‹ Le Cardinal de RichelieuChapitre 16 sur 203 · Comte de Bonmbau-Avenant, la Duchesse d'Aiguillon · texte numérisé non relu

Comte de Bonmbau-Avenant, la Duchesse d'Aiguillon

2. La source principale de la biographie du Cardinal, de 1621 à 1624, est l'ouvrage de M. Berthold Zeller, Richelieu et les ministres de Louis XIII de 1621 à 1624, in-8°, 1880.

Sire, Dieu comblant ses créatures de ses grâces, non pour en recevoir aucune chose, puisque de soi-même il possède tout, mais seulement pour les rendre plus parfaites et plus capables d'accomplir ses volontés, V. M., qui en est la vive image, ne trouvera pas étrange si, pour actions de grâces de l'honneur auquel sa bonté m'a élevé, je ne puis autre chose que protester une entière et religieuse obéissance à ses commandements, et l'assurer que j'aimerais beaucoup mieux ne vivre pas que de manquer à employer à son service et ma vie et la dignité dont je reconnais lui être redevable, comme de tout ce que je possède. Je supplie Dieu qu'il me fasse la grâce d'être si heureux en ce dessein, que mes actions me signalent encore plus que la pourpre dont il vous a plu m'honorer. Lors, Sire, le contentement que je commence à recevoir sera parfait, puisque la seule passion qui me reste au monde est de vous faire plutôt voir que croire que je suis, de V. M., Sire, le très humble, très obligé et très obéissant sujet et serviteur,

La réputation que Richelieu s'était faite comme homme politique était déjà si bien établie, que Balzac lui écrivait, à propos de sa promotion au cardinalat : « C'est de gens sages et capables de gouverner les Etats que la stérilité est grande; et, sans mentir, pour en voir encore un pareil à vous, il est besoin que toute la nature travaille et que Dieu le promette longtemps aux hommes avant que de le faire naître ». Le Cardinal répondit à ces flagorneries :

1. La barrette lui fut remise à Lyon, le 12 décembre, par Louis XIII.

Monsieur, l'une et l'autre des lettres que j'ai reçues de votre part en même temps sont telles qu'en faisant paraître l'affection que vous avez pour moi et la bonlé de votre esprit, elles étaient aussi capables de donner de la vanité à une personne qui ne se connaîtrait pas ; mais moi, qui n'ignore pas quel je suis, je me suis contenté de lire en icelles, et souhaiter quand et quand1 les qualités qui me sont nécessaires pour m'acquilter dignement de l'honneur qu'il a plu au roi et à la reine me procurer. Je les demande à Dieu à cette fin, et si, en servant son Église et ceux à qui je dois cette dignité, il se présente occasion de vous témoigner combien j'estime et la bonne volonté que vous avez en tout ce qui me louche, et votre mérite, vous avouerez que je suis plus d'effet que de paroles votre, etc.

Devenu cardinal, Richelieu se démit de son évêché de Luçon, en 1623, en faveur d'Émery de Bragelogne, et écrivit au chapitre de Luçon :

Messieurs, c'a été à mon grand regret que je me suis démis de mon évêché pour ne pouvoir y rendre en personne l'assiduité que mon devoir désirait de moi; mais les lois de ma conscience m'y ayant obligé, je me suis étudié à transporter cette dignité à une personne dont vous pussiez recevoir de la consolation, et qui pût apporter quand et quand, en l'exercice de la charge, le soin et la vigilance nécessaires. Une chose me suis réservée, que je conserverai inviolablement, savoir, le contentement d'avoir été longtemps chef d'une compagnie au bien et aux mérites de laquelle j'ai, dès le commencement, voué mon cœur et mon affection ; et de plus la volonté immuable de vous servir es occasions avec autant de zèle que jamais, désirant vous faire ressentir de ce transport cet avantage, que pour un évêque vous soyez

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