‹ Le capital T. 1Chapitre 226 sur 357 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

(le la plus-value, soit do l’équivalent do la force ouvrière, présuppose donc une variation de leurs grandeurs relatives ou proportionnelles. Il est impossible quelles augmentent ou diminuent toutes les deux simultanément.

Toute variation dans la productivité du travail amène une variation en sens inverse dans la valeur de la force de travail. Si le surcroît de productivité permet de fournir en quatre heures la même masse de subsistances qui coûtait auparavant six heures, alors la valeur de la force ouvrière va tomber de trois francs à deux; mais elle va s’élever de trois francs à quatre, si une diminution de productivité exige huit heures de travail où il n’en fallait auparavant que six.

Enfin, comme valeur de la force de travail et plus-value changent de grandeur en "sens inverse l’une de l’autre, il s’ensuit que l’augmentation de productivité, en diminuant la valeur de la force de travail, doit augmenter la plus-value, et que la diminution de productivité, en augmentant la valeur de la force de travail, doit diminuer la plus-value.

En formulant cette loi. Ricardo a négligé un point important. Quoique la plus-value — ou le surtravail — et la valeur de la force de travail — ou le travail nécessaire — ne puissent changer de grandeur qu’en sens inverse, il ne s’ensuit pas qu’ils changent dans la même proportion. Sila valeur de la force de travail était de quatre francs ou le temps de travail nécessaire de huit heures , la plus-value de deux francs ou le surtravail de quatre heures, et que, par suite d’une augmentation de productivité, la valeur de la force de travail tombe à trois francs ou le travail nécessaire à six heures, alors la plus-value montera à trois francs ou le surtravail à six heures.

Cette même quantité de deux heures ou d’un franc, qui est ajoutée à une partie et retranchée de l’autre, n’affecte pas la grandeur de chacune dans la même proportion. En même temps que la valeur de la force de travail ne tombe que de quatre francs à trois, c’est-à-dire d’un quart ou de vingt-cinq pour cent, la plus-value s’élève de deux francs à trois, c’est-à-dire de moitié ou de cinquante pour cent.

En général : donné la longueur de la journée ainsi que sa division en deux parts, celle du travail nécessaire et celle du surtravail, l’accroissement proportionnel de la plus-value, dû à une augmentation de productivité, sera d’autant plus grand, que la part du surtravail était primitivement plus petite, et le décroissement proportionnel de la plusvalue, dû à une diminution de productivité, sera d’autant plus petit , que la part du surtravail était primitivement plus grande.

3° L’ augmentation ou la diminution de la plusvalue est toujours l'effet et jamais la cause de la diminution ou de l’augmentation parallèles de la valeur de la force de travail *.

a proilucliil est clair inic

La journée de travail est de grandeur constante et rend constamment la même valeur, qui se divise en équivalent de la force de. travail et en plus-vauc, chaque changement dans la grandeur de la plus-value est accompagné d’un changement inverse dans la valeur de la force de travail, et cette, valeur

nf. P°Ut chnn.Scr d« grandeur qu’en conséqueneo d une variation survenue dans la prod vite du travail Uans ces données, il est c est la variation de la productivité du travail oui en premier lieu, fait augmenter ou diminuer la viieur de la force de travail, tandis que le mouwineni ascendant ou descendant de celle-ci entraîne de son côte le mouvement de la plus-value en sens inverse fout changement dans le rapport de. grandeur e.nlro la plus-valuo et la valeur de la force de travail provient donc toujours d’un changement dans là grandeur absolue de celle-ci.

Nous avons supposé que h journée de douze heures produit une valeur totale de six francs, qui se divise en quatre francs, valeur de. la force de travail, et en une plus-value de deux francs. En d’autres termes, il y a huit heures de travail nécessaire et quatre de surtravail. Que la productivité du travail vienne à doubler, alors l’ouvrier n’aura pin-; besoin que de la moitié du temps qu'il lui fallait jusque-là pour produire l’équivalent de sa subsistance quotidienne. Son travail nécessaire tombera de huit heures à quatre, et par là son surtravail s’élèvera de quatre heures à huit; de même la valeur de sa force tombera de quatre francs à deux, et cette, baisse fera monter la plus-value de deux francs à quatre.

Néanmoins, cette loi, d’après laquelle le prix de la force de travail est toujours réduit à sa valeur, peut rencontrer des obstacles qui ne lui penneUenL de se réaliser que jusqu’à certaines limites. Le prix de laforce detiavailnepeutdescendrcqu’à3fr. 80e., 3 fr. 40 c., 3 fr. 20 c., etc., de sorte que la plus-value ne moDte qu’à 2 fr. 20 c., 2 fr. 60 c., 2 ir. 80 c., etc. Le degré de la baisse, donL la limite minima est deux francs, nouvelle valeur de la Ion.'' de travail, dépend du poids relatil que la pression du capital d’une part, la résistance de 1 ouvriei < <■ l’autre, jettent dans la balance.

La valeur de la force de travail est déterminée par la valeur des subsistances nécessaires à l’entretien de l’ouvrier, lesquelles changent de valeur suivant le degré de productivité du travail. Uans notre exemple, si, malgré le doublement de la productivité du travail, la division de la journée en travail necessaire et surtravail restait la rnêrrie, 1 ou'.ru.i rcevrait toujours quatre francs et le capiU is <

mais chacune de ces sommes achèterait à* .J ^ plus de subsistances qu’au paravant. hie i ■ m * I. Iore« de trav.il «« '. "“t serait élevé au-dessus de sa valeur. S il tomo

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à la Iim - go, 3 fr- 40, 3 fr. 20, etc., ce

décroîs*301 représenterait cependant une masse érieure de subsistances. Avec un accroissement continuel dans la productivité du travail, le prix de )a force de travail pourrait ainsi tomber de plus en plus, en même, temps que les subsistances à la disposition de l’ouvrier continueraient à augmenter. Mais, même dans ce cas, la baisse continuelle dans le prix de la force de travail, en amenant une hausse continuelle de laplus-value, olargiraitl’abîme entre les conditions de vie du travailleur et du capitaliste1.

Les trois lois que nous venons de développer ont. été rigoureusement formulées, pour la première fois, par Ricardo; mais il commet l’erreur de faire des conditions particulières dans lesquelles elles sont vraies, les conditions générales et exclusives de la production capitaliste. Pour lui, la journée de travail ne change jamais de grandeur ni le travail d’intensité, de sorte que la productivité du travail reste le seul facteur variable Ce n'est pas tout. A l’instar de tous les autres économistes, il n’est jamais parvenu à analyser la plus-value en général , indépendamment de ses formes particulières, prolit , rente foncière, etc. II confond le taux de la plus-value avec le taux du profit, et traite, par conséquent, celui-ci comme s’il exprimait directement le degré d’exploitation du travail. Nous avons déjà indiqué2 que le taux du prolit est la proportion de la plus-value avec le total du capital avancé, tandis que le taux de la plus-value est la proportion de la plus-value avec la partie variable du capital avancé. Supposez qu’un capital de 500 1. st. (C) se décompose en malières premières, instruments, etc., d’une valeur de 400 1. st. (c), et en 1001. st. payés aux ouvriers (u), •lu’en outre la plus-value (p) est de i 00 1. st.; alors

|,1| r i 100 1. St.

le. taux de la plus-value, - = ; = cent

’ u 100 1. st.

pour cent; mais le taux du profit = ^ ^ st-

~ vingt pour cent. A part celte différence de grandeur, il cal évident que le taux du prolit peut être ■illectc par des circonstances tout à fait étrangères :m taux de la plus-value, .le démontrerai plus lard, dans le troisième livre, que donné ie taux de la plus- V’1 l,uux prolit. peut varier indéfiniment, !!t 'l“c doi’Ul‘ Jc tallx du profit, il peut correspondre

aux taux de plus-value les plus divers.

Données : Durée et productivité du travail constantes, Intensité variable.

l*t sa productivité augmente, le travail rond clans le même temps plus de produits, mais non plus de uleur. Si son intensité croit, il reud dans le même

T alU'riUion. 3 dans la productivité •ournu Vni;“,qU U,,.° ‘»u".",rte donnée do travail et de cap laires peut sens’iM !* ,U°mS d.® Plodmls> ,a proportion des celle proportion il.''"?6111 vanur> ,andi* que la quantité varier tandis l'HSl'nle veste la même, ou la quantité p

rk” {0utlinc

temps non-seulement plus de produits, mais aussi plus de valeur , parce que l’excédant de produits provient alors d’un excédant de travail.

Sa durée et sa productivité étant données, le travail se réalise donc en d’autant plus de valeur que son degré d’intensité dépasse celui de la moyenne sociale. Gomme la valeur produite durant une journée de douze heures, par exemple, cesse ainsi d’être constante et devient variable, il s’ensuit que plusvalue et valeur de la force de travail peuvent varier dans le même sens, l’une à côté de l’autre, en proportion égale ou inégale. La même journée produit-elle huit francs au lieu de six, alors la part de l’ouvrier et celle du capitaliste peuvent évidemment s’élever à la fois de trois francs à quatre.

Une pareille hausse dans le prix de la force de travail n’implique pas qu’elle est payée au-dessus de sa valeur. La hausse de prix peut au contraire être accompagnée d’une baisse de valeur. Gela arrive toujours quand l’élévation du prix ne suffit pas pour compenser le surcroît d’usure de la force de travail. On sait que les seuls changements de productivité qui influent sur la valeur de la force ouvrière sont ceux qui affectent des industries dont les produits entrent dans la consommation ordinaire de l’ouvrier. Toute variation dans la grandeur, extensive ou intensive, du travail affecte au contraire la valeur de la force ouvrière, dès qu’elle en accélère l’usure.

Si le travail atteignait simultanément dans toutes les industries d’un pays le même degré supérieur d’intensité, cela deviendrait désormais le degré d’intensité ordinaire du travail national et cesserait d’entrer en ligne de compte. Cependant, même dans ce cas, les degrés de l'intensité moyenne du travai resteraient différents chez diverses nations et modifieraient ainsi la loi de la valeur dans son application internationale, la journée de travail plus intense d’une nation créant plus de valeur et s’exprimant en plus d’argent que la journée moins intense d’une autre*.

Données : Productivité et intensité du travai! constantes. Durée du travail variable.

Sous le rapport de la durée, le travail peut varier en deux sens, être raccourci ou prolongé. Nous obtenons dans nos données nouvelles les lois que voici :

1° La journée de travail se réalise , en raison directe de sa durée, en une valeur plus ou moins grande — variable donc et non constante.

2° Toute variation dans le rapport de grandeur entre la plus-value et la valeur de la force de travail provient d'un changement dans la grandeur absolue du surtravail, et, par conséquent , de la plus-value.

1.» A conditions égales, le manufacturier anglais peu ca*l'i un temps donné exécuter une bien plus grande e

travail que le manufacturier étranger, au point < c e balancer la différence des journées de travail, la semaine comptant ici soixante heures, mais ailleurs s0'*a'' ®T* ^,0,u

quatre-vingts, * [Heports of Insp. of Fact. for dis . - ,

p. lia.)

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