IV. — Suisse
Le problème de l’emploi des carburants forestiers se pose en Suisse de façon contradictoire.
D’une part, il permettrait l'amélioration des conditions économiques de la forêt qui souffre d’un manque d’écoulement du bois de feu, dont les propriétaires forestiers — un grand nombre de communes en particulier — subissent les répercussions.
D'autre part, 1l diminuerait le rendement de la douane fédérale et les bénéfices des revendeurs de carburants liquides. D'ailleurs l’achat d’huiles minérales est une monnaie d’échange pour les exportations suisses.
Ainsi s'explique l'attitude toute passive du gouvernement fédéral en la matière. Cependant un certain nombre de cantons ont accordé aux voitures à gazogènes des réductions d'impôts.
Quoi qu'il en soit, étant donné le prix élevé de l’essence, l’utilisation du gaz des forêts apparaît comme fort économique.
La propagande en faveur du gaz forestier est dirigée par l’Association Suisse d'Economie Forestière, et la « Lignum », organisation de propagande pour la valorisation du bois.
La première a organisé en particulier un service de ravitaillement en bois carburant le long des principales routes de Suisse. Moyennant l’engagement de se conformer à certaines exigences de qualité et de se fournir en gros auprès de fournisseurs spécifiés,
(4) Le ministère de l’agriculture a récemment acheté 5 nouveaux tracteurs à gazogène qui serviront à l’application en Autriche du plan de 4 ans.
les dépôts ont le droit d’arborer un panonceau spécial de modèle déposé.
Ce n’est que tout récemment que le charbon de bois a été utilisé par certains gazogènes, 6àr la Suisse n’en produit que très peu et à un prix élevé.
Les P. T. T. ont plusieurs autobus à gazogène en service, et l’armée en a tout récemment acheté quelques-uns pour essai.
En 1937, la circulation des véhicules à gazogène s’établissait ainsi :
Nombre de voitures Nombre de voitures
en service en transformation Deutzi (bois) frere Eerr 5 à Imbert bois) PE RE 80 42 Sabatier (charbon de bois) . 5 5 LOTUS ANA ENT EE 90 20
Il en existerait actuellement environ 120 à 130.
Il semble que le développement doive s’accentuer à l’avenir.
Depuis quelques années, des recherches très intéressantes et très poussées ont été faites pour une meilleure utilisation du bois de chauffage, en particulier par M. l’Inspecteur forestier Aubert, qui a mis au point une chaudière de chauffage central alimentée au gaz des forêts.