Tenth Report Of the Commissioners of Ireland Revenue
Lond., 186G. ,
2. Le revenu total annuel, sous la categorie D, s écarté ici de la table qui précède, à cause de certaines déductions légalement admises.
de terres, a diminué considérablement le produit du S0 c.tl m algré l agrandissement de la superficie consacrée a l’élève du bétail, a amené dans quelquesunes de ses branches une décadence absolue, et dans
cm'ïe"!,n pr?gH’sàrnc '««"« tl’élro mentionné, est constamment interrompu par des reculs Neanmoms, au fur et à mesure de la décroissant dé a population, Jos revenus du sol elles prolits des lermiers se. sont élevés en progression al inné ces derniers cependant avec moins de. régularité.' 1 a raison en est facile à comprendre. IVune narl en e lot, l absorption des petites fermes par les grandes et la conversion de terres arables en pâturages mettaient do convertir en produit nul une plus grande partie du produit brut. Le produit net grandissait quoique le produit brut, dont il forme une fraction’ diminuai. D autre part, la valmir numéraire do c<* produit net s devait plus rapidement que sa masse, par suite de la hausse que les prix de la viande, de la laine, etc. , subissaient sur le marché anglais durant les vingt et plus spécialement les dix dernières années.
Des moyens de production éparpillés, qui fournissent aux producteurs eux-mêmes leur occupation et leur subsistance, sans que jamais le travail d autrui s’y incorpore et les valorise, ne sont pas plus capital que le produit, consommé par son propre producteur n’est marchandise. Si donc la masse des moyens de production engagés dans l'agriculture, diminuait en même temps que la masse de la population, par contre, la masse du capital employé augmentait, parce qu’une partie des moyens de production auparavant éparpillés s’étaient convertis en capital.
Tout le capital de l'Irlande employé en dehors de l’agriculture, dans l’industrie et le commerce, s’accumula pendant les vingt dernières années lentement et au milieu de lluctuations incessantes. L:i concentration de ses éléments individuels n eu fut que plus rapide. Enfin, quelque faible qu'en ait été l’accroissement absolu, il parait toujours assez considérable en présence de la dépopulation progressive.
Là se déroule donc, sous nos yeux et sur une grande échelle, un mouvement à souhait, plus beau que l’économie orthodoxe il eût pu 1 imaginer pour justifier son fameux dogme que la misère provient de l’excès absolu de la population et que '|,n 1 JÏX se rétablit par le dépeuplement. Là nous passons par une expérience bien autrement importante : au point de vue économique, que celle dont le trn n. du quatorzième siècle fut témoin lors de la peste noire, taut fêtée par les Malthusiens. Du reste, prétendre vouloir appliquer aux conditions ”-'J ' iniques du dix-neuvième siècle, et a son de population correspondant, un „t
quatorzième siècle, c esi une a* '«l 2 . Vi-Jurope,
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quatorzième siècle, c'est une ne. - |-j.juror,<d’autre part, citer cette pes1*. tout à fuit opsans savoir qu’elle lut suiwe l’érudi-
posés sur les deux à l’en-
Uon d ^^‘^j.^anchissement des cultivateurs; ncbissement et 1 afir : t : jfcur asservis-
en France à leur appauvrissent , sement plus complet*.
, . L’Irlande étant traitée comme la terre promise du • pria-
„ de 1846 tua en Irlande plus d un La famine ®.e jnaia ce notait que des million J4’,",„‘V1El|è ne porta aucune atteinte di- ,la',eTla richesse du pays. L’exode qui s’ensui- Wt lequel dure depuis vingt années et grandit toujours, décima les hommes, mais non- comme 1 avait fait en Allemagne, par exemple, la guerre de trente aD8 —leurs moyens de production. Le geme irlandais inventa une méthode toute nouvelle pour enlever un peuple malheureux à des milliers de lieues du théâtre de sa misère. Tous les ans les émigrants transplantés en Amérique envoient quelque argent au pays; ce sont les frais de voyage des parents et des amis. Chaque troupe qui part entraîne le depart d’une autre troupe l’année suivante. Au lieu de coûter à l’Irlande, l’émigration forme ainsi une des branches les plus lucratives de son commerce d'exportation. Enfin, c’est un procédé systématique qui ne creuse pas seulement un vide passager dans les rangs du peuple, mais lui enlève annuellement plus d’hommes que n’en remplace la génération, de sorte que le niveau absolu de la population baisse d’année en année*.
Et pour les travailleurs restés en Irlande et délivrés de la surpopulation, quelles ont été les conséqiicnf.es? Voici : il y a relativement la même surabondance de bras qu’avant 1846^ le salaire réel est aussi bas, le travail plus exténuant et la misère des campagnes conduit de rechef le pays à une nouvelle crise. La rnison en est simple. La révolution agricole a marché du même pas que l’émigration L’excès relatif de population s’est produit plus vite que sa diminution absolue. Tandis qu’avec l’élève du bétail la culture des récoltes vertes, telles que légumes, etc., qui occupe beaucoup de bras, s’accroît en Angleterre, elle décroît en Irlande. Là de vastes champs autrefois cultivés sont laissés en friche ou transformés en pâturages permanents, en même temps qu’une portion du sol naguère stérile etinculte et des marais tourbeux servent à étendre l’élevage du bétail. Du nombre total des fermiers, les petits et les moyens — je range dans cette catégorie tous ceux qui ne cultivent pas au delà de cent acres — forment encore les huit dixièmes *. Ils sont de plus en plus écrasés par la concurrence de l'exploitation agricole capitaliste, et fournissentsans cesse de nouvelles recrues à la classe des journaliers.
La seule grando industrie de l’Irlande, la fabri- SZ:: f .to^B> n emploie qu’un petit nombre pi. 8 11 s> et malgré son expansion, depuis 1 endettement du coton, n'occupe en général
™ VT,lati°n,’ M' ,Th' Sadler- avant de publier 1Ur té rdl / d|P?piliat!0nj lança contro Malthus son fan i\re . Irdaml, Us Evils a?id tticir Hemcdies, 2“ cd. Lond. 1
ou il prouve par la statistique comparée des différentes vmees do l'Irlande et des divers districts de ccs provinces nom r?'C 1 6Sl panout> 11011 Bn raison directe de la densil »oiUnvèrsé.COmUle *“ V°Ul Ma,l,lus’ mais> au contraire, et
iRtîSRî. 1851 à 1874> 16 nombre total des
IreiandVin, dtisfrLl^P .d,onn.éo Par Murphy dans son li
toutes les fermes aT*d Social’ 1810> 94,6 -,
passent. 65 " aUc,Snent pas cent acres, et 5, 4 •/. i*
qu’une partie proportionnellement, peu importante de la population. Gomme toute autre grando industrie, elle subit des fluctuations fréquentes, des secousses convulsives, donnant lieu à un excès relatif de population, lors même que la masse humaine quelle absorbe va en croissant. D’autre part, la misère de la population rurale est devenue la base sur laquelle s'élèvent de gigantesques manufactures de chemises et autres, dont l’armée ouvrière est éparse dans les campagnes. On y retrouve le système déjà décrit du travail à domicile, système où l’insuffisance des salaires et l’excès de travail servent de moyens méthodiques de fabriquer des « surnuméraires ». Enfin, quoique le dépeuplement ne puisse avoir en Irlande lesmêmes effets que dans un pays de production capitaliste développée, il ne laisse pas de provoquer des contre-coups sur le marché intérieur. Le vide que l’émigration y creuse nonseulement resserre la demande de travail local, mais la recette des épiciers, détaillants, petits manufacturiers, gens de métier, etc., en un mot, de la petite bourgeoisie, s’en ressent. De là cette diminution des revenus au-dessus de soixante livres et au-dessous de cent, signalée dans la table E.
Un exposé lucide de l’état des salariés agricoles se trouve dans les rapports publiés en 1870 par les inspecteurs de l’administratiou de la loi des pauvres en Irlande *. Fonctionnaires d’un gouvernement qui ne se maintient dans leur pays que grâce aux baïonnettes et àl’état de siège, tantôt déclaré, tantôt dissimulé, ils ont à observer tous les ménagements de langage dédaignés par leurs collègues anglais ; mais, malgré cette retenue judicieuse, ils ne permettent pas à leurs maîtres de se bercer d’illusions.
D’après eux, le taux des salaires agricoles, toujours très-bas, s’est néanmoins, pendant les vingt dernières années, élevé de cinquante à soixante pour cent, et la moyenne hebdomadaire en est maintenant de six à neuf shillings.
Toutefois, c’est en effet une baisse réelle qui se déguise sous cette hausse apparente, car celle-ci ne correspond pas à la hausse des objets de première nécessité, comme on peut s’en convaincre par l’extrait suivant tiré des comptes officiels d’un workliouse irlandais :
Moyenne hebdomadaire des frais d'entretien par tête .
Année
Vivres.
Vêtements.
Total.
Finissant le 29 sep-
Flnissant le 29 sep-
Le prix des vivres de première nécessité est donc actuellement presque deux fois plus grand qu’il y a vingt ans, et celui des vêtements a exactement doublé.
A part cette disproportion, co serait s’exposer a commettre de graves erreurs que de comparer sim-
1. Reports /Vont thé Pbàt Lato Inspeciors on the wages o f Agricnlturul Labourers in Dublin, 1870. Oomp. au si Ayntu lurat Labourers (Iretand) Retum, etc., dated 8 Marcü moi, I.ond., 1SC2.