‹ Le Caractère naturel du délugeChapitre 1 sur 16 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

GARÂGTâRBS ESSENTIELS DU DELUGE

La Genèse* nous présente le déluge comme un événement providentiel, c'est-à-dire voulu de Dieu dans un but moral déterminé.

Ce caractère nioral de Tévénement se retrouve, comme nous Je verrons, sinon dans tous les récits du déluge, au moins dans le plus grand nombre d'entre eux ^.

Partant de là, il y a deux manières d'envisager le déluge : Cet événement providentiel dans 50w but, a pu être naturel ou miraculeux dans son essence, c'est-à-dire dans son mode de production. Pour atteindre son but. Dieu a pu procéder par la voie du miracle ou bien, au contraire, se servir des forces de la nature en les laissant agir selon les lois qu'il leur avait posées dès le commencement du monde.

Les deux opinions ont cours parmi les exégètes, aucune définition dogmatique n'est intervenue dans la question, par conséquent la discussion reste libre.

L'exégèse ancienne. — On peut dire que l'opinion qui considère le déluge comme un événement miraculeux a été, sinon générale, du moins prépondérante dans Tancienne exégèse.

Durant l'époque des Pères, à travers le moyen âge et jusqu'au milieu du XYIII^ siècle, aucun système scientifique sérieux n'avait pu être établi et le miracle restait, en somme, la seule solution satisfaisante 3. L'énumération suivante montrera jusqu'à quel point il avait pris possession de l'exégèse. Les Pères trouvaient déjà quelques points miraculeux dans le récit biblique du déluge, mais depuis eux, le nombre de ces points s'était

' VI, 1 à 13 et 18; vu, 1 ; viii, 21 ; ix, 1 à 17.

» Voir notre étude : Le caractère moral du déluge.

9 Motais, Le Déluge biblique, pages 209 à 219,

considérablement accru *. Bien des systèmes scientifiques avaient été essayés, mais les sciences naturelles étaient encore trop imparfaites pour donner de bons résultats, et la plupart de ces systèmes disparaissaient à peine éclos. Découragé par récliec de sa théorie, l'auteur abandonnait la recherche scientifique et proclamait miraculeux le point qu'il n'avait pu réussir à expliquer. Ajnsi , chaque fois qu'un système scientifique échouait, c'était un nouveau miracle qui s'introduisait dans l'exégèse du texte, et cela, le plus souvent, sans raison autre que l'échec d'une première tentative d'explication. Voilà comment, petit à petit, on arriva à la prodigieuse liste qui va suivre. Nous l'empruntons à M. l'abbé Motais (Déluge hiblique, page 210) :

1. Miracle de la prophétie du déluge et de la révélation à Noé des desseins de Dieu. Il forme, aux yeux de tous, la base du récit.

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