‹ Le cardinal de Retz et l'affaire du chapeauChapitre 190 sur 218 · VEBSION DE GUY JOLY · texte numérisé non relu

VEBSION DE GUY JOLY

vocation de cette nomination-là, elle Tavait voulu prévenir pour accomplir le désir qu'elle avait de faire ce seigneur cardinal... Yous saurez au reste, ajoutait-il, que la promotion de M. le Goadjuteur ayant obligé M. l'ambassadeur d'en aller remercier le Pape, l'on espère qu'elle produira le rétablissement de ses audiences, nonobstant tant de dégoûts sur%'enus entre lui et Sa Sainteté... » L'ambassadeur ajoutait de son côté que plusieurs des cardinaux promus ce jour-là* disaient hautement qu'ils en avaient obligation au coadjuteur de Paris, au moins pour une anticipation de quelques jours. Enfin le bailli annonçait à Brienne qu'il verrait le pape le lendemain matin, « laquelle audience, ajoutait-il, m'a été accordée avec une civilité extraordinaire ».

Écoutons maintenant le récit de Guy Joly, conté d'une manière si spirituelle : « Le pape, dit-il, se résolut tout d'un coup (dans la crainte que la nomination du coadjuteur fût révoquée) d'avancer la promotion, après avoir tiré un écrit de M. l'abbé Charrier, par lequel il s'engageait d'en tirer un du coadjuteur, tel qu'il le désirait. Cette résolution, quoique fort secrète, ne laissa pas de pénétrer aux oreilles du bailli de Yalançay, qui, ayant ordre de révoquer la nomination en cas de besoin, envoya aussitôt demander audience le dimanche au soir pour le lundi matin. L'audience lui ayant été ac-

^ C'étaient, outre le coadjuteur, Santa-Croce, Tarchevéque de Seville, Ottoboni, Fabio Chigi, Corrado, Baccio Aldobraadini, Lomel- Uni, Omodei, et le landgrave de Darmstadt, de Tordre de Malte, lequel menait une vie pour le moins aussi licencieuse que celle du coadjuteur.

Page 1