid A y,ew 0f

et dans le même temps • (* *• '“‘j

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. Oti’il sajrisse de soulever uri J , ; .

,e°ne le pourra j-oint, 10 hommes seront obliges de faire forts ' mais 100 hommes y parviendront aisément avec le Joigt. * (John Bellers : l'rufOsalt /or rauvny a coUcd'je ustry. Lond. 1096, p. 21*

i i rotiscs forces en une force commune, mou de nom ^ p,.0<juft une émulation et une

1,5 Tiilion d.-s esprits animaux (animal spirits) qui lèvent la capacité individuelle d’exécution assez ,m’L,ne douzaine de personnes fournissent dans {’ur journée combinée de 144 heures un produit beaucoup plus grand que douze ouvriers isolés dont chacun travaillerait douze heures, ou qu’un seul ouvrier qui travaillerait douze jours de suite1. Cela vjftjit do co fjiic l'homme est pur nature, sinon un animal politique, suivant l’opinon d’Aristote, mais dans tous les cas un animal social *.

Quand même des ouvriers opérant ensemble feraient en même temps la même besogne, le travail .le chaque individu en tant que partie du travail collectif, peut représenter une phase différente dont J évolution est accélérée par suite de la coopération. Quand douze maçons font la chaîne pour faire passer des pierres de construction du pied d’un échafaudage à son sommet, chacun d’eux exécute la même manœuvre, et néanmoins toutes les manœuvres individuelles, parties continues d’une opéraration d’ensemble, forment diverses phases par lesquelles doit passer chaque pierre et les vingt-quatre mains du travailleur collectif la font passer plus vite que no le feraient les deux mains de chaque ouvrier isolé montant et descendant l’échafaudage*. Le temps dans lequel l’objet de travail parcourt un espace donné, est donc raccourci.

Une combinaison de travaux s’opère encore, bien que les coopérants fassent la même besogne ou des besognes identiques, quand ils attaquent l’objet de leur travail de différents côtés à la fois. Douze maçons, dont la journée combinée compte 144 heures de travail, simultanément occupés aux diflérenls côtés d’une bâtisse, avancent l’œuvre beaucoup plus rapidement que ne le ferait un seul maçon en douze jours ou en 144 heures de travail. La raison est que le travailleur collectif a des yeux et des mains par devant et par derrière et se trouve jusqu à un certain point présent partout. C’est ainsi que des parties dillérentes du produit séparées par 1 espace, viennent à maturité dans le môme temps.

Nons n avons fait que mentionner les cas où les ouvriers se complétant mutuellement, font la même

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? fermer. JLoml. 1773, p. 7, 8.) que ^ommr«tno'AliSl,0lU CSt. à Pl0Pl'e“>«nt parler celle-ci, v‘lle. Kilo caractérisé ,Vat,‘rtl .c,.loïeu>. c’est-à-dire habitant de la définition de t'n„ir f"tlq!,,l,tc classi(Iue tout aussi bien que bricant d’outils . UÎA: b lomrile ost naturellement un fait. V. o. Skari ê''uactél‘lse le Yankee, ris, 1870, t. I, p.J 07,’o8^°r<ade‘' richex*et ‘ocialet. 2> édit. Pa

besogne ou des besognes semblables. C’est la plus simple forme de la coopération, mais elle se retrouve, comme élément, dans la forme la plus développée.

Si le procès de travail est compliqué, le seul nombre des coopérateurs permet de répartir les diverses opérations entre différentes mains, de les faire exécuter simultanément et de raccourcir ainsi le temps nécessaire à la confection du produit 1 .

Dans beaucoup d’industries il y a des époques déterminées, des moments critiques qu il faut saisir pour obtenir le résultat voulu. S agit-il de tondre un troupeau de moutons ou d engranger la récolte, la qualitéet la quantité du produit dépendent de ce que le travail commence et finit à des termes fixes. Le laps de temps pendantlequel le travail doit s’exécuter est déterminé ici par sa nature même comme dans le cas de la pèche aux harengs. Dans le jour naturel l’ouvrier isolé ne peut tailler qu’une journée de travail, soit une de douze heures ; mais la coopération de cent ouvriers entassera dans un seul jour douze cents heures de travail. La brièveté du temps disponible est ainsi compensée par la masse du travail jetée au moment décisif sur le champ de production. L’effet produit à temps dépend ici de l’emploi simultané d’un grand nombre de journées combinées et l’étendue de l’effet utile du nombre des ouvriers employés*. C’est faute d'une coopération de ce genre que dans l’ouest des États-Unis des masses de blé, et dans certaines parties de l’Inde où la domination anglaise a détruit les anciennes communautés, des masses de coton sont presque tous les ans dilapidées*.

La coopération permet d’agrandir l’espace sur lequel le travail s’étend ; certaines entreprises, comme le dessèchement, l’irrigation du sol, la construction de canaux, de routes, de chemins de fer, etc., la réclament à ce seul point de vue. D’autre part, tout en développant l’échelle de la production, elle permet de rétrécir l’espace où le procès du travail s’exécute. Ce double effet, levier si puissant dans l’économie de faux frais, n’est dù qu’à l’agglomération des travailleurs, au rapprochement d’opérations diverses, mais connexes, et à la concentration des moyens de production *.

1. « Est-il question d’exécuter un travail compliqué? Plusieui-s choses doivent être faites simultanément. L’un en fait une, pendant que l’autre en fait une autre, et tous contribuent à l’effet qu’un seul n’aurait pu produire. L’un rame pendant que l’autre tient le gouvernail, et qu’un troisième jette le filet ou harponne le poisson, et la pèche a un succès impossible sans ce concours. » ( Destutt de Tracy, 1. o.)

2. « L’exécution du travail (en agriculture) précisément aux moments critiques, est d’une importance de premier ordre. » (An Inquinj into lhe Connection between the présent price, etc.) • En agriculture, il n’y a pas de facteur plus important que le temps. » (Liebig : Uebcr Théorie and Praxis in der Landwirlhschaft, 1856, p. 23.)

3. « Un mal que l’on ne s'attendrait guère à trouver dans un pays qui exporte plus de travailleurs que tout autre au monde, à l’exception peut-être de la Chine et de l’Angleterre, c’est l’Impossibilité de se .procurer un nombre suffisant de mains pour nettoyer le coton. Il en résulte qu’une bonne part de la moisson n’est pas recueillie et qu’une autre partie une fois ramassée se décolore et pourrit. De sorte que faute de travailleurs à la saison voulue, le cultivateur est forcé de subir la perte d une forte part de cette récolte que l’Angleterre attend avec tant d’anxiété. » ( liengal Ihircuru By Uonthly Overland Summary of News, 22 JiUy 1861.)

4. « Avec le progrès de la culture tout, et plus peut-être que

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