Lettres et papiers d'État, VI
1694, reléguée au château de Chàteauroux1. — Elle céda le duché de Fronsac à Armand-Jean, duc de Richelieu.
Cousins et cousines du Cardinal.
Richelieu avait plusieurs cousins et cousines, dont quatre ont été i'ohjet de soins particuliers.
Charles de la Porte, marquis puis duc de la Meilleraye, maréchal de France, grand maître de l'artillerie1, était cousin germain du Cardinal, dont la mère était une de la Porte. M. de la Meilleraye fut un habile général, dont Richelieu n'eut qu'à se louer. Envoyé, en 1634, tenir les États de Bretagne, le Cardinal lui faisait dire : « Il considérera que ce qu'il m'est l'oblige d'autant plus étroitement à s'acquitter avec une satisfaction générale de cette commission, que chacun estimera que ses actions auront pour principe mes conseils et mes sentiments, et partant l'honneur ou le déshonneur en retournera autant sur moi que sur lui-même5 ».
i. Coiidé n'avait épousé la nièce de Richelieu que contraint et forcé. Il l'avait toujours méprisée et détestée lorsque, en 1671, un événement tragique lui fournit le prétexte qu'il cherchait depuis longtemps pour se séparer d'elle. Un des pages de la princesse avant châtié et blessé un laquais, qui, dans son ivresse, avait manqué de respect à madame de Condé, la méchanceté des courtisans prétendit que le page était trop avant dans les bonnes grâces de sa maîtresse, et le prince de Condé relégua à Chàteauroux la pauvre princesse, qui subit une assez dure captivité jusqu'en 1694, année de sa mort.