‹ Le capital T. 1Chapitre 318 sur 357 · L. C., p. 3tl · texte numérisé non relu

L. C., p. 3tl

n continuant à déprimer le taux des des villes, tout en nt agr;culteurs et sont contraires url)a,”*;.6s dans les campagnes à la restamment renvois

■chfirchCnnnrtcurs officiels résument ainsi la situation Ski des salariés agricoles : « Bien qu ils «vent

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Z'X ' frugalité la plus rigoureuse, leurs salaires avec ia i g . , 1 à. eux et a leurs

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d'autres ' recettes pour les frais de vêtement .... l’at- 1 . J. 1 ,l«rv.nni-ni! rmnmnce avec (1 ;

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familles, 1» nourri.ure «Uc fÇTÎÎLl ‘"fit

mosphere de leurs demeures, combinée avec d auties privations, a rendu cette classe particulièrement suelte au typhus ou à la phthisie * ». Apres cela, on ne s’étonnera pas que, suivant le témoignage una niine des rapporteurs, un sombre mécontentement pénètre les rangs de cette classe, qu’elle regrette le passé, déteste le présent, ne voie aucune chance de salut dans l'avenir, « se prête aux mauvaises influences des démagogues », et soit possédée de 1 idee fixe d’émigrer en Amérique. Tel est le pays de Cocagne que la dépopulation, la grande panacée malthusienne, a fait de la verte Erin.

Quant aux aises dont jouissent les ouvriers manufacturiers, en voici un échantillon ; « Lors de nia récente inspection du nord de l’Irlande », dit 1 inspecteur de fabrique Robert Baker, « j’ai été frappé des efforts faits par un habile ouvrier irlandais pour donner, malgré l’exiguité de ses moyens, de l’éducation à ses enfants. C’est une bonne main, sans quoi il ne serait pas employé à la fabrication d’articles destinés pour le marché de Manchester. Je vais citer littéralement les renseignements que Johnson (c’est son nom) m’a donnés : « Je suis « bcctler; du lundi au vendredi je travaille depuis « six heures du malin jusqu’à onze heures du soir; « le samedi nous terminons vers six heures du soir, « et nous avons trois heures pour nous reposer et « prendre notre repas. J’ai cinq enfants. Pour tout « mon travail je reçois 10 s. 6 d. par semaine. Ma « femme travaille aussi et gagne par semaine 5 s. « La fille aînée, âgée de douze ans, gardé la mai- « son. C’est notre cuisinière et notre seule aide. Elle “ apprête les petits pour l’école. Ma femme se lève « et part avec moi. TJno jeune fille qui passe devant « notre maison me réveille à cinq heures et demie « du matin. Nous ne mangeons rien avant d’aller « au travail. L’enfant de douze ans a soin des plus « jeunes pendant toute la journée. Nous déjeunons « a huit heures, et pour cela nous allons chez nous. *■ •'°"s prenons du thé une fois la semaine; les

“ nr8.n0“? ilV0ns une bouillie (stirabout),

• tantôt de larme d avoine, tantôt de farine de maïs,

« -aman que nos moyens nous le permettent. En •• v or. nous avons un peu de sucre et d’eau avec « »ol,o forme de maïs. En été, nous récoltons « quelques pommes de terre sur un petit bout de « terrain que nous cultivons nous-mêmes, et quand « il n y en a plus nous revenons à la bouillie. C’est « comme cela d’un bout de l’an à l’autre, dimanches « et jours ouvrables. Je suis toujours très-fatigué le

« 2nU,7 .lo1* ma j°urnée nie. Il nous arrive t lqueiois de V0lr un brin de viande, mais bien

*• L c., p. îi. )3

« rarement. Trois de nos enfants vont à l’école- « nous payons pour chacun 1 d. par semaine. Le « loyer de notre maison est de 3 d. par semaine.

« La tourbe pour le chauffage coûte au moins « 1 s. 6 d. tous les quinze jours ». Voilà la vie de l’Irlandais, voilà son salaire1. »

En fait, la misère irlandaise est devenue de nouveau le thème du jour en Angleterre. A la fin de 1866 et au commencement de 1867, un des magnats de l’Irlande, lord Dufferin, voulut bien y porter remède, dans les colonnes du Times , s’entend. « Quelle humanité, dit Méphisto, quelle humanité chez un si grand seigneur! »

On a vu par la table E qu’en 1864, sur les 4 368 610 1. st. du profit total réalisé en Irlande, trois fabricants de plus-value en accaparèrent 262 610, mais qu’en 1865 les mêmes virtuoses de « l’abstinence », sur 4 669 979 1. st., en empochèrent 274,448. En 1864, 646 377 1. st. se distribuèrent entre vingt-six individus ; en 1865 736 4481. st. entre vingt-huit; en 1864, 1 066 212 1. st. entre cent vingt et un; en 1865, 1 320 996 1. st. entre cent quatre-vingt-six ; en 1864, 1131 individus encaissèrent 2 150 818 1. st., presque la moitié du profit total annuel, et en 1865, 1194 fauteurs d’accumulation s’approprièrent 2 418933 1. st., c’està-dire plus de la moitié de tous les profits perçus dans le pays.

La part léonine qu’en Irlande, comme en Angleterre et en Écosse, un nombre imperceptible de grands terriens se taillent sur le revenu annuel du sol, est si monstrueuse que la sagesse d'Etat anglaise trouve bon de ne pas fournir sur la répartition de la rente foncière les mêmes matériaux statistiques que sur la répartition du profit. Lord Dufferin est un de ces Léviathans. Croire que rentes foncières, profits industriels ou commerciaux, intérêts, etc., puissent jamais dépasser la. mesure, ou que la pléthore de richesse se rattache en rien à la pléthore de misère, c’est pour lui naturellement une manière de voir aussi extravagante que malsaine ( unsound, ); Sa Seigneurie s’en tient aux faits. Le fait, c’est qu’à mesure que le chiffre de la population diminue en Irlande celui de la rente foncière y grossit ; que le dépeuplement « fait du bien » aux seigneurs du sol, partant au sol, et conséquemment au peuple qui n’en est qu'un accessoire. Il déclare donc qu’il reste encore trop d’Irlandais en Irlande et que le flot de l’émigration n’en emporte pas assez. Pour être tout à fait heureux, il faudrait que ce pays fût débarrassé au moins d’un autre tiers de million de paysans. Et que l’on ne s’imagine pas que ce lord, d'ailleurs très-poétique, soit un médecin de l’école de Sangrado qui, toutes les fois que le malade empirait, ordonnait une nouvelle saignée, jusqu'à ce

1. « Such is Irish life and such are Irish wages. » L’inspecteur Baker ajoute au passage cité cette réflexion : * Comment ne pas comparer cet habile artisan à l’air maladif arec les puddleurs du sud du StafTordshire, florissants et bien muscles, dont le salaire hebdomadaire égale et souvent dépasse e^re venu de plus d’un gentleman et d’un savant, mais^ qui, nean moins, restent au niveau du mendiant et comme intelligence et comme conduite. . (Rpts of Insp. of fact for Si october 1867, p. SG, 97.

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