‹ Le capital T. 1Chapitre 74 sur 357 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

de ma force que tu me payes par jour, forme

! ou - - — de sa valeur totale. La consom-

rnes-tu dans dix ans, eh bien! tu he payes, dans ce

cas, chaque jour, que -—g au lieu de — de sa

valeur entière, c’est-à-dire tu ne me payes que */3 de sa valeur journalière, tu me voles donc chaque jour de ma marchandise. Tu payes une force de travail d’un jour quand tu en uses une de trois. Tu violes notre contrat et la loi des échanges. Je demande donc une journée de travail de durée normale, et je la demande sans faire appel à ton cœur, car, dans les affaires, il n’y a pas de place pour le sentiment. Tu peux être un bourgeois modèle , peut-etre membre de la société protectrice des animaux, et, par-dessus le marché, en odeur de sainteté ; peu importe. La chose que tu représentes vis-à-vis de moi n’a rien dans la poitrine ; ce qui semble y palpiter, ce sont les battements de mon propre cœur. J’exige la journée de travail normal, parce que je veux la valeur de ma marchandise, comme tout autre vendeur*.

Gomme on le voit, à part des limites tout élastiques, la nature même do l’échange des marchandises n’impose aucune limitation à la journée de travail, et au travail extra. Le capitaliste soutient son droit comme acheteur, quand il cherche à prolonger cette journée aussi longtemps que possible et à faire deux jours d’un. D’autre part, la nature spéciale de la marchandise vendue exige que sa consommation par l’acheteur ne soit pas illimitée, et le travailleur soutient son droit comme vendeur quand il veut restreindre la journée de travail à une durée normalement déterminée. Il y a donc ici une antinomie, droit contre droit, tous deux portent le sceau de la loi qui règle l’échange des marchandises. Entre deux droits égaux qui décide? La Force. Voilà pourquoi la réglementation de la journée de travail se présente dans l’histoire de la production capitaliste comme une lutte séculaire pour les limites de la journée de travail, lutte entre le capitaliste, c’està-dire la classe capitaliste, et le travailleur, c’està-dire la classe ouvrière.

Le Capital affamé de surtravail. — Boyard et Fabricant

Le capital n’a point inventé le surtravail. Partout où une partie de la société possède le monopole des moyens de production, le travailleur, libre ou non, est forcé d’ajouter au temps de travail nécessaire à son propre entretien un surplus destiné à produire la subsistance du possesseur des

l . Pendant la grande agitation des ouvriers en bàtiinent à

Londres, 1860-61, pour la réduction de la journée de travail à

9 heures, leur comité publia un manifeste qui contient à peu de

choso près le plaidoyer de noire travailleur.il y est fait allusion,

non sans ironie, à ce que Sir M. Peto, le maître entrepreneur

le plus âpre au gain, devenu depuis célébré par sa gigantesque

banqueroute, était en odeur de sainteté.

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la barbarie de l’esclavage et du servage. Tant que la production dans les États du sud de l’Union américaine était dirigée principalement vers la satisfaction des besoins immédiats, le travail des nègres présentait un caractère modéré et patriarcal. Mais à mesure que l’exportation du coton devint l’intérêt vital de ces États, le nègre fut surmené et la consommation de sa vie en sept années de travail devint partie intégrante d’un système froidement calculé. Il ne s’agissait plus d’obtenir de lui une certaine masse de produits utiles. Il s’agissait de la production de la plus-value quand même. Il en a été de même pour le serf, par exemple dans les principautés danubiennes.

Comparons maintenant le surtravail dans les fabriques anglaises avec le surtravail dans les campagnes danubiennes où le servage lui donne une lut me indépendante et qui tombe sous les sens.

Élant admis que la journée do travail compte 6 heures de travail nécessaire et 6 heures de travail

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