‹ Le capital T. 1Chapitre 248 sur 357 · CHAPITRE XXlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXlll

La reproduction de la classe ouvrière implique l’accumulation de son habileté, transmise d’une génération à l’autre *. Que cette habileté figure dans l’inventaire du capitaliste, qu’il ne voie clans l’existence des ouvriers qu’une manière d’être de son capital variable, c’est chose certaine et qu’il ne se gêne pas d’avouer publiquement dès qu’une crise le menace de la perte de cette propriété précieuse.

Par suite de la guerre civile américaine et de la crise cotonnière qui en résulta, la plupart des ouvriers du Lancashire et d autres comtés anglais furent jetés sur le pave. Ils demandaient ou 1 assistance de l'Etat ou une souscription nationale volontai re pour faciliter leur émigration. Ce cri de détress retentissait de toutes les parties de l’Angleterre Alors M. Edmond Polter, ancien président de la chambre de commerce de Manchester, publia, dan le Times du 29 mars 1863, une lettre qui fut à juste titre qualifiée dans la Chambre des Communes de i manifeste des fabricants 1 2. » Nous en citeron quelques passages caractéristiques où le droit de propriété du capital sur la force de travail est in solemment revendiqué.

« On dit aux ouvriers cotonniers qu’il y en a beaucoup trop sur le marché.... qu’en réduisant leur nombre d’un tiers, une demande convenable serait assurée aux deux autres tiers.... L’opinion publique persiste à réclamer l’émigration.... Le maître (c’est-à-dire le fabricant dateur, etc.) ne peut pas voir de bon gré qu’on diminue son app-.-. visionnement de travail; à son avis c’est un procédé aussi injuste que peu convenable. .. Si l’émigration reçoit l’aide du trésor public, le maître a certainement le droit de demander à être entendu et peutêtre de protester. »

Le même Potter insiste ensuite sur l’utilité hors ligne de l’industrie cotonnière; il raconte qu’elle a « indubitablement opéré le drainage de la surpopulation de l’Irlande et des districts agricoles anglais », qu’elle a fourni en 1866 cinq treizièmes de tout le commerce d’exportation britannique, qu’elle va s’accroître de nouveau en peu d’années, dès que le marché, surtout, celui de l’Inde, sera agrandi, et dès qu’elle obtiendra « une quantité de coton suffisante à 6 d. la livre.... Le temps, ajoute-t-il, un an, deux ans, trois ans peut-être, produira la quantité nécessaire.... Je voudrais bien alors poser cette question : Celte industrie vaut-elle qu’on la maintienne; est-ce la peine d’en tenir en ordre le machinisme (c’est-à-dire les machines de travail vivantes), ou plutôt n’est-ce pas la folie la plus extravagante que de penser à le laisser échapper? Pour moi, je le crois. Je veux bien accorder que les ouvriers ne sont pas une propriété (« I allow that the workers are not a properly »), qu’ils ne sont pas la propriété du Lancashire et des patrons; mais ils sont

1. * La seule chose dont on puisse dire qu’elle est réellement accumulée c’est l’habileté du travailleur.... L’accumulation de travail habile, cette opération des plus importantes, s’accomplit pour ce qui est de la grande masse des travailleurs san? le moindre capital. • (Hod'gskin, Labour Dcfended, etc..’ p. 13.)

2. Ferrand. Motion sur la disette cotonnière, scance de k Chambre des Communes du 27 avril 1863.

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W. la orc.no do» travailler», « | “ sera largement déprécié, et le capital circulant ne s exposera pas a la luth- avec „„ maigre approvi sionnemcnt de travail d espèce inférieure. ... 0:i nous dit que les ouvriers eux-mêmes désirent lYmi

giation. Gela est très-naturel de leur pari Hé-

dtiisez, comprimez l’industrie du coton eu lui enle vant sa force de travail (by talcing away ils workinr: power), diminuez ta dépense tnt salaires il ou tiers ou de cinq millions de livres sterling, et que deviendra alors la classe immédiatement supérieure, celle des petits boutiquiers? Et la renie foncière, et. la location des cottages? Que deviendront le petit, fermier, le propriétaire de maisons, le propriétaire foncier? Et dites-moi s'il peut y avoir un plan plus meurtrier pour toutes les classes du pays, que celui qui consiste à affaiblir la nation en exportant ses rneil-

urs ouvriers de fabrique, et en d'qiréciant une p^. iL, de son capital le plus productif et de sa ri chesse?... Je propose un emprunt de cinq à si . millions, réparti sur deux ou irois années, admi nistré par des commissaires spéciaux, qu'on adjoin drait aux administrations des pauvres dans les dis tricts cotonniers, réglementé par une loi spéciale <• accompagné d'un certain travail forcé, dans le hui de maintenir la valeur morale des receveurs d’aumônes.... Peut-il y avoir rien de pis pour les propriétaires fonciers ou maîtres fabricants (cnn anything be worsc for landowners or masters) que de laisser partir leurs meilleurs ouvriers et. de démoraliser et indisposer ceux qui restent par une vaste émigration 2 qui fait, le vide dans une province entière, vide de valeur et vide de capital. »

Potter, l’avocat choisi des fabricants, dislm/ne donc deux espèces de machines, qui toutes deux

1 . On se rappelle que le capital chant* >ur une autre k: ...vv dans les circonstances ordinaires, quand d s’agit de n.re baisser le salaire du travail. Alors» les maîtres • sccre-.e tout d’une voix (V, chap. xv) :

. Les ouvriers de fabrique feraient très-bien de se «ouver. que leur travail est des plus inférieurs; qu h n en ':■■■■ H» plus facile à apprendre et de mieux pavé, vu ^ qnabte, car ^ suffit du moindre temps et du moindre *f,prenl ‘ -

acquérir toute l’adresse voulue, tes machin ^ ^

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