‹ Le capital T. 1Chapitre 5 sur 357 · I,E GA1*1TAL · texte numérisé non relu

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Vins Pire marchandise. Quiconque, par son " , ' ses propres besoins, ne crée qu’une

KS Ir d’nVeo personnelle. Pour produire des mnrtlmidises ii doit non-seulement produire des valem s d'usage, mais des valeurs d’usage pour d’aun-, -s des valeurs d’usage sociales. , Enfin, aucun olde't ne peut être une valeur s’il n’est une chose utile. S’il est inutile, le travail qu’il renferme est dépensé inutilement et conséquemment ne créé pas de valeur.

Double

caractère (lu travail présenté par la marchandise

Au premier abord, la marchandise nous est apparue comme quelque chose à double lace, valeur d’nsîigc et valeur d’échange. Ensuite nous avons vu que dès que le travail productif s’exprime dans la valeur, tous les caractères qui le distinguaient des videurs d’usage disparaissent. J’ai le premier mis en relief ce double, caractère du travail représenté dans la marchandise*. Comme l’économie politique pivote autour de ce point, il nous faut ici entrer dans de plus amples détails.

Prenons deux marchandises, un habit, par exemple, et 10 mètres de toile; admettons que la première ait deux fois la valeur de la seconde, de sorte que si 10 mètres de toile = x, l’habit = 2x.

L'habit est une valeur d’usage qui satisfait un besoin particulier. Il provient d’un genre particulier d’activité productive, déterminée par son but, par son mode, d’opération , son objet, ses moyens et. son résultat. Le travail qui se manifeste dans l'utilité ou la valeur d’usage de son produit, nous le nommons tout simplement travail utile. A ce point de vue, il est toujours considéré par rapport à son rendement.

Le même que l’habit et la toile sont deux choses utiles difléronlcs, de même le travail du tailleur, qui lait. 1 habit, se. distingue de celui du tisserand, qui lait de la toile. Si ces objets n’étaient pas des \.deurs dusage de qualité diverse et par conséquent des produits du travaux utiles de diverse qualité, ils ne pourraient se faire vis-à-vis comme marchandises. L’habit ne, s’échange pas contre

I lui, U, une. valeur d’usage contre la même valeur u lisage.

A i ensemble des valeurs d’usage de toutes sores, correspond un ensemble de travaux utiles énalemeiit varies, distincts de genre, d’espèce, de famdlcs - une division sociale du travail. - Sans elle pas de production de marchandises, bien que la production des marchandises ne soit point réciproquijinent indispensable à la division sociale du travail. La us la vieille communauté indienne, le travail cut socudeinent divisé sans que les produits devienllmu' marchandises. Ou , pour prendre ' 1 l'Xeln',le b1''» familier, dans chaque fabrique le

U'C'P- t‘b 13 et passtrn.

travail est soumis à une division systématique; mais cette division ne provient pas de ce que les travailleurs échangent réciproquement leurs produits individuels. Il n’y a que les produits de travaux privés et indépendants les uns des autres qui se présentent comme marchandises réciproquement échangeables.

C’est donc entendu: la valeur d’usage, de chaque marchandise recèle un travail utile spécial ou une activité productive qui répond à un Lut particulier. Des valeurs d’usage ne peuvent se faire face comme marchandises que si elles contiennent des travaux utiles de qualité différente. Dans une société dont les produits prennent en général la forme marchandise, c’est-à-dire clans une société où tout producteur'doit être marchand, la différence entre les genres divers des travaux utiles qui s’exécutent indépendamment les uns des autres pour le compte privé de producteurs libres, se développe en un système fortement ramifié, en une division sociale du travail.

Il est d’ailleurs fort indifférent à l’habit qu’il soit porté par le tailleur ou par ses pratiques. Dans les deux cas, il sert de valeur d’usage. De même le rapport entre l’habit et le travail qui le produit n’est pas le moins du monde changé parce que sa fabrication constitue une profession particulière, et qu’il devient un anneau de la division sociale du travail. Dès que le besoin de se vêtir l’y a forcé, pendant des milliers d’années, l’homme s’est taillé des vêtements sans qu’un seul homme devînt pour cela un tailleur. Mais toile ou habit, n’importe quel élément de la richesse matérielle, non fourni par la nature, a toujours dû son existence à un travail productif spécial ayant pour but d’approprier des matières naturelles à des besoins humains. En tant qu’il produit des valeurs d’usage, qu’il est utile, le travail, indépendamment do toute forme de société, est la condition indispensable de l’existence de l’homme, une nécessité éternelle, le médiateur de la circulation matérielle entre la nature et l’homme.

Les valeurs d’usage, toile, habit, etc., c’est-à-dire les corps des marchandises, sont des combinaisons do doux éléments, matière et travail. Si l’on en soustrait la somme totale des divers travaux utiles qu’ils recèlent, il reste toujours un résidu matériel, un quelque chose fourni parla nature et qui ne doit rien à l’homme.

L’homme ne peut point procéder autrement que la nature elle-même, c’est-à-dire il no fait que changer la forme des matières'. Bien plus, dans cette œuvre de simple transformation, il est encore

1. " Tous les phénomènes de l’univers, qu’ils émanent de l’homme ou des lois générales de la nature, ne nous donnent pas l’idée de création réelle, mais seulement d’une modification de la matière. Réunir et séparer — voilà les seuls éléments que l’esprit humain saisit en analysant l’idée de la reproduction. C’est aussi bien une reproduction de valeur (va leur d’usage, bien qu’ici Vcrri, dans sa polémique contre les phvsiocrates , ne sache pas lui-mOme de quelle sorte de valeur il parle) et de richesse, que la terre, l’air et l’eau se transforment en grain ou que la maiude l’homme convertisse Jaglutine d’un insecte en soie, ou lorsque des pièces do métal s'organisent par un arrangement do leurs atomes. » (Pietro Vcrri : Mcdilazmni sulla Econamia politica ; imprimé pour la première fois en H73 dans l’édition dos économistes italiens de Custodi, parle moderna, l. XV, p. 22.)

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