M A SUR EL
Est-ce vrai que vous partez? Et que vos sœurs vont emmener vos petites filles avec elles ? Et que M. Anlliime et vous resterez seuls, lui dans sa mansarde, vous dans une maison de santé? Et ça, jusqu'à ce qu'il y ait...
CÉLLNE
Jusqu a ce qu'il y ait une solution à mon état... Oui, c'est vrai...
MASUREL
Est-ce possible? Alors, je ne vais plus vous voir?...
CÉLINE
Oh ! voyons, une malade, une pauvre femme malade... chez laquelle on ne rencontre que des
êtne» malheureux.», et qui ne vous donne rien, monsieur Masurel... et qui n'est même pas toujours très aimable... c'était donc vraiment si amusant que ça?
MASUREL, avec ferveur.
Ah ! c'était très doux, c'était délicieux! Oh! vous, madame Céline, vous ne pouvez pas savoir... Vous, vous êtes toujours dans un monde de rêve, et puis vous vivez en dehors de nos petitesses, et puis vos enfants vous reg-ardetit comme une fée, comme quelque chose d'idéal, que vous êtes ! Alors vous n'avez pas hesoin, comme moi, de sortir de vous!... mais la vie pour nous, pour tout le monde, c'est tellement gris!... On va à son travail comme on va à la mort, on vit auprès de femmes qui ne vous comprennent pas et qui ont une âme toute ratatinée, on a une famille où l'on se sent comme en exil... Et l'on sait bien que l'on a tout de même encore un cœur malgré tout!... Et ce cœur que l'on étouffe, il voudrait pouvoir battre pour un peu de beauté, de pureté, de grâce... Alors, si par hasard il pa&se un être comme vous!...