‹ Le capital T. 1Chapitre 213 sur 357 · c. p. 3‘27.)1 d° P autes indigènes, etc. ( Ougald Stewa · texte numérisé non relu

c. p. 3‘27.)1 d° P autes indigènes, etc. ( Ougald Stewa

>• d doit aussi jurer qu'il ne fera point connaître à l’acll

En fait, les différentes branches d’industrie, issues spontanément de la division du travail social, formaient les unes vis-à-vis des autres autant d’enclos qu’il était défendu au profane de franchir. Elles gardaient avec une jalousie inquièteles secrets de leur routine prolessionnelle dont la théorie restait une énigme même pour les initiés.

Ce voile, qui dérobait aux regards deà hommes le fondement matériel de leur vie, la production sociale, commença à être soulevé durant l’époque manufacturière et fut entièrement déchiré à l’avénement de la grande industrie. Son principe qui est de considérer chaque procédé en lui-même et de l’analyser dans ses mouvements constituants, indépendamment de leur exécution par la force musculaire ou l’aptitude manuelle de l’homme, créa la science toute moderne de la technologie. Elle réduisit les configurations de la vie industrielle, bigarrées, stéréotypées et sans lien apparent, à des applications variées de la science naturelle, classifiées d’après leurs différents buts d’utilité.

La technologie découvrit aussi le petit nombre de formes fondamentales dans lesquelles, malgré la diversité des instruments employés, tout mouvement productif du corps humain doit s’accomplir, de même que le machinisme le plus compliqué ne cache que le jeu des puissances mécaniques simples.

L’industrie moderne ne considère et ne traite jamais comme définitif le mode actuel d’un procédé. Sa base est donc révolutionnaire, tandis que celle de tous les modes de production antérieurs était essentiellement conservatrice1. Au moyen de machines, de procédés chimiques et d’autres méthodes, elle bouleverse avec la hase technique de la production les fonctions des travailleurs et les combinaisons sociales du travail, dont elle ne cesse de révolutionner la division établie en lançant sans interruption des masses de capitaux et d’ouvriers d’une branche de production dans une autre

Si la nature même de la grande industrie nécessite le changement dans le travail, la fluidité des fonctions, la mobilité universelle du travailleur, elle reproduit d’autre part, sous sa forme capitaliste, l’ancienne division du travail avec ses particularités ossifiées. Nous avons vu que cette contradiction absolue entre les nécessités techniques de la grande industrie et les caractères sociaux qu’elle

teur, pour faire valoir ses marchandises, les défauts de celles mal confectionnées, dans l’intérêt commun de la corporation.

1. • La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de travail et par cela même les rapports de la production et tout l’ensemble des rapports sociaux. Le maintien de leur mode traditionnel de production était au contraire la première condition d’existence de toutes les classes industrielles antérieures. Ce qui distingue donc l’époque bourgeoise de toutes les précédentes, c’est la transformation incessante de ta production, l’ébranlement continuel des situations sociales, l'agitation et l’incertitude éternelles. Toutes les institutions fixes, rouillées, pour ainsi dire, se dissolvent avec leur cortège d’idées et de traditions que leur antiquité rendait respectables, toutes les nouvelles s lisent avant d’avoir pu se consolider. Tout ce qui paraissait solide et fixe s’évapore, tout ce qui passait pour saint est profané, et les hommes sont enfin forcés d envisage i un œi froid leurs diverses positions dans la vie et eurs lappor s réciproques. » (F. Engels und Karl llarx : ilawfesl der Kommunislischm Partei. London, 1848, D. 5.1

revêt sous le régime capitaliste, finit par détruire toutes les garanties de vie du travailleur, toujours menacé de se voir retirer avec le moyen de travail les moyens d existence ‘ et d’être, rendu lui-même superflu par la suppression de sa fonction parcellaire; nous savons aussi que cet antagonisme fait naître la monstruosité d’une armée industrielle de réserve, tenue dans la misère afin d être toujours disponible pour la demande capitaliste ; qu’il aboutit aux hécatombes périodiques de la classe ouvrière, à la dilapidation la plus effrénéè des forces de travail et aux ravages de l’anarchie sociale, qui fait de chaque progrès économique une calamité nublioue.. C’est là le côté négatif.

Mais si la variation dans le travail ne s’impose encore qu a la façon d’une loi physique, dont î’action, en se heurtant partout à des obstacles1 2 3 * * * * * *, les brise aveuglément, les catastrophes mêmes que fait naître la grande industrie imposent la nécessité de reconnaître le travail varié et, par conséquent, le plus grand développement possible des diverses aptitudes du travailleur, comme une loi de la production moderne, et il faut à tout prix que les circonstances s’adaptent au fonctionnement normal de cette loi. C’est une question de vie ou de mort. Oui, la grande industrie oblige la société sous peine de mort à remplacer l’individu morcelé, porte-douleur d’une fonction productive de détail, par l’individu intégral qui sache tenir tête aux exigences les plus diversifiées du travail et ne donne, dans des fonctions alternées, qu’un libre essor à la diversité de ses capacités naturelles ou acquises.

La bourgeoisie, qui en créant pour ses fils les écoles polytechniques, agronomiques, etc., ne faisait pourtant qu’obéir aux tendances intimes de la production moderne, n’a donné aux prolétaires que l’ombre de / Enseignement professionnel. Mais si la législation de fabrique, première concession arrachée de haute lutte au capital, s’est vue contrainte de combiner l’instruction élémentaire, si misérable qu’elle soit, avec le travail industriel, la conquête inévitable du pouvoir politique par la classe ouvrière va introduire l’enseignement de la technologie , pratique et théorique, dans les écoles du peuple s.

1. « Tu prends ma vie 3i tu me ravis les moyens par lesquels je vis. » ( Shakespeare .)

2. Un ouvrier français écrit à son retour de San Francisco : « Je n’aurais jamais cru que je serais capable d’exercer tous les métiers que j’ai pratiqués en Californie. J’étais convaincu qu’en dehors de la typographie je n’étais bon à rien.... Une fois au milieu de ce monde d’aventuriers qui changent de métier plus facilement que de chemise, je fis, ma foi, comme les autres. Comme le travail dans les mines ne rapportait pas assez, je le plantai là et me rendis à la ville où je fus tour à tour typographe, couvreur, fondeur en plomb, etc. Après avoir ainsi lait l'expérience que je suis propre à toute espèce de travail, je me sens moins mollusque et plus homme. •

3. Vers la fin du dix-septième siècle, John Béliers, l’écono-

miste le plus éminent de son temps, disait de l’éducation qui ne renferme pas le travail productif :

« La science oisive ne vaut guère mieux que la science de l'oisiveté.... Le travail du corps est une institution divine, primitive.... Le travail est aussi nécessaire au corps pour le main-

tenir en santé que le manger pour le maintenir en vie; la

peine qu’un homme s’épargne en prenant ses aises, il la re-

trouvera en malaises.... Le travail remet de l’huile dans la

lampe de la vie ; la pensée y met la flamme. Lne besogne en-

fantine et niaise laisse à l’esprit des enfants sa niaiserie. *

Il est hors de doute que de tels ferments do transrm.it ton, dont le terme final est la suppression do £nnejlvi8ion du travail, se trouvent, on cou

du si ri 10'î ^agra^e av(!c ,e mode capitaliste de l’itit AT - “ miheU économique oit il

vi ier. Mais la seule voie réelle, par lLuolle un mode de production et l’organisatim, sociale qui |„i correspond marchent à leur dissolution et à leur métamorphosé, est le développement historique ,1e leurs antagonismes immanonls. C’est là le serrel du mouvement historique que les doctrinaires rnistes ou soc.alislos, ne veulent pas comprendre

Ne sutor vitra crepidam ! Savetier, reste à k s)valc ! Ce nec plus ultra de la sagesse du métier m de. la manufacture, devient démence et malédiciioi, le jour où l’horloger Watt découvre la machine à vapeur, le. barbier Arkwright le métier continu, et l’orfèvre Fui Ion le bateau à vapeur.

Parles règlements quelle impose aux fabriques, aux manufactures, etc., la législation ne semble s’ingérer que dans les droits seigneuriaux du <m pital, mais dès qu’elle touche au travail à domicile il y a empiètement, direct, avoué, sur la pttlrin /«/testas, on phrase moderne, sur l'autorité des parents, et les pères conscrits du parlement anglais ont longtemps affecté de reculer avec horreur devant cet a limitât contre la sainte institution de la famille. Néanmoins, on ne se débarrasse pas des faits par des déclamations. Il fallait enfin reconnaître qu’< n sapant les fondements économiques de la famille ouvrière, la grande industrie en a bouleversé toutes les autres relations. Le droit des enfants dut être proclamé.

« C’est un malheur, » est-il dit à ce sujet dans le rapport final de la Chüd.Empl. Commission, publié en 186(1, « c’est un malheur, mais il résulte de l’ensemble des dispositions des témoins, que les enfants des deux sexes n’ont contre personne aulanl besoin de protection que contre leurs parents. •• Le système de l’exploitation du travail des enlnnfs en général et du travail à domicile en particulier, se perpétue, par i’aulorité arbitraire et Inneste, sans frein et sans contrôle, que les parents exercent sur leurs jeunes et tendres rejetons .... Il ne doit pas être permis aux parents de pouvoir, d une manière absolue, faire de leurs enfants de pures machines, à seule lin d’en tirer par semaine tant et tant de salaire... Les enfants et les adolescents ont le droit d’être protégés par la législation contre l’abus de l’autorité paternelle qui ruine prématurément leur force physique et les fait descendre b.w. bas sur l’échelle des êtres moraux et intellectuels . »

Ce n’est lias cependant l’abus de 1 autorité p«teinelle qui a créé l’exploitation de l’enlanco.c esl tou t au contraire l’exploitation capitaliste qui a fa finérer cette autorité en abus. Du reste, a -

«i«*> «r iSJJïe! l

la grande industrie a fait ,'nLl de ce dissolfemmes et (les enfants par P d'autrefois, une vaut radical de la lamille ouvrière

„ , />, raisinv » Colledge f>f l.idustry

ÿ535 ÆHS WW e—. “• >• **•

lklVchild.Empl.Comm. V *ep..*M*v,n. «*.

p. xxxvni, n. T6b, 2t>9, p- x:«S »• *- *•

économique, l’aveu quelle a converti l’au- Zrhi Lernello en un appareil du mécanisme social, I , é à fournir, directement ou indirectement, au .'ul'istc les enfants du prolétaire lequel, sous peine deCort, doit jouer son rôle d’entremetteur et de marchand d’esclaves? Aussi tous les efforts de cette législation no prétendent-ils qu à réprimer les excès de ce système d’esclavage.

Si terrible et si dégoûtante que paraisse dans le milieu actuel la dissolution des anciens liens de iarnille *, la grande industrie, grâce au rôle décisif qu'elle assigne aux femmes et aux enfants , en dehors du cercle domestique, dans des procès de production socialement organisés, n’en crée pas moins la nouvelle base économique sur laquelle s’élèvera une forme supérieure de la famille et des relations entre les sexes. Il est aussi absurde de considérer comme absolu et définitil le mode germano-chrétien de la famille que ses modes oriental, grec et romain, lesquels forment d’ailleurs entre eux une série progressive. Même la composition du travailleur collectif par individus de deux sexes et de tout âge, cette source de corruption et d’esclavage sous le règne capitaliste, porte en soi les germes d’une nouvelle évolution sociale2. Dans l’histoire, comme dans la nature, la pourriture est le laboratoire de la vie.

La nécessité de généraliser la loi de fabrique, de la transformer d’une loi d’exception pour les filatures et les tissanderies mécaniques, en loi de la production sociale, s’imposait à l’Angleterre, comme on l'a vu, par la réaction que la grande industrie exerçait sur la manufacture, le métier et le travail à domicile contemporains.

Les barrières mêmes que l’exploitation des femmes et des enfants rencontra dans les industries ràjlementèrs , poussèrent à l’exagérer d’autant plus dans les industries soi-disant libres i .

Enfin, les « réglementés » réclament hautement légalité légale dans la concurrence, c’est-à-dire dans le droit d’exploiter le travail 4.

Ecoutons à ce sujet deux cris partis du cœur. MM. \V. Cookslcy, fabricants de clous, de chaînes, etc., a Bristol, avaient adopté volontairement les prescriptions de la loi de fabrique. « Mais comme 1 ancien système irrégulier sc maintient dans les étal disse me nts voisins, ils sont exposés au désagiemenl de voiries jeunes garçons qu’ils emploient attires (eniiced) ailleurs à une nouvelle besogne apres six heures du soir. C’est là, s’écrient-ils naturellement, une injustice à notre égard et de plus uni pti le pour nous, car cela épuise une partie des otees de notre jeunesse dont le profit entier nous appartient . » M. J. Simpson (fabricant de boîtes et de sacs de papier, à Londres) déclare aux commissaires de la Cliild. Empl. Comm., « qu’il veut bien

Page 1