‹ Le capital T. 1Chapitre 331 sur 357 · Iïollingshed : Description of England, vol. I, p · texte numérisé non relu

Iïollingshed : Description of England, vol. I, p

• « Sous lo règne d’Edouard VI, » remarque un champion ue s capitalistes, l’auteur de VEssay on Irade, etc., 1770, « les anglais semblent avoir pris à cœur l’encouragement des mastaiu* r6S 6t ^’0CCUPatl0n des pauvres, comme le prouve un a. romarquablc où il est dit que tous les vagabonds doivent tire marques du fer rouge, etc. . (1. c., p. 8).

mort sans miséricorde comme félons. On trouve d’autres statuts semblables : 18 Elisabeth, 13 ch et en 1597. Sous le règne aussi maternel que virginal de « Queen Bess, » on pendit les vagabonds par fournées, rangés en longues files. Il ne se passait pas d’année qu’il n’y en eût trois ou quatre cents d’accrochés à la potence dans un endroit ou dans l’autre, dit Strype dans ses Annales; d’après lui, le Somersetshîre seul en compta en une année quarante d’exécutés, trente-cinq de marqués au fer rouge, trente-sept de fouettés et cent quatre-vingttrois — « vauriens incorrigibles — » de relâchés. Cependant, ajoute ce philanthrope, « ce grand nombre d’accusés ne comprend pas le cinquième des crimes commis, grâce à la nonchalance des juges de paix et à la sotte compassion du peuple... Dans les autres comtés de l’Angleterre, la situation n’était pas meilleure, et, dans plusieurs, elle était pire1. »

Jacques Ier : tous les individus qui courent le pays et vont mendier sont déclarés vagabonds, gens sans aveu. Les juges de paix (tous, bien entendu, propriétaires fonciers, manufacturiers, pasteurs, etc., investis de la juridiction criminelle), à leurs sessions ordinaires, sont autorisés à les faire fouetter publiquement et à leur infliger six mois de prison à la première récidive et deux ans à la seconde. Pendant toute la durée de l’emprisonnement ils peuvent être fouettés aussi souvent et aussi fort que les juges de paix le trouveront à propos.... Les coureurs de pays rétifs et dangereux doivent être marqués d’une R sur l’épaule gauche, et, si on les reprend à mendier, exécutés sans miséricorde et privés de l’assistance du prêtre. Ces statuts ne furent abolis qu’en 1714.

En France, où vers la moitié du dix-septième siècle les truands avaient établi leur royaume et fait de Paris leur capitale, on trouve des lois semblables. Jusqu’au commencement du règne de Louis XVI (ordonnance du 13 juillet 1777), tout homme sain et bien constitué, âgé de seize à soixante ans, et trouvé sans moyens d’existence et sans profession, devait être envoyé aux galères. Il en est de même du statut de Gharles-Quint pour les Pays-Bas, du mois d’octobre 1537, du premier édit des états et des villes de Hollande, du 19 mars 1694, do celui des Provinces- Unies, du 25 juin 1649, etc.

C’est ainsi que la population des campagnes, violemment expropriée et réduite au vagabondage, a été rompue à la discipline qu’exige le système du salariat par des lois d’un terrorisme grotesque, par le fouet, la marque au fer rouge, la torture et l’esclavage. .

Ce n’est pas assez que d’un côté se présentent les conditions matérielles du travail, sous forme de capital, et de l’autre des hommes qui n’ont rien à vendre, sauf leur puissance de travail. Il ne suffit pas non plus qu’on les contraigne par la force à se

1. John Strype M. A. .< Annal* of the Reformation a»- • blishment of Religion, and other various occurrences m tüe Church of England during Oucen Elisabeth’s Happy Reign. - La seconde édition de 1725 fut encore publiée par 1 auteur lui-méme.

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