ACTE I
CARAMELLO.
Lui-mème, illustrissime, votre élève indigne.
ARTÉM15E.
Eh ! c’est vrai... je me le rappelle, vous lui donniez des conseils à l’époque où je recevais des leçons du célèbre danseur Momolo. Momolo! (soupirant.) Ah! quel superbe homme! une souplesse, un jarret et une élévation ! Comme il m’enlevait !.;. On ne danse plus comme cela !...
ASDRUBAL, & Fiaminia.
Heureusement pour les 1 planches!...
CARAMELLO.
Je ne sais quels résultats Momolo obtint avec la signora; mais moi, je ne puis me rappeler sans regrets combien peu j’ai répondu aux bons soins du plus illustre virtuose de notre siècle.
PAL1FORNIO, lui donnant un petit soufflet.
Tu es un flatteur, Caramello... J’avouerai pourtant que je crois, aujourd’hui, mériter tes éloges... Je compose en ce moment un concerto! Tartini, le grand Tartini lui-même, eu serait jaloux!...
CARAMELLO. 1 /
Hein?... Tartini?... fi!... Qu’est-ce que Tartini à côté de vous?... un nain auprès d’un géant!... un atome auprès d’une montagne!...
PALIFORNIO.
Ce concerto est un morceau de réception dans la Société philharmonique, où je dois être admis ce soir.
CARAMELLO.
Peste ! lesphilharmonistes ne sont pas maladroits! s’illustrer du nom d’un patricien dont le violon fait la barbe à tous les virtuoses de l’univers !
PAUFORNIO.
Ali çà, et toi, que viens-tu faire à Venise ?
ARTÉMISE
Êtes-vous attaché à quelque théâtre, pour ce carnaval?...
CARAMELLO.
Oui, Excellence, au théâtre San-Samuel, en qualité de première basse. (Tout poussent un cri d'étonnement.)