RETZ ET LES JANSÉNISTES
rieùx, est fort au-dessous de ma conduite et de ma dignité (46 février 1682)*. »
Il faut que Retz ait eu une bien grande confiance dans la crédulité de la cour de Rome pour qn il ait osé lui tenir un* langage qui jurait si impudemment avec sa conduite.
Le coadjuteur ayant été promu au cardinalat dans le consistoire du 19 février, et la lettre ci-dessus ayant été expédiée le 16, il est manifeste que l^abbé Charrier ne put en faire usage à temps. Ce n'est pas trop présumer non plus de sa prudence que de croire qu'il se garda bien de la montrer après coup. Pendant que le coadjuteur était sur le point de bouleverser la chrétienté de fond en comble , si on lui refusait le chapeau, il semait le bruit parmi les jansénistes qu'il ne faisait aucune démarche pour l'obtenir. Il soutenait même qu'il avait écrit à Rome a une lettre de mépris , mais si adroite qu'il leur faisait bien voir qu'en ne le faisant pas cardinal, ils n'y gagneraient pas * » .
^ J*ai publié cette letlre pour la première fois dans ua Mémoire intitulé : Le Cardinal et les Jansénistes^ qui figure dans TAppeadioe du tome V de la dernière édition de Port-Royal, par Sainte- Beure.
* Journaux manuscrits du docteur Deslyons, solitaire de Port-Ro,^al (Communication de Sainte-Beuve). Rappelons, à propos de cette lettre, un passage assez peu cluir des Mémoires de Rets qui peat donner lieu à plusieurs interprétations : « Je Tai recherchée (cette lettre) pour l'insérer ici, dit-il, et je ne l'ai pu retrouTer. La sagesse de Tabbé Charrier, qui la supprima à Rome, fit qu^elle me donna de riionneur par l'événement, parce que tout ce qui est haut et audacieux est toujours justifié, et même consacré par le succê», • Il résulte évidemment de ce passage que la lettre fut montrée, mais le (\it-elle à Rome comme elle le fut à coup sur à Paris? J'avai» pensé d'ubord, ainsi que Sainte-Beuve, que Ret2 avait cru quVUir Ip