ACTE DEUXIÈME
Nous retrouvons le même décor, mais comme retourné. La scène maintenant représente Tintérieur de l'arrière-boutique. Au premier plan, on voit ie lit dans lequel la malade, faiblement, essaie de se soulever sur l'oreiller. Sur la table de nuit la lampe est éteinte. Il fait plein jour doucement.
Par suite de la nouvelle plantation le magasin se trouve au second plan, dans un jour bleuâtre. A travers la cloison de verre, on distingue assez bien tout ce qui s'y passe. Au dehors, la ville à présent est en fête; des musiques plus ou moins proches vont se faire entendre par intermittences, et suggéreront une atmosphère de joie ironique, derrière le décor.
De temps à autre, un son faux et vif de trompette part de l'étage au-dessus ; un enfant, sans doute, joue là-haut.
Au moment où le rideau se lève, l'oncle- Anthime, les tantes, Hélène, Marcel et Petite Lie sont encore dans la chambre avec le médecin qui est près de sortir.
A travers le vitrage, on aperçoit dans le magasin
Masurel, toujours déguisé, qui vient d'entier. Il a son étrange costume de pierrot et semble indécis, à cause de tout ce monde qui se trouve auprès de Céline.
Dès le début, un orchestre de musiciens ambulants : piston, violon, clarinette, qui était en train de jouer dans la rue, achève le morceau commencé, mais bientôt il s'éloignera.