SCÈNE III
CARAMELLO, LÉLIO.
LÉLIO; outrant très-agile et regardant autour de lui.
Ce domino noir est entré dans ce casino !.. ce doit être elle... (Apercevant Cara.nello.) Ail ! te Voilà, Caramcllo !...
CARAMELLO, gaiement.
Vous voyez, signor !...
LÉLIO
Tu viens?...
CARAMELLO.
Comme vous, pour le concert...
LÉLIO
Tu sais que Sylvia est à Venise ?
CARAMELLO.
Certainement !
LÉI.IO.
Tu le savais peut-être, quand lu m’envoyais à Mestre ?
CARAMELLO.
Peut-être !
Pourquoi tout ce mystère?.. . pourquoi se cacher ainsi de moi ?
CARAMELLO.
Vous connaissez Sylvia... elle n’agit jamais sans d’excellentes raisons...
LÉLIO
Enfin, je les saurai... sans doute? Sylvia est ici... tu l’as vue?
CARAMELLO.
Moi?... non !
LÉLIO
Elle y est, je le sais... c’est-à-dire, je le crois... elle y viendra puisqu’elle doit chanter... triompher... Je lui demanderai un compte sévère de sa conduite.
CARAMELLO.
Demander des explications à Sylvia?... vous aurez tort... Tenez, signor Lélio, Sylvia est une de ces femmes qu’il faut aimer avec un abandon complet.:, une foi entière... car pour ces âmes délicates et hères, le doute est une offense, le soupçon une blessure !
LÉLIO
Eh ! mon Dieu ! j’ai toute confiance... pourtant, au point où j’en suis... son mari ou à peu près... il est terrible de penser qu’elle peut être en hutte aux poursuites extravagantes de ce fat d’Asdrubal !...
CARAMELLO.
Que vous importe, si elles sont vaines?...
LÉLIO
Mais c’est que j’ai cru voir remettre des lettres..,