ARRESTATION DES PRINCES
l'autre avaient le plus gi*aad empire sur Tesprit du duc d'Orléans, que la cour gagna ce prince au projet d'arrestation de Condé, du prince de Conti et du duc de Longueville. Depuis longtemps, Gaston nourrissait une secrète envie contre le jeune héros et redoutait fort son influence. Ce qu'il y eut d'inexplicable, c'est que Mazarin, après s'être assuré le concours de tous ceux qui auraient pu mettre obstacle à son projet, perdit cinq ou six jours avant de l'exécuter. Les frondeurs en vinrent aux menaces pour le déterminer à l'action. Ce.coup de vigueur dut lieu le 18 janvier 1650, au Palais-Royal, et sur l'heure les princes furent conduits à Vincennes. Le Parlement, qui avait eu fort à se plaindre des'hauteurs de Condé, souscrivit au coup d'État par son silence (22 janvier). Peu de jours après, il renvoyait absous le coadjuteur et le duc de Beaufort de Taccusation intentée contre eux par M. le prince.
Mazarin, qui avait d'abord consenti sans difficulté à la disgrâce de La Rivière , fit tout à coup réflexion que, si l'abbé restait au Luxembourg, il pourrait être le plus sérieux obstacle à la faveur naissante du coadjuteur auprès du duc d'Orléans et à ses prétentions au cardinalat. Il résolut donc de tenter de le maintenir auprès de son maître. Il fallait s'assurer avant tout des dispositions du coadjuteur, à qui le sacrifice de La Rivière avait été formellement promis. Mazarin , pour le sonder, lui dépêcha le secrétaire des commandements Lionne ; mais Retz , qui saisit sans peine le jeu du cardinal, exigea que Tabbé fût renvoyé et que sa nomination au cardinalat fût surle-champ révoquée. Bon gré, mal gré, Mazarin fut